Déconfinement

Dans les centres commerciaux, beaucoup de clients, mais peu d’acheteurs

De nombreuses boutiques dans les malls restent fermées. Les restaurants aussi.

Devant un centre commercial de Beyrouth, des clients attendent dehors leur tour pour entrer. Dans le cadre des mesures de protection prises pour empêcher la propagation du coronavirus, les clients sont admis par petits groupes. Photo Jõao Sousa

À l’ère du coronavirus, les gardiens en poste à l’entrée des centres commerciaux ne fouillent plus les sacs. Nouveaux temps, nouvelles pratiques : désormais, tandis que l’un prend la température du client, l’autre l’asperge d’un produit désinfectant. Voilà à quoi devaient se plier les clients souhaitant entrer dans un centre commercial beyrouthin, au premier jour de réouverture de ces espaces, dans le cadre de la quatrième phase de déconfinement au Liban. Une petite queue commence à se former. Ici, les visiteurs sont admis par petits groupes dans le cadre des mesures de protection et d’hygiène mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus. Loin de s’impatienter, les clients se montrent compréhensifs. « L’hygiène et les mesures de protection sont importantes en cette période », fait remarquer une cliente. À l’intérieur, des affichettes disposées devant les escaliers roulants, les ascenseurs et les caisses rappellent aux visiteurs les gestes d’hygiène. « S’il vous plaît, veillez à vous désinfecter régulièrement les mains », lit-on ainsi sur une pancarte sous laquelle un grand flacon de gel hydroalcoolique est installé à l’intention des visiteurs. « Distanciation sociale », peut-on lire sur des autocollants apposés dans la cabine d’ascenseur. « Les masques sont obligatoires », indique une autre affiche.

Avec la réouverture d’une grande partie des magasins, notamment des centres commerciaux donc, les gens avaient hâte de « sortir ». « Avant le confinement, je me rendais tous les jours dans les centres commerciaux, parfois rien que pour marcher », lance Leila. Masque plaqué sur le visage, elle discute avec une amie, Hoda, qui vient de s’offrir « deux petites robes » qu’elle a pu acquérir à « 150 000 livres ». « Je pense que c’est parce qu’elles font partie de la collection du printemps, commente-t-elle. Avec la crise économique et la quasi-impossibilité de disposer de notre argent parce que la banque nous le confisque, nous allons devoir revoir notre train de vie. Nous ne pourrons sûrement plus vivre comme avant, les prix ont beaucoup augmenté. » « Nous allons devoir nous serrer la ceinture, poursuit Leila. Mais l’important, c’est que nous soyons en bonne santé. »

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Dans une boutique de chaussures, une femme essaie des sandales. « Les prix ont beaucoup augmenté, ils ont presque doublé, fait-elle remarquer. Idem pour le taux de change du dollar. Il est désormais fixé à 2 500 livres. Si les commerçants ne revoient pas leurs prix à la baisse, je pense que les centres commerciaux ne vont pas tarder à mettre la clé sous la porte. »

Dans ce mall, comme dans d’autres centres de Beyrouth et du Metn, une grande partie des magasins restent toujours portes closes. Les restaurants aussi. Même si les visiteurs se font nombreux, « histoire de se défouler », les acheteurs se font rares. « Les gens viennent s’enquérir des prix et demandent quand les soldes vont commencer, raconte la responsable d’une boutique de sacs. Nos prix ont naturellement été revus à la hausse en raison de la crise du dollar. Notre marchandise est importée. »

« Le chaos »
Pour de nombreux responsables de boutique ou de clients, la situation actuelle est un « chaos » total. « Mais ça devrait finir par se stabiliser, sinon on ne pourra pas avancer, soutient Maya. Il est sûr qu’un retour en arrière n’est plus possible, ajoute sa collègue. Mais les choses ne peuvent pas rester comme elles sont non plus. Avec la dévaluation de la livre, un réajustement des salaires est nécessaire. »

Zeina, une cliente, partage son avis. « On s’attendait à une hausse des prix, on l’a déjà expérimentée dans les supermarchés, explique-t-elle. Mais les gens ne vont pas pouvoir acheter quoi que ce soit si les salaires ne sont pas réajustés. »

Dans un centre commercial du Metn, les visiteurs venus découvrir les lieux après trois mois de fermeture sont nombreux. Mais peu d’entre eux achètent. « Les prix sont exorbitants, alors que la marchandise n’a pas changé, confie Maria. Les boutiques que j’ai visitées n’ont pas de nouvelles collections. » Côté hygiène, elle se dit satisfaite des mesures prises.

