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Au bal des cocus

Spectacle réconfortant d’un pays en déliquescence, où les conversations de salon ont fini par larguer la politique politicienne, pour un échange autrement plus créatif. Florilège : « L’eau dans le robinet, c’est pour quand ? », « Pour demain, en revanche aujourd’hui, nous avons une heure d’électricité, alléluia ! », « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? », « Un tanker de fuel qui tournoie et EDL qui merdoie ». « Zut, va falloir faire la queue pour le pain ! », « Le ministre a dit qu’il n’y a pas de pénurie, son esclave lui a ramené plein de croissants ! »… Bref, nous voilà revenus aux temps des cornes d’abondance. Avec quand même une variante : l’abondance, c’est pour les margoulins d’en haut, et les cornes, pour les cocus d’en bas.

La dèche s’étend jusqu’à des secteurs insoupçonnés. Des officiels aux officieux, des vétérans orphelins de la tutelle syrienne, jusqu’aux rase-moquette qui palpitent pour le paradis iranien, y a pénurie de cirage et la brosse à reluire use ses poils à la vitesse grand V. Et comme beaucoup ne sont pas du genre à s’étouffer par un trop-plein de dignité, ils sont là à attendre on ne sait quel feu vert qui viendrait leur clignoter le permis de gouverner. Alors pour faire patienter les gueux assoiffés de comprendre, ils leur sortent des trucs accessibles à leur cervelle de colibri. Du genre « Tous pourris, sauf moi », « État de droit et des institutions », ou encore « L’Amérique et Israël n’ont qu’à bien se tenir ». Des sentences définitives qui ne mangent pas de pain, mais qui donnent l’impression d’être informé. En somme, le plus dangereux n’est pas celui qui ne sait pas... C’est celui qui prétend savoir !

Plus de cinq mois après son avènement, Sinistro Diab quant à lui n’est toujours pas fichu de cerner avec précision les pertes de l’État qui lui permettraient d’évaluer les ultimes déchets du pouvoir. Des tombereaux d’ordures, à l’image déjà de l’électricité, de l’eau et du téléphone, qu’il refuse pourtant de privatiser au nom du sacro-saint prestige de l’État. Que ce prestige ait entre-temps viré balai de chiottes ne le dérange absolument pas.

À cela s’ajoute un ministre bidasse de l’Intérieur, tellement de l’Intérieur, qu’il n’arrive pas à piger que des manifestants puissent s’exprimer à l’extérieur. Il est venu raconter l’autre jour ses hauts faits d’armes à la télé, assortis d’un numéro de lèche hors pair à l’adresse de Mongénéral du Château, lequel a dû certainement apprécier cet élan spontané de domesticité.

Ce qui n’arrivera sans doute jamais au Basileus, à qui personne ne tresse des lauriers et qui doit se sentir bien seul à la tête du parti Agrume. Jusqu’au jour où un nouveau baltringue viendra surnager à travers le clafoutis, et là il y a fort à parier que la horde des pique-assiettes délaisseront le quinquin actuel pour s’agglutiner autour du suivant. Au Liban comme ailleurs, les mouches peuvent changer d’âne à tout instant.

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Spectacle réconfortant d’un pays en déliquescence, où les conversations de salon ont fini par larguer la politique politicienne, pour un échange autrement plus créatif. Florilège : « L’eau dans le robinet, c’est pour quand ? », « Pour demain, en revanche aujourd’hui, nous avons une heure d’électricité, alléluia ! », « Anne, ma sœur Anne,...

commentaires (6)

""En somme, le plus dangereux n’est pas celui qui ne sait pas... C’est celui qui prétend savoir !""................................................................................. C’est une flèche envers tous les ""sachants"" du monde et en particulier ceux de chez nous, qui s’improvisent ""expert"" en tout. Merci, (je vous appelle Monseigneur comme tout le monde) puisque vous avez donné au journalisme ses lettres de noblesse. Ça, c’est à écrire sur tous les frontons… Merci encore.

L'ARCHIPEL LIBANAIS

19 h 27, le 03 juillet 2020

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Commentaires (6)

  • ""En somme, le plus dangereux n’est pas celui qui ne sait pas... C’est celui qui prétend savoir !""................................................................................. C’est une flèche envers tous les ""sachants"" du monde et en particulier ceux de chez nous, qui s’improvisent ""expert"" en tout. Merci, (je vous appelle Monseigneur comme tout le monde) puisque vous avez donné au journalisme ses lettres de noblesse. Ça, c’est à écrire sur tous les frontons… Merci encore.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    19 h 27, le 03 juillet 2020

  • BRAVO GENIAL COMME D;HABITUDE

    LA VERITE

    16 h 27, le 03 juillet 2020

  • C’est plutôt des mouches à merde qui changent de bouse au gré du vent.

    Sissi zayyat

    09 h 32, le 03 juillet 2020

  • dommage qu'il n'y ait pas de tue mouches au Liban! J.P

    Petmezakis Jacqueline

    09 h 19, le 03 juillet 2020

  • QUE VIENNENT FAIRE LES MOUCHES ET LES ANES PARMI LES CITOYENS ? IL FAUT S,EN DEBARRASSER DES CES DEUX BESTIOLES ET BAUDETS NEFASTES UNE FOIS POUR TOUTE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 21, le 03 juillet 2020

  • "Au Liban comme ailleurs, les mouches peuvent changer d’âne à tout instant" ..... C'est malheureux de le reconnaître .. Mais il faut quand même l'admettre : c'est une insulte aux mouches et aux ânes

    Wlek Sanferlou

    00 h 26, le 03 juillet 2020