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Voile / Drheam-Cup

Les Ultimes rêvent toujours de tour du monde

En attendant leur régate dédiée, ces bateaux gigantesques capables de « voler » chassent les records.

Les Ultimes rêvent toujours de tour du monde

Le skipper François Gabart vient d’être lâché par son sponsor Macif. Son Ultim 32/23, avec lequel il s’est approprié le record du tour du monde en solitaire (42 jours et 16 heures) en 2017, est en vente. Damien Meyer/AFP

Avaries, chavirage, sponsor qui lâche, flotte trop restreinte : les Ultimes, ces bateaux gigantesques ultrarapides capables de « voler » ont été durement éprouvés, mais le rêve d’une course autour du monde à l’instar du mythique Vendée Globe demeure intacte. En attendant, ils chassent les records.

Dimanche dernier, trois spécimens de cette flotte extraordinaire – celui de Thomas Coville (Sodebo Ultim 3), Franck Cammas/Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) et Yves Le Blévec (Actual Leader) – sont partis pour une virée de trois jours au large avec la Drheam-Cup, course de 100 bateaux de plusieurs catégories ralliant Cherbourg, dans le nord-ouest de la France, à La Trinité-sur-Mer, en Bretagne. Une occasion pour les maxi-multicoques de Coville (sorti en mars 2019) et Cammas/Caudrelier (sorti en juillet 2017) de jouer ensemble sur l’eau avant de partir en quête chacun de leur côté, mais quasi en même temps à l’automne prochain, du Trophée Jules-Verne, le record du tour du monde en équipage. Les deux équipages ont annoncé leur intention de battre le record de Francis Joyon et ses cinq équipiers (Idec) de 40 jours et 23 heures, signé en janvier 2017 à bord d’un Ultime ancienne génération. « Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un Jules-Verne avec deux bateaux de cette taille-là, de cette envergure-là, de ce niveau-là, qui s’élancent sur un nouveau tour du monde pour essayer de descendre sous la barre des 40 jours. Dites-moi ce qu’il manque ! » se réjouit Coville.

Les Ultimes, c’est avant tout une catégorie de bateaux, des multicoques d’une trentaine de mètres de long, qui existent depuis plus de dix ans. Ces deux à trois dernières années, une nouvelle génération est apparue, celle avec des foils (des appendices qui élèvent la coque centrale au-dessus de l’eau pour filer à vive allure). La flotte élitiste s’est muée en classe, Ultim 32/23 (32 m de long maxi), avec pour objectif une course autour du monde en solitaire – calquée sur le Vendée Globe, à bord uniquement de monocoque de la classe Imoca –, via un programme de courses qui leur est réservée. Outre Rothschild, Sodebo et Actual, adhéraient à la classe la Macif avec François Gabart et Banque Populaire avec Armel Le Cléac’h. Idec ne l’a pas ralliée et Spindrift 2, barré par Yann Guichard, a été recalé (40 m, trop grand).

La Route du Rhum en novembre 2018 a coûté cher à la classe Ultim 32/23. Banque Populaire y a perdu son bateau flambant neuf quand les autres ont été sérieusement endommagés. Leur course autour du monde en solitaire, envisagée en décembre 2019, a été reportée à 2023. Le début de la fin ? « On est la classe qui focalise l’attention, de temps en temps ça cristallise toutes les critiques ou toutes les angoisses parce que c’est trop de tout, mais je pense que ça tire tout le monde vers le haut », souligne Coville. Depuis, Banque Populaire s’est lancé dans un nouveau chantier Ultime (sortie prévue au printemps 2021), Gabart est le maître d’œuvre d’un nouvel engin (été 2021). Mais il vient d’être lâché par son sponsor Macif. « On savait que cette année allait être au creux de la vague en terme de participants, mais on a deux bateaux en construction. On ne peut pas dire que c’est en déclin, on peut envisager dès l’année prochaine d’avoir cinq bateaux sur un tour du monde », défend Cammas, faisant référence au tour du monde en équipage envisagé en décembre 2021 pour les Ultimes et plus seulement la classe.

« La volonté de faire une classe est superflue à mon sens », relève Cyril Dardashti, à la tête de la team Gitana qui n’est plus adhérente depuis janvier. « On ne partage pas la même vision des choses, la classe doit réunir et ne pas faire exploser l’ensemble des bateaux. Aujourd’hui, ils sont deux à naviguer, l’idée est de pouvoir regrouper tous ces grands bateaux dans une flotte géniale », poursuit Dardashti, qui ne croit « pas du tout en la fin de ces bateaux-là ». Pour lui, ces bateaux sont longs à mettre au point, mais ont « une durée de vie relativement longue ». « Ça a un coût, mais dans la durée, l’investissement n’est pas si élevé que ça. Un Imoca coûte 5 millions d’euros, exploité entre 2 et 4 ans. Nous, on exploite sur 8 ans, on est à un peu plus de 10 millions d’euros », estime Dardashti.

L’Ultime de Gabart (Macif), mis à l’eau en 2015 et avec lequel il s’est approprié le record du tour du monde en solitaire (42 jours et 16 heures) en 2017, est en vente au prix de 5 millions.

Sabine COLPART/AFP


Avaries, chavirage, sponsor qui lâche, flotte trop restreinte : les Ultimes, ces bateaux gigantesques ultrarapides capables de « voler » ont été durement éprouvés, mais le rêve d’une course autour du monde à l’instar du mythique Vendée Globe demeure intacte. En attendant, ils chassent les records.

Dimanche dernier, trois spécimens de cette flotte...

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