Ce qui n’est pas le cas d’une famille de trois personnes qui visite son second centre commercial de la journée. « Les mesures prises ici sont approximatives », lance la plus jeune des trois. Elle ne cache pas sa déception. « Je m’attendais à une majoration des prix, mais pas autant, poursuit-elle. Ils ont presque doublé, alors qu’il s’agit de l’ancienne collection. Je ne sais pas comment on va pouvoir joindre les deux bouts. »

Devant une boutique de parfums, une jeune femme se désinfecte les mains. Elle range son flacon et se prépare à y entrer. « J’ai visité trois boutiques jusque-là, dit-elle. Les prix sont acceptables, bien qu’ils aient renchéri. Ce serait une bonne chose si d’autres commerçants réfléchissaient aussi à augmenter leurs prix de manière rationnelle. »


À l’ère du coronavirus, les gardiens en poste à l’entrée des centres commerciaux ne fouillent plus les sacs. Nouveaux temps, nouvelles pratiques : désormais, tandis que l’un prend la température du client, l’autre l’asperge d’un produit désinfectant. Voilà à quoi devaient se plier les clients souhaitant entrer dans un centre commercial beyrouthin, au premier jour de...

commentaires (4)

Avec quel argent les autorités pensent relancer l’économie du pays. Celui qui est bloqué par les banques ou celui que les gens touchent comme salaire de misère ou comme aumône de leur propre capital siphonné par l’etat qui sert à aider les autres pays, renforcer l’arsenal militaire d’un parti déjà bien garni en la matière ou pire qui repose dans des paradis fiscaux. Les pays civilisés ont tout fait pour garder intact le pouvoir d’achat de leurs citoyens pour qu’ils relancent l’économie en dépensant ce qu’ils ont économisé pendant le confinement pendant que nos responsables politiques complotaient pour leur soutirer le maximum d’argent sous forme de vol avéré en les privant de leur propres économies d’une façon éhontée.

Sissi zayyat

12 h 40, le 03 juin 2020

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Commentaires (4)

  • Avec quel argent les autorités pensent relancer l’économie du pays. Celui qui est bloqué par les banques ou celui que les gens touchent comme salaire de misère ou comme aumône de leur propre capital siphonné par l’etat qui sert à aider les autres pays, renforcer l’arsenal militaire d’un parti déjà bien garni en la matière ou pire qui repose dans des paradis fiscaux. Les pays civilisés ont tout fait pour garder intact le pouvoir d’achat de leurs citoyens pour qu’ils relancent l’économie en dépensant ce qu’ils ont économisé pendant le confinement pendant que nos responsables politiques complotaient pour leur soutirer le maximum d’argent sous forme de vol avéré en les privant de leur propres économies d’une façon éhontée.

    Sissi zayyat

    12 h 40, le 03 juin 2020

  • Je n achète rien.Que les commerçants poussent BDL a rajuster le taux de change virtuel.....sinon...rien.

    Marie Claude

    08 h 11, le 02 juin 2020

  • " Les prix ont PRESQUE doublé ". Elle a encore de la chance : presque partout ailleurs, les prix ont PLUS que doublé.

    Yves Prevost

    22 h 15, le 01 juin 2020

  • PEU D,ACHETEURS. BIEN SUR. PUISQUE LES ECONOMIES DES GENS SONT DEVALISEES PAR LES PREDATEURS BANQUIERS ET LEURS COMPLICES DU GOUVERNEMENT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    21 h 10, le 01 juin 2020