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Exécutif

Conseil des ministres : appel à "unifier" la position du Liban face au FMI

Le dossier de l'audit financier de la BDL pas examiné ; la mobilisation générale prolongée jusqu'au 2 août.

Conseil des ministres : appel à

Réunion du Conseil des ministres, le 2 juillet 2020 au Grand Sérail à Beyrouth, en présence du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé (gauche) et du président de l'Association des banques du Liban (ABL), Salim Sfeir (droite). Photo Dalati et Nohra

La porte-parole du gouvernement libanais, réuni jeudi au Grand Sérail, a lancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. Par ailleurs, le cabinet a prolongé a mobilisation générale – en vigueur depuis mi-mars pour lutter contre la pandémie de coronavirus, jusqu’au 2 août, suivant les recommandations du Conseil de défense. Parmi les rares décisions prises lors de ce Conseil, la prolongation jusqu'à la fin du mois de septembre des mesures prises pour augmenter la vitesse de la connexion Internet, prises au début du confinement, notamment pour faciliter les cours à distance. Selon la chaîne locale LBCI, le cabinet a également prolongé de deux mois l'autorisation accordée aux carrières pour continuer à fonctionner.

Face à la crise économique, financière et monétaire aiguë que traverse le Liban, le gouvernement a élaboré un plan de sauvetage sur la base duquel il négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international. Mais ces négociations piétinent, principalement en raison du désaccord entre le gouvernement d'un côté, et le secteur bancaire, la banque centrale et les députés de l'autre, sur le chiffrage des montants des pertes accumulées par le pays. Ce désaccord constitue l'une des principales raisons qui ont poussé à la démission du directeur général du ministère des Finances et l'un des négociateurs désignés par l’exécutif pour discuter avec le FMI, Alain Bifani. Cette question n'a pas été évoquée lors de ce Conseil des ministres.

Dans ce contexte, la porte-parole du gouvernement, Manal Abdel Samad, a insisté sur la nécessité d'"unifier les points de vue" en ce qui concerne les réformes. "Les négociations avec le FMI sont liées aux réformes, et il est nécessaire d'unifier les points de vue et les positions de tous dans ce cadre", a déclaré la ministre de l'Information. Plus tard, la vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Zeina Acar, devait déclarer que "tout ce qui concerne les négociations avec le FMI est du ressort du ministre des Finances", Ghazi Wazni.

Mme Abdel Samad a également annoncé que le gouvernement n'avait pas évoqué lors de la séance le dossier de l'audit des comptes de la Banque du Liban. La précédente réunion ministérielle, mardi dernier, avait été envenimée par de vifs débats autour du cabinet américain international Kroll, spécialiste de la forensic accounting ou juricomptabilité, mandaté fin avril par le gouvernement aux côtés des deux autres cabinets internationaux KPMG et Oliver Wyman pour effectuer cet audit.

Selon des sources ministérielles proches du palais de Baabda, citées par notre correspondante Hoda Chedid, le président Michel Aoun est attaché à la conduite d'un audit juricomptable des comptes de la BDL, rappelant que le ministre des Finances avait exprimé son opposition à l'association du cabinet Kroll à cet audit en raison de liens présumés avec Israël.

Salamé et Sfeir participent au Conseil
Si le cabinet a remis à plus tard l'examen du dossier sensible de l'audit des comptes de la Banque du Liban, il a etudié plusieurs dossiers économiques, notamment la question du dollar qui s'envole depuis plusieurs semaines face à la livre libanaise. La séance a été marquée par la présence du gouverneur de la BDL, Riad Salamé, ainsi que du président de l'Association des banques, Salim Sfeir. Selon des sources ministérielles citées par la LBCI, les discussions avec M. Salamé ont été "fructueuses et positives". Selon notre correspondante Hoda Chedid, le Premier ministre, Hassane Diab, a demandé au gouverneur de la BDL d'expliquer aux ministres les tenants et aboutissants de ce dossier, et plus précisément les raisons pour lesquelles les mesures de régulation prises par la banque centrale sur l'injection de dollars et la tarification du billet vert n'ont pas donné de résultats positifs. De son côté, M. Salamé a brossé un tableau évaluant l'ampleur du marché noir et promis de présenter un bilan pour vendredi lors de la réunion financière hebdomadaire avec le chef du gouvernement. Selon des informations de la LBCI, plusieurs ministres ont demandé au gouverneur de la BDL de permettre aux déposants de récupérer en dollars les sommes qui leur ont été transférées dans la devise américaine. M. Salamé leur a répondu que la banque centrale avait émis une circulaire en ce sens, et que les banques la respectaient. Après sa sortie du Conseil, le président de l'ABL a annoncé que des devises en dollars seront bientôt disponibles dans les banques.

