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Économie - Monnaie

La livre libanaise a perdu la moitié de sa valeur sur le marché parallèle

Un bureau de change au Metn. Le taux livre/dollar a atteint 3 000 livres cette semaine sur le marché parallèle. Photo P.H.B.

Le dollar se vendait ce mardi à plus de 3 000 livres sur le marché parallèle de change, franchissant une barre symbolique puisqu’il s’agit du double du taux officiel de change à 1507,5 livres (1515/1518 pour les transactions bancaires), alors que le Liban traverse une crise économique et financière sans précédent depuis 30 ans, aggravée par la crise du coronavirus.

Selon le site lebaneselira.org qui compile les données et dessine l’évolution du taux de change depuis novembre dernier sur les marchés officiel, parallèle et noir, les bureaux de change achètent un dollar à 2 925 livres et le vendent à 3 000 livres. Pour mémoire, c’est le prix qu’avait atteint la livre au sortir de la guerre civile, dans les années 1990, avant que la Banque du Liban (BDL) ne commence à stabiliser son taux à partir de 1997.

La crise de liquidités en dollar que traverse le pays, dont les effets ont été renforcés par les restrictions mises en place par les banques, a contribué à doper le taux livre/dollar sur le marché secondaire depuis fin août 2019, jusqu’au niveau actuel. La barre des 2 000 a été franchie à la mi-décembre 2019.

Le 3 avril, la Banque du Liban a publié deux circulaires pour tenter de préparer le terrain à une officialisation d’un nouveau régime de change. La circulaire n°148, qui doit s’appliquer de manière temporaire, autorise les « petits » déposants à convertir et retirer tout ou partie de leurs fonds en livres ou en dollars à un taux livre/dollar fixé par une « unité » dont la composition et les prérogatives sont fixées par le deuxième texte qui porte le numéro 149.

Selon ce dernier, l’unité en question doit être composée de représentants de la BDL et des changeurs de catégorie A – ceux qui peuvent importer et exporter des devises. En attendant qu’elle soit formée, la BDL a unilatéralement fixé à 2 600 livres le taux de change applicable pour les conversions des fonds des « petits » déposants prévus dans le cadre de la circulaire n° 148. Selon une source bancaire, ce taux sera appliqué jusqu’à la fin de la semaine avant d’être mis à jour.

Le pays surendetté a annoncé en mars son premier défaut de paiement dans l’histoire, au terme de plusieurs mois d’une baisse des réserves en devises étrangères et d’une dépréciation de la monnaie nationale sur le marché parallèle. Le Liban croule sous une dette publique de 92 milliards de dollars, soit 170 % du PIB, l’un des ratios les plus élevés mondialement, tandis que 45 % de la population vivraient sous le seuil de la pauvreté, selon le ministère des Finances.

Le dollar se vendait ce mardi à plus de 3 000 livres sur le marché parallèle de change, franchissant une barre symbolique puisqu’il s’agit du double du taux officiel de change à 1507,5 livres (1515/1518 pour les transactions bancaires), alors que le Liban traverse une crise économique et financière sans précédent depuis 30 ans, aggravée par la crise du coronavirus.Selon le site...
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