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Société - initiative

La clinique mobile de la LAUMC-RH lance des campagnes de dépistage gratuit


Devant l’Hôpital Rizk-Centre médical de l’Université libano-américaine, la clinique mobile s’apprête à s’ébranler pour une mission. Photo DR

Le 4 avril, l’Hôpital Rizk-Centre médical de l’Université libano-américaine (LAUMC-RH) lançait sa première clinique mobile de dépistage gratuit du coronavirus, avec pour objectif de multiplier les tests à travers le pays pour identifier les foyers de propagation et mieux contrôler la pandémie.Pour le premier jour de l’opération, une équipe soignante de neuf personnes s’est rendue à la rencontre des habitants de Nabatiyé. Elle était menée par les docteurs Georges Ghanem, chef du département de cardiologie et directeur médical de l’institution hospitalière, et Jacques Mokhbat, spécialiste des maladies infectieuses et membre de la commission nationale de lutte contre le coronavirus. Quelques jours plus tard, l’équipe organisait deux missions, à Tripoli et Zghorta. Hier, elle a poursuivi son action à Qobeyate, dans le Akkar, et projette de se rendre prochainement dans dix-sept autres localités pour réaliser des tests PCR gratuits pour les personnes défavorisées ne bénéficiant d’aucune couverture médicale.


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Multiplier les tests pour limiter le confinement à l’avenir

« L’objectif de notre action est de multiplier les tests à travers le pays pour identifier les foyers de propagation, mieux contrôler la pandémie et, dans une prochaine étape, limiter le confinement et la mise en quarantaine aux cas positifs et aux personnes qui les ont côtoyés, explique à L’Orient-Le Jour le Dr Ghanem. Nous évitons ainsi aux populations rurales la contrainte de venir à Beyrouth et de se rendre à l’hôpital Rafic Hariri où elles craignent d’être infectées. »

L’institution coordonne ses activités avec des partenaires locaux, instances officielles, société civile et parfois même secteur privé. Une collaboration que tient à saluer le praticien. « Basée sur la solidarité, elle dépasse désormais la concurrence légendaire entre secteurs public et privé », assure-t-il. L’essentiel étant d’avoir « un interlocuteur local qui prépare le terrain ». La première mission de la clinique mobile s’est déroulée à l’hôpital gouvernemental de Nabatiyé qui inaugurait tout juste son service Covid-19. « Vingt-cinq patients ont été testés. Et tous se sont avérés négatifs au coronavirus », note le cardiologue, précisant que les résultats sont donnés au bout de 24 heures. « Les prélèvements se déroulent sur place, mais sont analysés dans le laboratoire de l’institution hospitalière, à Achrafieh », indique-t-il. Lors de la mission à Tripoli, vingt-cinq patients ont été testés dans un centre de quarantaine aménagé par la municipalité de la ville, le Quality Inn Hotel. Et enfin, à Zghorta, trente personnes ont été testées au Centre hospitalier du Nord (CHN), affilié à la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph. « Six personnes ont été testées positives au Nord. Elles sont en isolement à domicile et font l’objet d’un suivi strict », observe le cardiologue, insistant sur « la nécessité de ne pas hospitaliser les personnes légèrement ou modérément atteintes », et ce pour éviter une saturation des hôpitaux et réduire les risques de mortalité.


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Aucune cartographie des tests à l’échelle nationale

Si le nombre d’examens réalisés par la clinique mobile est encore bas, c’est que, pour l’instant, les capacités du laboratoire de la LAUMC-RH de traitement des tests PCR se limitent à 144 examens médicaux par jour, à l’hôpital ou à la clinique mobile. « Mais les capacités de test de l’institution hospitalière doivent s’améliorer, promet Georges Ghanem. Les équipes de la clinique mobile ont ainsi réalisé à Qobeyate 110 tests. » Une nouvelle mission qui se déroule « en coordination avec la municipalité de la localité et le Dr Antoine Sarkis, de l’Hôtel-Dieu de France, qui est originaire de la région ». La sélection des patients, elle, se fait sur base « d’une randomisation intelligente » et concerne « des personnes exposées : employés de supermarché ou de station d’essence, personnel municipal… ». Très prochainement, « le laboratoire de la LAUMC-HR se dotera de nouveaux équipements pour doubler sa capacité de tests », promet le professeur Ghanem. Sans oublier que des particuliers s’engagent désormais auprès de l’institution hospitalière privée dans la lutte contre le coronavirus. « 12 000 kits de test ont été offerts par Gilbert Chaghoury, 1 500 autres par le Rassemblement de dirigeants et chefs d’entreprise libanais dans le monde (RDCL-Monde), et davantage de promesses de dons se précisent », révèle le spécialiste. Car les quelque 500 tests réalisés quotidiennement dans le pays par les secteurs public et privé sont largement insuffisants. Et la lutte contre le Covid-19 nécessite de tester la population libanaise à grande échelle. C’est dans ce cadre que le responsable invite les autorités libanaises à davantage de transparence concernant les tests réalisés. « Le ministère de la Santé affirme avoir déjà réalisé 12 000 tests. Nous avons toutefois besoin de plus d’informations concernant la cartographie de ces tests, les régions où ils ont été réalisés, les résultats… » souligne le Dr Ghanem, dénonçant à la fois « la lenteur de l’État et la grande opacité des partis politiques sur la situation dans les régions dans lesquelles ils sont prédominants, qui favorisent les rumeurs ». Et d’insister sur la nécessité « de faire la lumière sur les zones aveugles, où aucun dépistage n’a jamais été réalisé, où on parle de zéro contamination », parce qu’« on ne peut bâtir une politique de santé publique dans un pays dont différents pans fonctionnent chacun comme bon lui semble ».


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Le 4 avril, l’Hôpital Rizk-Centre médical de l’Université libano-américaine (LAUMC-RH) lançait sa première clinique mobile de dépistage gratuit du coronavirus, avec pour objectif de multiplier les tests à travers le pays pour identifier les foyers de propagation et mieux contrôler la pandémie.Pour le premier jour de l’opération, une équipe soignante de neuf personnes s’est...

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Bravo , Complimenti comme on dit en Italien

Eleni Caridopoulou

13 h 34, le 14 avril 2020

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Commentaires (1)

  • Bravo , Complimenti comme on dit en Italien

    Eleni Caridopoulou

    13 h 34, le 14 avril 2020

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