Rechercher
Rechercher

Discorde

Aoun : Ce qui s'est passé hier soir est un signal d'alarme

"Toute action qui vise l'unité, la sécurité, la stabilité et la coexistence des Libanais est une action israélienne", affirme Nabih Berry.

Le président libanais Michel Aoun, lors du Conseil des ministres, le 22 janvier 2020. REUTERS/Mohamed Azakir

Après les appels au calme du Premier ministre Hassane Diab et des dignitaires politiques et religieux sunnites et chiites samedi soir, le président Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berry ont condamné dimanche les tensions de la nuit dernière qui avaient éclaté suite aux insultes proférées par des chiites contre Aïcha, l'épouse du Prophète vénérée par les sunnites.

"S'en prendre au symbole religieux de n'importe quel communauté libanaise, c'est s'en prendre à la famille libanaise", a déclaré le chef de l’État, qui en a appelé aux "sages qui ont vécu les événements des années 1975-1976". "Ce qui s'est passé hier soir est un signal d'alarme. Ce n'est ni par les insultes, ni par les agressions que nous arriverons à vivre dignement. Personne ne peut l'emporter contre qui que ce soit par la force ou la violence. Notre force réside dans notre unité nationale", a-t-il ajouté. "Nos jeunes ont le droit de réclamer de vivre dignement, mais cela ne doit pas les amener à s'entretuer, provoquer des effusions de sang et s'adonner au mépris du sacré. Ce n'est pas en s'en prenant aux soldats et aux biens publics et privés que nous arrivons à nos objectifs, car tout dérapage sécuritaire ne serait dans l'intérêt de personne", a également déclaré le président. "Nous avons plus que jamais besoin de mettre de côté nos divergences politiques et d’œuvrer rapidement et ensemble à relancer le pays", a-t-il souligné, alors que le Liban traverse sa plus grave crise économique et financière depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

"Voici la discorde qui revient pour assassiner le pays et son unité nationale, et porter atteinte à la paix civile. Prenez garde contre elle", a commenté de son côté Nabih Berry. "S'en prendre aux personnages, aux symboles et aux lieux sacrés chrétiens et musulmans est condamnable", a-t-il ajouté, estimant que "toute action qui vise l'unité, la sécurité, la stabilité et la coexistence des Libanais est une action israélienne". "En cette période délicate, j'appelle l'ensemble des responsables, leaders d'opinion et journalistes libanais à la sagesse", a-t-il conclu.

Lire aussi

La contestation reprend, mais dans un contexte explosif

De son côté, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, a affirmé que l’État civil représente le salut du Liban. "Le respect de l'autre est un engagement moral. L'acceptation de l'autre est un respect de soi. L'éducation civique est essentielle. Le respect des croyances est sacré. Notre système actuel est un générateur de crises. Sa modernisation est un devoir. L’État civil est le salut", a écrit M. Bassil sur son compte Twitter.

Pour sa part, l'ancien Premier ministre Najib Mikati a estimé que les événements de samedi soir ont été "provoqués" et étaient "attendus".

Le coordinateur des Nations unies au Liban Jan Kubis a également réagi aux événements de la veille. "Insulter les figures et les sentiments religieux est une honte et doit être rejeté par tous. La haine et l'intolérance n'ont leur place dans aucune religion", a écrit M. Kubis sur Twitter. "Alimenter les slogans incendiaires et la haine sectaire ne peut avoir qu'un seul résultat : celui d'aggraver les souffrances du peuple, tuer les manifestations pacifiques et leurs revendications légitimes et mettre le feu au Liban", a-t-il ajouté.

Le patriarche maronite Mgr Bechara Raï a, lui, déploré que les croyances religieuses soient la cause de conflits armés, dénonçant le fait que les revendications de la contestation, qui a mobilisé des milliers de personnes samedi, aient été occultées et que "l'expression démocratique s'est transformée en affrontements à coup de jets de pierres, de dégradations de biens, et d'agressions contre l'armée et les forces de sécurité".

De son côté, le cheikh Akl druze reconnu par l'Etat, Naïm Hassan, a appelé à "cesser de jouer avec le feu". Il s'est entretenu dans la journée avec le mufti de la République, Abdel Latif Deriane, et le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib. Ils se sont accordés sur la nécessité de "renforcer les discours rassembleurs et empêcher la discorde".

