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Lifestyle - La Mode

Quelques minutes dans les archives de Christian Dior

Nous ne sommes pas les seuls à profiter du confinement pour exhumer nos vieilles photos. La maison Dior a remis à jour, restauré et colorisé un magnifique documentaire de 1949 où l’on voit son fondateur Christian Dior en plein processus de création.

Extrait du documentaire « Christian Dior haute couture 1949 ».

Le film de 13 minutes 55’, réalisé par le cinéaste Henri Lavorel (disparu à 41 ans, cinq ans plus tard, dans un accident de voiture), s’ouvre sur un ballet de berlines portant des plaques d’immatriculation de toutes provenances, déposant des élégantes du monde entier, dont la duchesse de Windsor, à l’entrée de l’univers de Christian Dior, avenue Montaigne. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, ces femmes trouvent auprès de Monsieur Dior un allié qui leur permet de recouvrer la coquetterie et la féminité perdues après plusieurs années de disette et de peur, d’épuisement des ressources surtout, qui les ont parfois réduites à retailler, pour s’habiller, des parachutes et des surplus militaires. En 1947, avec sa ligne Corolle, rebaptisée New Look aux États-Unis, le créateur s’est avant tout attaché à creuser la taille, valoriser la silhouette, imprimer à la démarche un pas de danse involontaire. Le décolleté en corbeille encadre la grâce du cou, la ligne fragile et sculpturale des clavicules. À la sortie du grand conflit, Dior met son talent à répondre à un besoin de beauté dont la période d’après-guerre est insatiable.



Une certaine idée de la grâce venue de la nature

Avenue Montaigne, à l’intérieur du bâtiment qui regroupe son bureau, ses ateliers et sa salle de vente et de présentation, on voit Monsieur Dior éplucher les magazines qui parlent de ses collections comme d’une « révolution ». Pour lui, il ne s’agit nullement d’un bouleversement mais « d’un simple retour à la norme et au bon sens, d’un désir de voir les femmes faire peau neuve, retrouver une silhouette vraiment féminine ». La jupe s’allonge, la taille s’affine, le buste se précise : le code Christian Dior en trois définitions. Le film nous ramène ensuite à la « calme retraite de l’Île- de-France » où le créateur est installé quand il n’est pas dans sa maison de la Manche, à Granville. Une grande ferme modeste où, portant toujours une canne sans vraiment s’y appuyer, Christian Dior se ressource en marchant à travers champs. C’est là qu’il conçoit les modèles « qui iront porter au monde le témoignage de la pérennité du goût français, de la mesure et de l’élégance qui sont l’apanage de la culture française ». On retrouve dans cette description lue par Isabelle Kloucowsky les accents patriotiques d’une France convalescente « outragée, brisée » selon les mots du général de Gaulle mais, bien plus que libérée, prenant grâce à sa scène créative et artistique un envol prodigieux.



Présence de l’art et de la littérature

Ce n’est un secret pour personne que Christian Dior, ce génie débonnaire, volontiers silencieux et méditatif, volontiers souriant et cordial avec son faux air de Bourvil, trouve son inspiration et son idée de la grâce au contact de la nature. Avant d’être couturier, le créateur a été galeriste et marchand d’art spécialisé dans la peinture surréaliste. Il a également été illustrateur au Figaro. L’art tient une place particulière dans ses créations et chaque modèle commence par un dessin qui finira, après la préparation des patrons, par un travail sur mannequins vivants avant de se reporter sur des mannequins d’atelier retaillés par le maître selon ses nouvelles normes. Un chapeau vient toujours compléter l’ensemble. Et ce sont non moins de 170 modèles qui sont présentés pour chaque collection, réalisés au sein des trente ateliers de la maison par sept cents cousettes. On voit le créateur à l’œuvre, rectifiant un drapé, la rigidité d’un blouson, la pose d’une ceinture, le nœud d’une écharpe. Jamais négligé n’aura été plus savant que ce naturel tout de précision dans lequel on reconnaît la touche de Christian Dior. L’art, la littérature, la grande culture du maître ne sont jamais loin de son inspiration. Une photo d’enfant de son oncle lui inspire un modèle Grand Meaulnes. Un rouge est puisé dans la palette de Matisse, un gris dans celle de Picasso, et les robes portent le nom des peintres. Ce documentaire désuet revient avec une fraîcheur nouvelle irriguer l’inspiration des jeunes pousses et faire rêver, en ces temps difficiles, à la beauté des après quand ils ressemblent à de nouveaux commencements. Pour le consulter :

https://youtu.be/ZESWE3myVLk


Le film de 13 minutes 55’, réalisé par le cinéaste Henri Lavorel (disparu à 41 ans, cinq ans plus tard, dans un accident de voiture), s’ouvre sur un ballet de berlines portant des plaques d’immatriculation de toutes provenances, déposant des élégantes du monde entier, dont la duchesse de Windsor, à l’entrée de l’univers de Christian Dior, avenue Montaigne. À la sortie de la...

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