Hassane Diab s'accroche
Par ailleurs, face aux craintes de pénurie de fuel aux conséquences multiples, le ministre de l’Énergie Raymond Ghajar, qui s'était déjà exprimé avant le début du Conseil des ministres, a repris la parole à l'issue de la réunion pour assurer que les installations d’Électricité du Liban seront bientôt alimentées, précisant que le rationnement du courant allait être allégé dès lundi.

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Face à toutes ces crises, la pression de ses parrains et les rumeurs insistantes sur un possible remaniement ou changement de gouvernement qui sont apparues ces derniers jours, Hassane Diab a pris la parole en ouverture du Conseil et accusé "des parties locales et étrangères" de vouloir "assiéger les Libanais",  "Nous n'abandonnerons pas nos responsabilités", a renchéri le ministre Imad Hobballah à l'issue du Conseil. "Qu'ils nous disent ce qui nous est demandé, et nous sommes prêts (à le faire)", a-t-il toutefois ajouté sans donner plus précisions.

Par ailleurs, le ministre des Travaux publics, Michel Najjar, a déclaré à l'issue d'une rencontre ministérielle avec l'ambassadeur de Chine au Liban présidée par M. Diab que Pékin "est prêt à coopérer et investir dans les secteurs de l'électricité, le ferroviaire, les incinérateurs et les décharges sanitaires". "Le gouvernement est ouvert à toute aide, d'où qu'elle vienne", a-t-il ajouté.


La porte-parole du gouvernement libanais, réuni jeudi au Grand Sérail, a lancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. Par ailleurs, le cabinet a prolongé a mobilisation générale – en vigueur depuis mi-mars pour lutter contre la pandémie de coronavirus, jusqu’au 2...

commentaires (5)

lancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. vous faites comme si tout aller bien les reformes peuvent attendre

youssef barada

11 h 40, le 04 juillet 2020

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Commentaires (5)

  • lancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. vous faites comme si tout aller bien les reformes peuvent attendre

    youssef barada

    11 h 40, le 04 juillet 2020

  • lancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. vous faites comme si tout aller bien les reformes peuvent attendre

    youssef barada

    11 h 40, le 04 juillet 2020

  • ancé un appel à "unifier" la position du Liban qui négocie une aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise. Par ailleurs, le cabinet a prolongé a mobilisation générale – en vigueur depuis mi-mars pour lutter contre la pandémie de coronavirus, jusqu’au 2 août, suivant les recommandations du Conseil de défense. Parmi les rares décisions prises lors de ce Conseil, la

    youssef barada

    11 h 38, le 04 juillet 2020

  • "... le ministre des Finances avait exprimé son opposition à l'association du cabinet Kroll à cet audit en raison de liens présumés avec Israël ...". Oui, c'est une bonne chose. Sinon ils risqueraient d'informer Israel que le Liban est en faillite. Mieux vaut laisser planer le doute...

    Gros Gnon

    23 h 41, le 02 juillet 2020

  • CHACUN PARLE DE SON COTE. LES INEPTIES DES CHIFFRES ET DES BETISES SUPPOSEES ECONOMIQUES FOISONNENT DES BOUCHES DES PIONS DE CE GOUVERNEMENT DESIGNES PAR LES CORROMPUS, VOLEURS ET INCOMPETENTS LEURS PARRAINS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 54, le 02 juillet 2020