Crise économique

À Tripoli, les commerçants se mobilisent

La capitale du Liban-Nord a observé une grève qui pourrait se muer en désobéissance civile.

À Tripoli, les commerçants se mobilisent

Dans les souks de Tripoli, les boutiques sont fermées et la rue déserte. Photo al-Taharri News

La ville de Tripoli a observé hier une grève presque totale en signe de protestation contre la situation économique, la chute vertigineuse de la livre libanaise face au dollar et l’inflation des prix des denrées alimentaires. La presque totalité des commerçants ont baissé les rideaux de fer de leurs boutiques. Dimanche soir, des véhicules équipés de mégaphones avaient circulé dans la ville, appelant les commerçants et les habitants de la capitale du Liban-Nord à observer une journée de grève et à recourir à l’escalade et à la désobéissance civile. Les souks populaires de Tripoli qui d’habitude grouillent de monde étaient déserts hier, offrant un contraste notable avec les rues principales de la ville qui étaient en ébullition. Des protestataires ont bloqué l’accès à la place Abdel Hamid Karamé (el-Nour), haut lieu de la contestation depuis le déclenchement du soulèvement populaire en octobre dernier. D’autres routes ont été bloquées puis rouvertes au cours de la journée. Des manifestants ont parcouru les rues de Kobbé, el-Mina et d’autres quartiers de la ville afin de protester contre la crise qui s’aggrave de jour en jour.

« Les commerçants ne sont pas uniquement responsables de la survie de leurs familles, mais également de celle des employés qu’ils embauchent », lance l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat, à L’Orient-Le Jour. Pour ce propriétaire d’un garage de réparation de véhicules qui emploie une dizaine de personnes, la situation est intolérable. « Sur le marché noir, des personnes sont prêtes à acheter un millier de dollars contre dix millions de livres », raconte-t-il, avant de poursuivre : « C’est de la folie ! » Les commerçants de Tripoli se sont réunis hier afin de discuter de la situation et d’élaborer un plan d’action pour les jours à venir. « Nous sommes prêts à recourir à la désobéissance civile totale, parce que nous ne pouvons plus verser de l’argent à l’État à l’heure où nous ne recevons aucun soutien de la part des responsables », lance-t-il.

Jamel Korek, fabricant et marchand de meubles, abonde dans le même sens : « Notre commerce, qui avait été fondé par mon arrière-grand-père, n’a jamais connu des jours aussi difficiles que ceux que nous vivons aujourd’hui. À ma connaissance, nous n’avions jamais été acculés à fermer nos portes durant notre longue histoire. » Selon lui, les clients ne sont pas prêts à payer vingt et trente millions de livres pour meubler un salon ou une salle de séjour. « Chaque jour nous rapproche de la fermeture totale de nos commerces », avertit M. Korek. « Non seulement nous ne vendons plus nos marchandises et nous ne pouvons plus nous approvisionner en matières premières pour en fabriquer de nouvelles, mais il nous est même devenu impossible de retirer notre argent de nos comptes en dollars pour payer nos ouvriers », ajoute-t-il. Son atelier et sa boutique, qui avaient baissé le rideau hier comme tous les autres commerces à Tripoli, le feront aussi aujourd’hui, et ce jusqu’à nouvel ordre, poursuit-il.

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Depuis que les commerçants ont annoncé la fermeture de leurs boutiques et commerces, les activistes de la ville se sont empressés de les soutenir. Selon Abou Mahmoud Chok, activiste et président du groupe Horras el-madina (gardiens de la ville), les manifestants ont effectué une tournée auprès des commerces encore ouverts dans le but de convaincre leurs propriétaires de baisser à leur tour leurs rideaux de fer. « Le recours à l’escalade est très probable », affirme M. Chok, précisant que cela ne signifie pas le recours à la violence. Les protestataires cherchent à soutenir les commerçants, affirme-t-il, parce que la révolution a besoin d’eux. « Les routes à l’intérieur même de la ville sont bloquées par les manifestants, parce que Tripoli se transforme, de toute façon, en une ville fantôme », conclut-il.


La ville de Tripoli a observé hier une grève presque totale en signe de protestation contre la situation économique, la chute vertigineuse de la livre libanaise face au dollar et l’inflation des prix des denrées alimentaires. La presque totalité des commerçants ont baissé les rideaux de fer de leurs boutiques. Dimanche soir, des véhicules équipés de mégaphones avaient circulé...

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TRIPOLI FUT LE FLAMBEAU DE LA REVOLUTION ET LE RESTERA. IL FAUT PERSEVERER POUR DELOGER LES CLIQUES DE CORROMPUS, VOLEURS ET INCOMPETENTS ET LIBERER LE PAYS DE LEUR PRESENCE NEFASTE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 54, le 30 juin 2020

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Commentaires (1)

  • TRIPOLI FUT LE FLAMBEAU DE LA REVOLUTION ET LE RESTERA. IL FAUT PERSEVERER POUR DELOGER LES CLIQUES DE CORROMPUS, VOLEURS ET INCOMPETENTS ET LIBERER LE PAYS DE LEUR PRESENCE NEFASTE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 54, le 30 juin 2020