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Société - Épidémie

Coronavirus : malgré le recul du nombre de cas, la vigilance doit rester de mise

Le ministère de la Santé publique a augmenté depuis hier le nombre de tests effectués quotidiennement, ce qui lui permettra à partir du 10 mai de donner des réponses plus claires concernant l’allègement ou pas des mesures de confinement.

Un prêtre orthodoxe portant un masque devant la cathédrale Saint-Georges, dans le centre-ville de Beyrouth. Anwar Amro/AFP

Le ministère de la Santé publique est passé hier à la vitesse supérieure, accroissant le nombre des tests de dépistage (PCR) à plus de 1 500 par jour cette semaine et à 2 000 la semaine prochaine, alors que seuls 14 nouveaux cas ont été enregistrés depuis vendredi. Ces tests seront effectués, de manière aléatoire, sur l’ensemble du territoire libanais, notamment dans les régions qui n’ont pas enregistré de cas à ce jour, c’est-à-dire Jezzine, Hasbaya, Rachaya, la Békaa-Ouest et le Hermel, et engloberont principalement les personnes présentant un syndrome grippal et celles qui ont continué à travailler malgré les mesures de confinement comme les corps soignant et médical, les employés des supermarchés, boulangeries, pharmacies…

Dans ce cadre, les équipes du ministère ont effectué hier des examens au Hermel et dans la région frontalière libano-syrienne (74 tests), dans les hôpitaux de Rachaya et Hasbaya (85), à Bourj Hammoud et Mansourieh au Metn-Nord (71), à Tabarja dans le Kesrouan (56), ainsi qu’à Amioun et Kosba au Liban-Nord (100).

À partir du 4 mai, seront également lancés des tests rapides visant à rechercher les anticorps (protéine du sérum sanguin sécrétée par les lymphocytes B, à savoir les globules blancs intervenant dans l’immunité, en réaction à l’introduction d’une substance étrangère, un antigène, dans l’organisme, NDLR) et les antigènes (substance qui, introduite dans un organisme, est capable d’y provoquer la stimulation des cellules immunocompétentes responsables de la production d’anticorps, NDLR). Ces mesures, comme l’a annoncé le ministre de la Santé Hamad Hassan dimanche soir, viseront à brosser un tableau plus clair de la situation au Liban, ce qui permettra, à partir du 10 mai, de donner des réponses plus précises concernant l’allègement ou pas des mesures de confinement. Ce qui laisse entendre que la mobilisation générale pourrait être prolongée de deux nouvelles semaines à partir du 26 avril.Entre-temps, la vigilance reste de mise et la population doit continuer à se conformer aux mesures de confinement et de mobilisation générale prises par le gouvernement, sachant que des infractions sont notées au quotidien. Cela est d’autant plus important que le Liban n’a toujours pas atteint le pic de l’épidémie (défini par rapport aux nombres des décès et de nouveaux cas). « L’objectif de ces mesures, c’est de retarder, voire d’éviter le pic », assure à L’Orient-Le Jour le directeur général du ministère de la Santé publique, Walid Ammar. « Mieux on maîtrise la situation maintenant, plus les choses seront faciles ultérieurement, ajoute-t-il. Aucun pays ne peut se permettre d’alléger indéfiniment les mesures de confinement. Donc, mieux on contrôle la situation maintenant, plus on peut alléger les mesures de confinement avant de les resserrer de nouveau. »

Et le Dr Ammar d’insister : « Les chiffres enregistrés jusque-là par le Liban sont bons, mais nous devons nous en assurer. Pour cela, il est important d’augmenter le nombre de tests au quotidien, ce que nous avons commencé à faire, et de continuer à respecter les mesures de confinement. »


(Lire aussi : La révolution semble de retour malgré le Covid-19)



Quatre nouveaux cas

Le Liban a enregistré hier quatre nouveaux cas de contamination au coronavirus sur la base de 340 tests de dépistage, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publique. Trois guérisons supplémentaires ont également été signalées, ce qui fait grimper à 103 le nombre des rémissions confirmées. Vingt-sept autres patients restent dans un état critique. Actuellement donc, 553 personnes sont contaminées par le virus, pour un total de 677 depuis la déclaration du premier cas d’infection au Covid-19 le 21 février. Par ailleurs, aucun nouveau décès n’a été enregistré, ce qui maintient à 21 le nombre total de personnes décédées.

Dans la matinée, les forces de sécurité ont été massivement déployées dans les rues et les environs de Sir Denniyé, au Liban-Nord, où plusieurs membres d’une même famille ont été contaminés ces derniers jours. Un relâchement des mesures de confinement et de fermeture des commerces a été observé dans la localité.

À Tripoli, des propriétaires de salons de coiffure et de commerces ont manifesté hier réclamant l’autorisation de reprendre le travail à la suite du « recul », selon eux, du coronavirus dans le pays. Ils ont affirmé être « prêts à prendre toutes les mesures de protection nécessaires ». « Nous ne parvenons pas à subvenir à nos besoins en raison de la fermeture de nos commerces », ont-ils déploré. Ils ont en outre demandé au gouvernement de mettre un terme à l’augmentation des prix des produits alimentaires.

Par ailleurs, la ville de Bécharré, qui connaît un fort taux de contamination au Covid-19, restait hier isolée du reste du pays, sous haute surveillance sécuritaire, pour la deuxième semaine consécutive. Depuis le 11 avril, des barrages des Forces de sécurité intérieure et de la police municipale ont été dressés aux différentes entrées de la localité afin d’empêcher toute entrée et sortie, tandis que des patrouilles sillonnent les rues de la ville afin de s’assurer que les habitants restent confinés chez eux. La police s’assure également que les différents commerces ouverts respectent les mesures de prévention.

Dimanche, les communautés qui suivent le calendrier julien ont célébré Pâques à distance, hormis le village de Kfarhabou, au Liban-Nord, où le prêtre a rassemblé les fidèles, bravant ainsi les mesures de confinement. Samedi soir, le « feu sacré » de l’église du Saint-Sépulcre, dans la vieille ville de Jérusalem, est arrivé à Beyrouth à bord d’un hélicoptère militaire en provenance de Chypre. Il a été ensuite transmis à des prêtres qui l’ont transporté dans leurs diocèses, dans le cadre strict de dispositions sanitaires mises en place conformément aux mesures limitant les rassemblements.


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commentaires (3)

CA VA SANS DIRE. LES DEUX FLEAUX, LE COVID ET LES PREDATEURS BANQUIERS ET ABRUTIS VOLEURS, SONT TOUJOURS LA.

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

09 h 29, le 21 avril 2020

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Commentaires (3)

  • CA VA SANS DIRE. LES DEUX FLEAUX, LE COVID ET LES PREDATEURS BANQUIERS ET ABRUTIS VOLEURS, SONT TOUJOURS LA.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    09 h 29, le 21 avril 2020

  • L’Islande, population totale 331.000 habitants, 1771 cas, Chez nous le nombre de cas c’est 677. Ça tient la route? Et tout le monde Libanais jubile....

    Evariste

    01 h 20, le 21 avril 2020

  • Il faudrait annoncer le nombre de tests journaliers avant de déclarer la baisse du nombre de cas. Le nombre de tests est autour de 300 tests par jour. Loin des 1500 ou 2000 requis pour la population libanaise. C’est très dangereux. Aussi seulement une centaine de guéris sur 700 malades. Et les 600 restants, ou sont-ils? Ça ne calcule pas vrai dans notre république.

    Evariste

    00 h 47, le 21 avril 2020

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