Cinéma

L’amour, cette danse à cinq temps

Henri Bassil a réalisé avant le confinement un petit film artistique sur l’amour qui a glané de nombreux prix internationaux. Histoire d’un court-métrage qui en dit long.

Capture d’écran du court-métrage « Love » de Henri Bassil.

« J’ai été le premier surpris de voir combien ce film a touché et séduit un large public. Et de voir ce fil rafler de nombreux prix, notamment celui du meilleur film expérimental à Los Angeles en 2020, celui du meilleur film narratif au festival des courts-métrages de Moscou en 2019. Ce film a également été semi-finaliste à la compétition de Los Angeles. Il avait en outre été sélectionné dans d’autres compétitions et festivals comme à Melbourne », déclare d’emblée et avec enthousiasme le réalisateur Henri Bassil à propos de son film Love. Issu du monde de la publicité, l’artiste installé à Dubaï rêve de réaliser des films qui s’accordent avec sa vision de la vie. « Love est mon deuxième court-métrage, dit-il, et je me prépare bientôt à faire un long-métrage. »

Love est un court-métrage sans paroles, interprété par deux personnages, et dans lequel le geste devient verbe et la couleur, émotion. Sur une chorégraphie de Konstantin Koval, le tandem

Anastasiia Kharchenko et Oleksii Busko évolue de manière fusionnelle sur une danse de l’amour. Une danse à cinq temps, mais qui pourrait être, comme la valse de Jacques Brel, à mille temps, car seul ce dernier rythme l’amour. Il peut l’user ou le reconstruire.


Capture d’écran du court-métrage « Love » de Henri Bassil.


L’amour, ce grand mystère

Comment est née cette idée d’illustrer l’amour en cinq étapes et en chorégraphie de surcroît ? « L’amour c’est du sérieux, dit-il, mais j’ai remarqué en observant certains couples autour de moi qu’ils ne tenaient plus la route jusqu’au bout. C’est pourquoi je me suis demandé comment nos parents arrivaient à appliquer la phrase “jusqu’à ce que la mort nous sépare” ? Pourquoi pas notre génération ? » Après de longues recherches et de multiples lectures, ainsi qu’une quasi-enquête, auprès de couples jeunes et âgés, Henri Bassil aboutit à ce court-métrage de onze minutes. Il détient certaines réponses et surtout certaines impressions qu’il voudrait transmettre à d’autres. Un véritable message d’espoir pour tous ceux qui ne croient plus en une union pérenne. « En réalité, c’était aussi une sorte de thérapie, ajoute-t-il. Étant moi-même marié et papa, je voulais comprendre pourquoi un couple passe par ces étapes et ce qu’il advient en cours de route. J’ai déduit que les cinq étapes étaient la passion, la vie à deux, la désillusion, la stabilité et l’alliance. » « Le tournage, qui s’est fait au Liban en décembre 2019, était magique, avoue le réalisateur. Grâce à une équipe libanaise qui a travaillé bénévolement et de tout cœur, l’éclairage, le son et le décor étaient en adéquation avec le thème. » Et d’ajouter :

« Le seul écueil, que je ne connaissais pas et auquel j’ai été confronté, était celui des droits réservés de la musique. Cette loi s’applique même dans les courts-métrages. » Heureusement que Firas Abou Fakher, un des compositeurs de Mashrou’ Leila, est venu à la rescousse du film. « Il va créer, ajoute le réalisateur, une bande son magnifique qui deviendra, à mon avis, le 3e personnage du film. » Love continue à faire son chemin à travers les festivals et actuellement sur les plates-formes virtuelles à cause du confinement. En attendant qu’il soit enfin projeté au Liban.



« J’ai été le premier surpris de voir combien ce film a touché et séduit un large public. Et de voir ce fil rafler de nombreux prix, notamment celui du meilleur film expérimental à Los Angeles en 2020, celui du meilleur film narratif au festival des courts-métrages de Moscou en 2019. Ce film a également été semi-finaliste à la compétition de Los Angeles. Il avait en outre...

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