L’Orient-Le Jour Junior fait une pause

L’idée de se rapprocher des jeunes a germé en 1988. C’étaient les années de guerre, nous vivions repliés – chacun dans son ghetto – et les nouvelles générations ne voyaient le Liban qu’à travers le prisme de leur région. Les Copains est né alors. Bien sûr, le but premier était d’attirer les jeunes lecteurs, de les habituer à lire la presse en français, de les fidéliser à L’Orient-Le Jour, mais pas seulement. Nous souhaitions aussi et surtout les familiariser avec leur pays, leur apprendre à s’ouvrir aux autres, éveiller leur curiosité au monde avec comme point d’appui l’actualité mise à leur portée. Cette mission a été pleinement remplie par nos journalistes qui n’hésitaient pas à organiser des sorties exploratoires avec les petits et souvent leurs parents, allant à la rencontre de lieux mythiques, découvrant les versants inconnus d’une réalité toute proche. Dans les écoles, du nord au sud, ils animaient des débats et tissaient des liens étroits avec élèves et professeurs. Les Copains a accompagné toute une génération qui a aujourd’hui entre 25 et 45 ans.

Vingt ans plus tard, en 2008 plus exactement, le journal tabloïd cédait la place à L’Orient-Le Jour Junior. Dans un format magazine de poche privilégiant les belles photos et la qualité du papier, le support s’adressait cette fois aux adolescents. Il abordait les sujets de société : environnement, sport, art, technologie, patrimoine, en prenant soin d’apporter des réponses claires aux questions sensibles du moment. L’expérience personnelle, le parcours estudiantin ou professionnel, les hobbies et divers talents de nos lecteurs étaient également mis à l’honneur à travers des interviews et témoignages recueillis par notre équipe. Tous les collaborateurs du titre, et en particulier Maria Pascalides et Cynthia el-Khazen, ont contribué à faire de Junior un mensuel de référence dans les écoles et à la maison, formant au passage des journalistes en herbe et des amoureux de la langue française.

La presse jeunesse suscitant peu d’intérêt auprès des annonceurs, les annonces publicitaires étaient excessivement rares. Ce supplément jeunesse était donc porté par L’Orient-Le Jour et quelques mécènes indéfectibles que nous ne cesserons jamais de remercier pour leur accompagnement durant toutes ces longues années.

Aujourd’hui, 5 juin 2020, paraît le dernier numéro de Junior avant sa suspension. Il est inutile de revenir sur toutes les crises actuelles qui ont motivé cette décision, mais pour résumer, L’Orient-Le Jour doit se recentrer et canaliser tous ses moyens vers le cœur de son activité, sa formule quotidienne.

Il n’est pas dit que dans des temps à venir et apaisés, nous ne reprendrons pas ou ne réinventerons pas un support pour ados. D’ici là, parions qu’avec sa liberté d’esprit et son engagement, L’Orient-Le Jour saura garder le contact avec son lectorat de demain.

*Présidente-directrice générale, responsable des « Copains » de 1988 à 1998


L’idée de se rapprocher des jeunes a germé en 1988. C’étaient les années de guerre, nous vivions repliés – chacun dans son ghetto – et les nouvelles générations ne voyaient le Liban qu’à travers le prisme de leur région. Les Copains est né alors. Bien sûr, le but premier était d’attirer les jeunes lecteurs, de les habituer à lire la presse en français, de les...

commentaires (1)

Chère Nayla, L'Orient doit bien entendu se recentrer sur son coeur d'activités... Il n'en reste pas moins que Les Copains demeure un excellent souvenir: celui d'une rédaction bouillonnante d'idées. Gardons l'espoir!

CONSTANTINIDES Melpomène

17 h 10, le 05 juin 2020

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Commentaires (1)

  • Chère Nayla, L'Orient doit bien entendu se recentrer sur son coeur d'activités... Il n'en reste pas moins que Les Copains demeure un excellent souvenir: celui d'une rédaction bouillonnante d'idées. Gardons l'espoir!

    CONSTANTINIDES Melpomène

    17 h 10, le 05 juin 2020