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Économie - Devise

Le taux livre/dollar atteint de nouveaux sommets

Le taux livre/dollar atteint de nouveaux sommets

Un bureau de change ouvert dans les environs de Beyrouth.

Le taux livre/dollar a continué de flamber sur le marché noir hier, confirmant ainsi le dérèglement du marché constaté depuis la fin de la semaine dernière dans le sillage de la réouverture des agents agréés après plus d’un mois de grève et dans un contexte de crise notamment marquée par une brutale dépréciation de la monnaie nationale par rapport au billet vert.

Selon le site lebaneselira.org, le taux moyen pratiqué par les agents illégaux évoluait entre 4 700 livres le dollar à l’achat et 5 000 livres à la vente, une fourchette bien plus élevée que celle enregistrée un jour plus tôt et qui se situait entre 4 400 et 4 600 livres en moyenne. Le site a également rapporté un pic à 5 200 livres à la vente, selon certains témoignages recueillis. Une des sources habituellement contactées par L’Orient-Le Jour a de son côté rapporté la fourchette moyenne de 4 800 livres pour un dollar contre 4 900 livres à la vente. Certains témoignages ont rapporté des taux beaucoup plus élevés, mais qui semblent représenter des cas isolés. « Il y a moins de dollars sur le marché et ça se sait. Certains agents en profitent pour faire exploser les prix. Il y a aussi beaucoup de désinformation et de rumeurs alarmistes pour tenter de pousser les taux au-delà de leur niveau réel, soit par intérêt personnel, soit pour d’autres motifs », confie une source proche de la filière contactée par L’Orient-Le Jour. La Banque du Liban a, elle, réagi dans un communiqué publié dans la soirée dans lequel elle a dénoncé les informations faisant état de taux « loin de la réalité » et qui induisent les citoyens en erreur. Elle a en outre rappelé dans son communiqué du 9 juin les procédures mises en place en accord avec les agents de change et les autorités pour progressivement faire baisser le taux.

Interventions de la BDL

Le taux fixé quotidiennement par les agents agréés au moment de rouvrir leurs portes le 3 juin est, lui, resté cette fois encore fixé à 3 890 livres le dollar à l’achat et 3 940 livres à la vente, conformément à l’accord évoqué par la BDL. Mais sur le terrain, les agents sont de plus en plus nombreux à ne plus vendre de billets verts ou à littéralement fermer leurs portes un peu partout dans le pays.La livre a commencé à dévisser sur le marché des changes depuis août dernier et n’a cessé depuis de s’éloigner de la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar que la BDL stabilisait en injectant des devises, ce qu’elle a quasiment arrêté de faire depuis les premiers signes de la crise économique et financière. Le phénomène a ensuite été aggravé par les restrictions bancaires mises en place dans la foulée et visant surtout les opérations en devises. Enfin, certains experts attribuent la brutale dépréciation de la livre depuis avril aux effets pervers de certaines circulaires de la BDL, dont celle imposant aux sociétés de transferts d’argent de convertir et décaisser en livres (au taux de 3 200 livres pour un dollar actuellement) les montants transférés à leurs clients au Liban. Courant avril, la BDL a tenté de plafonner le taux secondaire à 3 200 livres pour un dollar (circulaire n° 553 du 28 avril) avec le concours des autorités qui ont arrêté, interrogé et relâché plusieurs dizaines de changeurs (dont les nos 1 et 2 du syndicat), un cadre de la BDL et un banquier. En grève, la profession a fini par rouvrir ses portes le 3 juin avec l’intention affichée de faire progressivement baisser le taux pour qu’il se retrouve aligné sur la limite fixée par la Banque centrale. Mais cette initiative s’est rapidement révélée infructueuse.

Agents de la Békaa

L’offre de dollars est en effet inférieure à la demande, qui enregistre des pics périodiques après le versement des salaires à la fin du mois, et elle est entretenue par les besoins du pays qui dépend des importations. La demande de devises est également dopée par les besoins de devises des familles qui ont envoyé leurs enfants étudier à l’étranger, ainsi que ceux des ressortissants syriens qui tentent d’obtenir des dollars à un meilleur prix que dans leur pays où la monnaie nationale a piqué du nez dans des proportions encore plus affolantes.

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Retour de l’anarchie sur le marché des changes

La Syrie est en guerre depuis 2011 et le régime de Damas est sanctionné, notamment par l’administration américaine et l’Union européenne. L’entrée en vigueur le 17 juin aux États-Unis de la loi César visant à sanctionner tout gouvernement, toute entité ou toute personne qui aiderait le régime syrien devrait aggraver la situation. En parallèle, les autorités syriennes ont, elles, adopté plusieurs mesures pour tenter de contourner la problématique de la dévaluation de la livre syrienne, en interdisant notamment les transactions en dollars sur le territoire.

D’après une autre source proche des agents de change, cette situation a contribué à déséquilibrer un peu plus la demande par rapport à l’offre au Liban, tandis que le manque de visibilité pousse de nombreux agents économiques à ne pas vendre les dollars qu’ils détiennent. Cette situation semble d’autant plus marquée dans la Békaa, selon les deux sources contactées, qui assurent que la pénurie de dollars a poussé des ressortissants syriens à échanger leurs livres syriennes contre des livres libanaises.

