Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Mais on va où ?

Une colère gênante m’envahit chaque fois que je lis de telles nouvelles : des femmes sont tuées quotidiennement pour la seule raison qu’un homme se sent plus puissant qu’elles et qu’il a le droit de contrôler sa vie, ses décisions et son existence entière. Du coup, s’il se réveille un jour avec une volonté de la tuer, il le fait… sans aucune hésitation.

Les vagues de violences domestiques envers les femmes ont doublé, voire triplé au Liban, depuis le début du confinement du mois de mars.

Imagine-toi emprisonné(e) avec un homme anormal qui, pour une raison quelconque, se procure le droit de dépasser ses limites et de harceler physiquement, psychologiquement et même parfois sexuellement les femmes qui cohabitent avec lui dans le même foyer.

Chers lectrices et lecteurs, je vous présente dans ce qui suit un échantillon simplifié de l’amertume vécue par un nombre important de femmes confinées.

Dimanche 29 mars, Tripoli : une femme a sauté du balcon de son foyer. Elle a été trouvée morte et les circonstances de ce meurtre restent mystérieuses.

Samedi 4 avril, Békaa : un homme s’est déguisé en femme pour rentrer dans l’appartement où habitent son ex-femme et ses enfants. Il portait un couteau à la main. Il l’a agressée.

Dimanche 5 avril-lundi 6 avril, Beyrouth : 2 jeunes filles de 17 et de 20 ans sautent du balcon de leur appartement pour fuir la violence de leurs demi-frères et leur père. L’une d’elles réussit à « fuir » cet enfer familial. Alors que l’autre a été hospitalisée pour des fractures.

Mardi 7 avril, Tripoli : une petite fille de 5 ans a été frappée violemment. Elle a reçu d’atroces attaques de son père jusqu’à sa mort.

Mercredi 8 avril, Baalbeck : on a trouvé le cadavre d’une femme tuée et dénudée. Son corps a été rongé par des chiens.

Du coup, les violences domestiques ont augmenté de 100 %, selon l’Escwa. Ce qui est à la fois étonnant mais attendu.

La femme dans notre société est maltraitée, abusée et non protégée. Je le dis, malheureusement. On peut l’assassiner de sang-froid.

Aujourd’hui, on n’a toujours pas de lois libanaises claires qui protègent les femmes et leurs enfants contre les violences domestiques et les viols conjugaux. On ne sanctionne toujours pas les criminels qui vivent en famille avec ces femmes.

Et bien finalement, pour tous ceux qui me disent que les droits des femmes sont déjà acquis, je leur dis non, messieurs.

Les femmes de mon pays sombrent dans des précipices. Les discriminations et injustices qu’elles tolèrent toujours au nom du mariage ou pour « l’intérêt » de leurs enfants deviennent de plus en plus insoutenables.

Oui, messieurs, on a besoin de cette lutte féministe continue. Nos âmes doivent être constamment la voix de toutes celles que la peine a rendues aphones.

Tant qu’on est toujours là, avec des femmes bénéficiant de moins de 60 % des droits octroyés aux hommes (selon un article de L’OLJ, publié le 8/3/2019).

Tant qu’on est toujours là, vivant dans un même pays avec des hommes inhumains qui tuent de façon barbare leurs femmes et leurs enfants.

Tant qu’on est toujours là, notre lutte féministe persistera et nous devons être bien vigilants(es).


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Une colère gênante m’envahit chaque fois que je lis de telles nouvelles : des femmes sont tuées quotidiennement pour la seule raison qu’un homme se sent plus puissant qu’elles et qu’il a le droit de contrôler sa vie, ses décisions et son existence entière. Du coup, s’il se réveille un jour avec une volonté de la tuer, il le fait… sans aucune hésitation.Les vagues de violences domestiques envers les femmes ont doublé, voire triplé au Liban, depuis le début du confinement du mois de mars. Imagine-toi emprisonné(e) avec un homme anormal qui, pour une raison quelconque, se procure le droit de dépasser ses limites et de harceler physiquement, psychologiquement et même parfois sexuellement les femmes qui cohabitent avec lui dans le même foyer.Chers lectrices et lecteurs, je vous présente dans ce qui suit un...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut