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Reprise

L’UE tente de rallier les « frugaux » à son plan de relance avant un sommet à risque

L’UE tente de rallier les « frugaux » à son plan de relance avant un sommet à risque

Le président du Conseil européen Charles Michel a exhorté hier les 27 pays de l’UE à l’action pour qu’ils approuvent un plan de relance massif. Photo G. Van der Hasselt/AFP

À une semaine d’un sommet européen crucial, le président du Conseil européen Charles Michel a exhorté hier les 27 pays de l’UE à l’action pour qu’ils approuvent un plan de relance massif, et tenté d’amadouer des États « frugaux » très réticents. Il a repris la proposition de la Commission européenne d’un plan de relance de 847 milliards de dollars, composé de 282 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 565 milliards, qui n’auront pas à être directement remboursées par les États bénéficiaires. Elles devraient l’être grâce à de nouvelles ressources, comme une taxe sur le plastique, que l’UE prévoit de créer. Ce plan s’inspire d’une initiative franco-allemande portant sur 565 milliards de subventions et un endettement commun – ce qui avait constitué une volte-face pour Angela Merkel, longtemps opposée à cette idée.

Elle a pour but de compenser en partie les conséquences de la pandémie, qui va plonger l’économie du Vieux Continent dans une profonde récession, avec une baisse de 8,3 % du PIB de l’UE en 2020, selon Bruxelles. Charles Michel a en revanche légèrement révisé à la baisse le projet de budget pluriannuel de l’UE (2021-2027), sur lequel ce plan s’adosse, à 1 214 milliards de dollars – contre 1 236 milliards dans sa proposition de février. Un geste à l’intention des quatre pays « frugaux » de l’Union – Autriche, Pays-Bas, Suède et Danemark. Ces derniers sont très méfiants à l’égard de ce plan de relance, qui profitera surtout aux pays du Sud, que les quatre États jugent aussi moins respectueux de l’orthodoxie budgétaire. Autre signe d’apaisement : un maintien des rabais dont bénéficient les « frugaux », ainsi que l’Allemagne, qui leur permet de contribuer un peu moins que les autres au budget de l’UE (en pourcentage de leur PIB), car ils donnent plus que ce qu’ils reçoivent.

Réserve pour le Brexit

M. Michel propose aussi un compromis sur les critères d’allocation des financements, critiqués par de nombreux États car basés uniquement sur l’état des économies avant la crise, avec désormais une prise en compte des conséquences du Covid-19 sur le PIB. Sur la question épineuse du lien entre financement européen et respect de l’État de droit, le Belge propose un mécanisme qui va moins loin que celui souhaité par la Commission pour contrer ces dérives, essentiellement de la part de la Pologne et de la Hongrie.

Enfin, sur le dossier difficile du Brexit, actuellement dans l’impasse, Charles Michel suggère de créer une « réserve » de 5,65 milliards de dollars, mobilisable pour amortir le choc du divorce quand le Royaume-Uni quittera définitivement l’Union européenne à la fin de l’année. Cette somme irait aux États membres et aux secteurs les plus concernés. Un échec de Londres et de l’UE à trouver un accord sur leur future relation, en particulier commerciale, aurait des conséquences potentiellement dévastatrices.

Françoise MICHEL/AFP



À une semaine d’un sommet européen crucial, le président du Conseil européen Charles Michel a exhorté hier les 27 pays de l’UE à l’action pour qu’ils approuvent un plan de relance massif, et tenté d’amadouer des États « frugaux » très réticents. Il a repris la proposition de la Commission européenne d’un plan de relance de 847 milliards de dollars, composé...

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