Enfin les grands absents de l’histoire restent l’État libanais et la justice, pourtant très réactifs après l’entrée en vigueur de la circulaire n° 553, mais que la situation actuelle n’a apparemment toujours pas convaincus de se mobiliser.

Le taux livre/dollar a continué de flamber sur le marché noir hier, confirmant ainsi le dérèglement du marché constaté depuis la fin de la semaine dernière dans le sillage de la réouverture des agents agréés après plus d’un mois de grève et dans un contexte de crise notamment marquée par une brutale dépréciation de la monnaie nationale par rapport au billet vert. Selon le site lebaneselira.org, le taux moyen pratiqué par les agents illégaux évoluait entre 4 700 livres le dollar à l’achat et 5 000 livres à la vente, une fourchette bien plus élevée que celle enregistrée un jour plus tôt et qui se situait entre 4 400 et 4 600 livres en moyenne. Le site a également rapporté un pic à 5 200 livres à la vente, selon certains témoignages recueillis. Une des sources habituellement...
commentaires (5)

Avant 1975, le dollar s’échangeait au taux de 3 L.L. environ. Après la guerre civile, le taux a atteint plus de L.L. 2.500. Quand survint en décembre 1997 le grand économiste, Mr. Riad Salamé, qui a eu l’idée géniale d’avoir recours à une brillante ingénierie financière pour solidifier la Livre Libanaise. Pour cela, il a fixé pour toujours son taux officiel à L.L. 1.500 pour un dollar. Maintenant que le cours du dollar a atteint plus de L.L. 6.000, je suggère à Mr. Salamé d’employer de nouveau son ingénierie et de fixer le taux du dollar à 1 L.L. pour être à égalité avec la monnaie américaine. Dans ce cas, le gouvernement pourrait rembourser toutes ses dettes, rétablir la souveraineté du pays et sauver son peuple d’une famine certaine, d’un seul coup magique.

Georges Bitar

17 h 02, le 12 juin 2020

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Commentaires (5)

  • Avant 1975, le dollar s’échangeait au taux de 3 L.L. environ. Après la guerre civile, le taux a atteint plus de L.L. 2.500. Quand survint en décembre 1997 le grand économiste, Mr. Riad Salamé, qui a eu l’idée géniale d’avoir recours à une brillante ingénierie financière pour solidifier la Livre Libanaise. Pour cela, il a fixé pour toujours son taux officiel à L.L. 1.500 pour un dollar. Maintenant que le cours du dollar a atteint plus de L.L. 6.000, je suggère à Mr. Salamé d’employer de nouveau son ingénierie et de fixer le taux du dollar à 1 L.L. pour être à égalité avec la monnaie américaine. Dans ce cas, le gouvernement pourrait rembourser toutes ses dettes, rétablir la souveraineté du pays et sauver son peuple d’une famine certaine, d’un seul coup magique.

    Georges Bitar

    17 h 02, le 12 juin 2020

  • Tout ceci. Est du bluff et ils jouent avec le feu . Quelques personnes dont un spécialement font tout quitte à dévaluer la Monaie Nationale quitte a ce que le dollar touche les 10.000 L/L pour faire démissionner SALAMÉ .Il y a déjà un remplaçant sic..... Le pauvre Salarié qui touche un million comment fait -il avec ce salaire ou le dollar a pris des proportions inadmisibles Comment peux t on être inhumain à sacrifié une monaie un PAYS et mettre en famine 3 millions de personnes afin de déloger le responsable de la Banque du LIBAN pour mettre un de vos subalterne ...... MR BERRY A raison on besoin de tout le monde dans ses moments difficiles Je suis triste et amer a constaté ce qui arrive au Pays de mes Ancêtres Albert. F A H D

    Albert Fahd

    16 h 33, le 12 juin 2020

  • CE QUI RESTE INCOMPREHENSIBLE C'EST POURQUOI NOUS GARDONS MEME DES CHANGEURS EN LES ALIMENTONS EN DOLLARS SI LA BDL DONNE CES DOLLARS AUX BANQUES , LES BANQUES RESPECTERONS LE MONTANT DONNE PAR LA BDLD'ENVIRON 3900 ET LE LIBANAIS AURA SES DOLLARS A CE PRIX CE QUI OBLIGERA LES CHANGEURS A DESCENDRE LEUR PRIX AUSSI EN FAISANT LA MEME CHOSE A CHAQUE FOIS ET EN AYANT LES MEMES REACTIONS ON FINI PAR TUER LE PAYS MEME UN ETUDIANT EN PREMIERE ANNEE D'ECONOMIE VOUS LE DIRA LA VERITE nos dirigeants de la BDL s'entetent sans raison valable OU POUR DES RAISONS INEXPLIQUEES comme toute la classe politique mais ce sont les seuls a ne pas pouvoir dire "on m'a empeche"

    LA VERITE

    14 h 15, le 12 juin 2020

  • Déjà, il faut interdire la vente des dollars aux non libanais

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 42, le 12 juin 2020

  • LE BORDEL SE REBORDELISE ET ON SONNERA DU DIX MILLE PROCHAINEMENT.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 04, le 12 juin 2020

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