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Liban

Véhicules en feu, banques détruites, des blessés : nuit tendue à Tripoli

L'armée libanaise accuse des fauteurs de troubles d'avoir commis des actes de vandalisme dans la ville. 


Capture d'écran d'une vidéo filmée à Tripoli, le 27 avril 2020.

Véhicules en feu, banques aux façades détruites, tirs et blessés : la tension est montée d'un cran lundi soir à Tripoli (Liban-Nord) où des manifestants s'étaient au départ rassemblés dans le calme place al-Nour, poussant l'armée libanaise à publier un communiqué peu après minuit pour accuser "des fauteurs de troubles" d'avoir commis des actes de vandalisme dans la capitale du Nord. 

Dans des vidéos diffusées cette nuit sur les réseaux sociaux, l'on peut entendre des rafales de tirs et des manifestants lancer des slogans hostiles au Hezbollah. On voit également des pneus brûlés, des agences bancaires détruites, un homme ensanglanté transporté par les manifestants. D'autres vidéos montrent un véhicule de l'armée libanaise en feu tandis que de jeunes hommes lancent des pierres et des pneus sur un autre véhicule. 



Après que les manifestants aient mis le feu à plusieurs agences bancaires aux alentours de la place al-Nour et de la rue des Banques, l'Association des Banques du Liban a annoncé dans un communiqué que les agences bancaires de Tripoli seront fermées mardi et jusqu'à nouvel ordre. 

Selon notre correspondante Hoda Chédid, sept personnes auraient été blessées. Sur son compte Twitter, la Croix-Rouge libanaise a indiqué avoir dépêché sur place six de ses équipes pour transporter les blessés. Les pompiers se sont également rendus sur les lieux. 


"Fauteurs de troubles"

L'armée libanaise a publié un communiqué lundi soir dans lequel elle accuse des "fauteurs de troubles" d'avoir commis des actes de vandalisme dans la ville. "Lors d'un mouvement de protestation sur la place Abdel Hamid Karamé (place al-Nour) dans la ville de Tripoli, un certain nombre de fauteurs de troubles ont commis des actes de vandalisme. Ils s'en sont pris aux biens publics et privés, ont mis le feu à des agences bancaires, et ont attaqué des unités de l'armée déployées sur place", peut-on lire dans un communiqué de l'institution militaire. Cette dernière indique notamment que les "fauteurs de troubles" ont pris pour cible un véhicule de l'armée avec un cocktail Molotov et ont attaqué une patrouille de l'armée avec une grenade à main, faisant deux blessés légers dans les rangs des soldats. "L'armée appelle les citoyens et les manifestants pacifiques à quitter la rue et évacuer les places, conclut le communiqué. Le commandement de l'armée prévient qu'il ne sera tolérant avec aucune personne qui viole la sécurité et la stabilité". 

En début de soirée, des dizaines de Libanais s'étaient rassemblés sur la place al-Nour à Tripoli, pour protester contre la dégradation galopante de la situation socioéconomique, et ce malgré les mesures de prévention et de confinement imposées par le gouvernement pour cause de pandémie de coronavirus. Puis, une dispute a éclaté entre l'armée et des manifestants qui se trouvaient devant le domicile de Fayçal Karamé. L'armée a alors eu recours à des bombes lacrymogènes. C'est là que des tirs en l'air à balles réelles ont été entendus dans la ville.

Durant toute la journée, lundi, des Libanais se sont mobilisés dans la rue. Déjà dimanche soir, des centaines de personnes étaient descendues dans les rues du pays pour manifester contre la pire crise économique et financière des 30 dernières années au Liban. Au fil des heures, les coupures de routes se sont multipliées sur tout le territoire, comme une véritable traînée de poudre.

Depuis l'automne, les établissements bancaires ont restreint les retraits en dollars avant de les arrêter complètement en mars et de rendre quasiment impossibles les virements à l'étranger, suscitant la colère de la population. 

Le Liban surendetté - et en défaut de paiement depuis mars - a connu en octobre dernier un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, jugée coupable de corruption et d'incompétence. La rue accuse le secteur bancaire de complicité avec le pouvoir politique et d'avoir contribué à l'endettement effréné de l’État.

La colère contre les banques est également attisée par la dégringolade continue de la livre libanaise face au dollar sur le marché parallèle, entraînant une forte inflation des prix à la consommation.  La situation économique du Liban est en outre aggravée depuis mi-mars par les mesures draconiennes de confinement mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19.


Véhicules en feu, banques aux façades détruites, tirs et blessés : la tension est montée d'un cran lundi soir à Tripoli (Liban-Nord) où des manifestants s'étaient au départ rassemblés dans le calme place al-Nour, poussant l'armée libanaise à publier un...

commentaires (4)

CE SONT LES CONSEQUENCES DE VOULOIR RECUPERER LES MONTANTS VOLES PAR LES ESCROCS CORROMPUS VOLEURS ET LES AGISSEMENTS UNILATERAUX ET ILLEGAUX DES PREDATEURS BANQUIERS DES ECONOMIES D,UNE VIE DES DEPOSANTS. LA CONTESTATION SE MUE EN REVOLUTION !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 14, le 28 avril 2020

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Commentaires (4)

  • CE SONT LES CONSEQUENCES DE VOULOIR RECUPERER LES MONTANTS VOLES PAR LES ESCROCS CORROMPUS VOLEURS ET LES AGISSEMENTS UNILATERAUX ET ILLEGAUX DES PREDATEURS BANQUIERS DES ECONOMIES D,UNE VIE DES DEPOSANTS. LA CONTESTATION SE MUE EN REVOLUTION !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 14, le 28 avril 2020

  • Il est temps de déclarer l’état d’urgence

    Rula Rais

    08 h 59, le 28 avril 2020

  • Cela donnera un prétexte supplémentaire aux banques de fermer et retenir les $ des déposants... Mais au point où on en est... On en est plus à une injustice près.

    Sybille S. Hneine

    08 h 48, le 28 avril 2020

  • La situation est super dangereuse dans la capitale du nord . Il faudra vite trouver une solution aux banques .

    Antoine Sabbagha

    08 h 14, le 28 avril 2020