Depuis nos dernières protestations sur le site de Nahr el-Kalb, puis auprès des ministères de la Culture et de l’Environnement et enfin auprès de la Direction générale des antiquités, nous n’avons rien perçu pour ce qui est des mesures qui auraient dû être immédiatement prises pour appliquer les lois et ordonner l’arrêt des travaux à Nahr el-Kalb, site le plus prestigieux et sacré de notre pays, dont les stèles commémoratives illustrent toute l’histoire de notre terre depuis l’an 1258 avant J-C.
Le chantier où le CPL est en train de construire son QG se fait en violation des lois environnementales et des décrets suivants :
– Loi environnementale 444/2002.
– Décret 2012/8633 imposant l’étude de l’impact environnemental.
– Décret 8803 du 4/10/2002 concernant l’organisation des carrières.
– Décret 2009/2366 pour le schéma directeur de l’urbanisme.
– Décrets n° 166/L.R. du 7 novembre 1933 et n° 225 du 28 septembre 1934 mettant ce site sur la liste nationale des monuments historiques, et loi du 7/8/1939 qui le place sous la loi pour la protection des paysages et sites naturels.
– En 1998, le site a été inscrit comme site naturel par le ministère de l’Environnement (décret numéro 97 du 2/7/1998) selon les conditions suivantes : protection du lit de la rivière et d’une zone tampon de 500 m de chaque côté.
Toutes ces lois ont été violées !
– Le permis a été obtenu grâce à une manœuvre frauduleuse : délivré à l’ordre des moines libanais maronites pour la construction d’un Centre culturel (ce que nous contesterions de toute façon), il a été par la suite illégalement détourné pour l’attribuer à la construction du siège principal d’un parti politique.
– De plus, nous rappelons que ce site a été inscrit sur le registre de la mémoire du monde à l’Unesco en 2005 et sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco depuis 1996, inscription qui a été actualisée en 2019.
Des pétitions de la part du peuple libanais, entre autres des intellectuels libanais et divers groupements de la Thawra, ont été envoyées à l’Unesco pour lui faire part du danger que représente le chantier du CPL pour le site des stèles de Nahr el-Kalb, et réclamer l’inscription de celui-ci sur la liste du patrimoine mondial et, par conséquent, demander l’arrêt des travaux.
Les travaux entrepris ont causé des dégâts irréversibles et s’y poursuivent néanmoins. Le site va être perdu à jamais, de même que l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.
La réponse de l’organisme responsable des nominations à la liste du patrimoine du monde de l’Unesco, en date du 31 mars 2020, fait référence à la lettre d’ICOMOS : « ICOMOS strongly requests that all construction work on the site cease immediately… ».
De plus, dans sa lettre du 3 avril 2020, l’Unesco soulignant que ce site est exceptionnel, rappelle que l’État libanais, en signant la convention du patrimoine mondial, s’était engagé à le protéger. En tout état de cause, il met en garde les autorités libanaises : « The construction project at the Archeological Site of Nahr el-Kalb could have a major impact on the site, and possibly jeopardize any future nomination for World Heritage inscription. »
La responsabilité aujourd’hui, Messieurs les Ministres, vous en échoit. Si vous persistez dans le silence et la totale inaction, vous vous rendrez complices de la destruction du site exceptionnel de Nahr el-Kalb, vous priverez la nation d’un bien inestimable qui lui appartient, et l’histoire ne vous le pardonnera pas.D’ailleurs, vous n’ignorez pas que la ressource majeure de notre pays réside dans ses sites culturels et touristiques parmi lesquels le promontoire de Nahr el-Kalb.
Les travaux d’excavation ont lieu à une distance mettant en grand danger les stèles millénaires (à commencer par celles de Ramsès II et d’Assarhaddon, respectivement : XIIIe et VIe siècles avant notre ère) et la falaise. Ils menacent le site archéologique et le défigurent complètement. Or, vous le savez, le site est doublement classé. Un site classé doit être respecté dans son intégralité comme zone non edificandi, ce qui impose la conservation du paysage qui est son écrin, de l’environnement géographique qui donne un sens à sa présence historique sur ce lieu en particulier, et de l’environnement géologique garant de sa pérennité.
Votre silence et votre inaction, malgré nos demandes réitérées et malgré les lettres reçues des organismes internationaux ICOMOS et l’Unesco, nous surprennent et nous choquent au plus haut point. Le peuple libanais ainsi que les Nations unies attendent une action de votre part ! Le temps presse, nous vous demandons de prendre immédiatement les mesures trop longtemps attendues qui s’imposent.
– Les groupes de la Thawra (Kermel Lebnen, Al-thawra tounadik, Revol, Wehde, Nahr el-Kalb, Thawrajiehs, etc…)
– Les groupes de la société civile (Lebanon Eco Movement
T.E.R.R.E.Liban, Save Bisri Valley, Save Beirut Heritage, etc…)
– Les archéologues et historiens, Dr Issam Khalifeh et Dr Chaker Ghadban.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


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Enfin vous citez le Groupe de Thawra: ce n'est rien d'autres que des etc...ra.. Les autres groupes de memes des ETC.... Merci de montrez sur carte a l'appui les limites du site de Nahr el Kalb . La route et le tunnel n'ont t -ils pas defiguré le site? A l'epoque et même aujourd'hui pourions nous arreter la construction de cette route ?? Allons mesdames /messieurs soyez plus terre a terre , moins negatif et detachez vous de l'arbre auquel vous etes attachés...
11 h 24, le 04 mai 2020