L'armée, qui a indiqué que 25 soldats ont été blessés samedi, dont un grièvement, a également mis en garde contre la discorde. "Le pays a surmonté une épreuve qui aurait pu nous conduire vers un glissement dangereux", a estimé la troupe.

Dans la matinée, une des composantes de la contestation à Saïda a aussi condamné les atteintes aux symboles religieux, appelant "les révolutionnaires libres" à "éviter la discorde". Dans un communiqué, cette composante réaffirme que la contestation se poursuivra jusqu'au bout.

Les incidents de samedi ont par ailleurs fait l'objet d'une réunion de sécurité au Sérail, en présence de Hassane Diab, des ministres de la Défense Zeina Acar, de l'Intérieur Mohammad Fahmi et de la Justice Marie-Claude Najm, ainsi que des chefs des différents services de sécurité et de l'armée. Les participants à cette réunion ont souligné l'importance de préserver la stabilité dans le pays et d'empêcher tout incident qui risque de créer des divisions.


Après les appels au calme du Premier ministre Hassane Diab et des dignitaires politiques et religieux sunnites et chiites samedi soir, le président Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berry ont condamné dimanche...

commentaires (21)

Monsieur Gebran Bassil dont l'ambition présidentielle n'a pas faibli, ne veut pas se rendre compte qu'il est hors jeu et pense pouvoir encore se remettre en selle en enfonçant des portes ouvertes par ses sempiternels slogans auxquels personne, et depuis des années, n'accorde plus le moindre crédit.

Paul-René Safa

09 h 52, le 08 juin 2020

Tous les commentaires

Commentaires (21)

  • Monsieur Gebran Bassil dont l'ambition présidentielle n'a pas faibli, ne veut pas se rendre compte qu'il est hors jeu et pense pouvoir encore se remettre en selle en enfonçant des portes ouvertes par ses sempiternels slogans auxquels personne, et depuis des années, n'accorde plus le moindre crédit.

    Paul-René Safa

    09 h 52, le 08 juin 2020

  • ils sont tous tres fort pour faire des déclarations mais pas pour agir pourquoi ils ne déclarent pas un état civil laic par décret et traité tout le monde à égalité de droit un autre décret de transparence demande au riches de ce pays de déclarer leur fortune et sa provenance au lieu de conter sur les autres pour venir en aide si le gouvernement n a pas le pouvoir de le faire il lui reste de nommer une sous commission et partir cultiver des radis c est la saison

    youssef barada

    20 h 01, le 07 juin 2020

  • Un signal d’alarme?!!! Il y a belle lurette que le signal d’alarme s’égosille. Aujourd’hui vous faites votre possible pour que personne ne l’entende!

    Bashir Karim

    18 h 41, le 07 juin 2020

  • "toute action qui vise l'unité, la sécurité, la stabilité et la coexistence des Libanais est une action israélienne" Ben voila! Israel dans toutes les sauces. N importe quel probleme au Liban, on le met sur le dos d' Israel.... Quelle betise!

    IMB a SPO

    18 h 19, le 07 juin 2020

  • "Toute action qui vise l'unité, la sécurité, la stabilité et la coexistence des Libanais est une action israélienne", affirme Nabih Berry. C'est aussi Israel qui a volé le peuple libanais et qui vous a permis de vous enrichir vous et tous les politiciens libanais depuis plus de 30 ans. C'est Israel qui pousse le peuple libanais affamé à descendre dans la rue pour réclamer un Etat de droit.

    carlos achkar

    17 h 52, le 07 juin 2020

  • Cet homme n'a pas compris que celui qui pourrait donner un signal c'est lui! Il devrait démissionner et laisser place nette après tous les désagréments qu'il a fait subir à son pays depuis 2006. La corruption, la nomination de gouvernements d'incapables et la non implémentations des résolutions de l'ONU devraient suffire à démontrer son incapacité à gouverner. Il doit dégager ainsi que tous les hommes politiques au pouvoir d'une façon ou d'une autre depuis les fichus accords de Taëf. Tous dehors, tous pourris et tous en taule!

    TrucMuche

    14 h 27, le 07 juin 2020

  • C’est soit la résistance pour tous , soit pas de résistance du tous. La résistance n’est pas le privilège d’une communauté. Que se passerait-il si chacun créait sa propre idée de la résistance??

    LeRougeEtLeNoir

    14 h 14, le 07 juin 2020

  • LES DEUX INDIVIDUS LES PLUS RESPECTÉS, BERRI ET AOUN APPELLENT AU CALME......DONC PAS DE PROBLÈME TOUT EST RÉGLÉ....

    Gebran Eid

    14 h 11, le 07 juin 2020

  • Le vrai pouvoir est dans la banlieue sud à la force des baïonnettes. Tout le reste est pure mise en scène..

    LeRougeEtLeNoir

    13 h 30, le 07 juin 2020

  • Le signal d'alarme a tonné, depuis 2005 plusieurs fois, avec les assassinats politiques, la vente du pays à l'Iran, ...n'avoir entendu ce signal rien qu'aujourd'hui dévoile un sommeil maladif qui nous coûte notre Patrie!....quel malheur quand le chauffeur s'endort derrière le volant...

    Wlek Sanferlou

    13 h 19, le 07 juin 2020

  • Les insultes proférées contre l'épouse du Prophète sont-elles vraiment la cause principale du début du conflit entre sunnites et chiites ? Les prochains jours nous le prouveront

    Antoine Sabbagha

    13 h 04, le 07 juin 2020

  • A quelle unité nationale, font-ils allusion?

    Chahine

    12 h 47, le 07 juin 2020

  • Cher monsieur Nassrallah TRUMP est actuellement en lutte contre des manifestants qui sont tous des terroristes takfiristes finances par l exterieur et qui cherchent un changenent de regime .....

    HABIBI FRANCAIS

    12 h 46, le 07 juin 2020

  • Un signal d'alarme pour qui? C'est qui qui depuis 2006 regarde de côté et ne veut pas voire l'ampleur du problème?

    Zovighian Michel

    12 h 43, le 07 juin 2020

  • Le message sous entendu de Aoun est clair. Faire peur pour faire taire. On s’attendait à des réprimandes, des sanctions ou même une indignation. Rien. Que des menaces de guerre civile pour ébranler la révolte.

    Sissi zayyat

    12 h 25, le 07 juin 2020

  • Je ne commente pas la vulgarité. Insulter les symboles religieux c'est le langage de la bassesse morale de l'insulteur au niveau des égouts.

    Honneur et Patrie

    12 h 23, le 07 juin 2020

  • C’est ce que je disais sur un autre commentaire : L’un des 2 ( l’officiel ou le planqué) vont pointer du nez pour faire la morale alors qu’il y a des gens , ses amis sans doute, qui tirent les ficelles pour faire avorter la contestation Ceci dit: Oui Alarme. RAISON de plus pour que vous tiriez les leçons et dégagiez au plus vite pour laisser place à une classe politique nouvelle. Ils ont vidé les caisses et sont encore là avec leurs milices, leurs idéologies d’hommes des cavernes... et encore... L’homme des cavernes vivait son époque... Ces gens ne vivent pas notre époque.

    RadioSatellite.co

    12 h 20, le 07 juin 2020

  • CHIITES ! CHIITES ! CEUX QUI LE SCANDAIENT ET S,ATTAQUAIENT AUX FIGURES SACREES DES AUTRES ET AUX AUTRES MANIPULES PAR LEURS MAITRES SONT LES RESPONSABLES DE LA SITUATION ET DE CE QUI POURRAIT SUIVRE. ESPERONS QUE CA VA SE CALMER.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 17, le 07 juin 2020

  • Le message est clair: ou bien vous nous laisser dominer par la force des armes, ou bien on menace le pays de guerre confessionnelle..

    LeRougeEtLeNoir

    12 h 07, le 07 juin 2020

  • Cest l ideal pour le Hezbollah

    Jack Gardner

    11 h 59, le 07 juin 2020

  • Bien sûr c'est un signal d'alarme. Il signifie que le Hezbollah a décidé de s'impliquer à fond pour faire échouer la contestation. On aurait aimé (il est bien permis de rêver, tout de même !), que le président dénonce clairement les partis fauteurs de troubles.

    Yves Prevost

    11 h 46, le 07 juin 2020