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Société - Expatriés

Aucun cas de coronavirus parmi les Libanais rapatriés dimanche

Quatre nouveaux vols attendus aujourd’hui, en provenance de Paris, Madrid, Kinshasa et Istanbul.


Environ 400 expatriés libanais ont débarqué dimanche à Beyrouth, dans le cadre d’un plan de rapatriement mis en place par le gouvernement. Anwar Amro/AFP

Après le rapatriement dimanche d’environ 400 personnes en provenance d’Afrique et du Golfe, quatre avions sont attendus aujourd’hui à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), en provenance de Paris, Madrid, Kinshasa et Istanbul, dans le cadre de la deuxième phase du processus.

Le gouvernement avait averti que les premiers vols de rapatriement organisés dimanche feraient office de test, pour décider si le processus se poursuivrait ou si ce retour massif d’expatriés menaçait d’augmenter drastiquement le nombre de personnes atteintes du coronavirus au Liban. Selon le ministre de la Santé, Hamad Hassan, aucun des expatriés rentrés dimanche de Lagos (Nigeria), d’Abidjan (Côte d’Ivoire), de Riyad (Arabie saoudite) et d’Abou Dhabi (Émirats arabes unis) n’était infecté par le coronavirus. À noter que tous les Libanais rapatriés dans le cadre de ce mécanisme ont été testés à leur arrivée sur le territoire libanais. M. Hassan a toutefois appelé les voyageurs à respecter les consignes portant sur les conditions requises avant de quitter les hôtels où ils ont été logés par précaution.

Les voyageurs en provenance des pays africains n’ont pas eu accès au test PCR du Covid-19 avant d’embarquer pour Beyrouth. Dans certains pays d’Afrique, les autorités refusent le débarquement des équipes médicales libanaises et ne permettent l’accès aux tests qu’avec parcimonie. « Aucune des 119 personnes en provenance de Kinshasa (vol ME574 en partance aujourd’hui de la République démocratique du Congo à 14h25 pour une arrivée à Beyrouth à 23h25) n’a pu effectuer le test avant l’embarquement », indique l’ambassadeur du Liban en RDC, Haytham Ibrahim, à L’Orient-Le Jour. « Les autorités congolaises ne disposent pas d’assez de tests et les gardent pour ceux qui ont des symptômes avérés. La RDC n’a pas non plus accepté le débarquement des équipes médicales libanaises pour effectuer des tests avant le décollage », ajoute-t-il. Situation identique pour le Nigeria lors du vol qui a eu lieu dimanche. Interrogé par L’Orient-Le Jour sur le retard de plusieurs heures affiché dimanche pour ce vol en provenance de Lagos, l’ambassadeur du Liban au Nigeria, Houssam Diab, a indiqué que ce délai était dû aux procédures adoptées par les autorités locales. « Il s’agit d’un problème technique. Les contrôleurs de l’aéroport n’avaient pas obtenu l’autorisation de la part des autorités nigérianes pour l’embarquement. La MEA m’a alors contacté et nous avons réglé la situation avec l’aide du ministère des Affaires étrangères », explique M. Diab à L’OLJ. Il dit ne pas avoir été notifié de la tenue d’un autre vol.


(Lire aussi : Décongestionner les prisons pour éviter la propagation du virus, tout en préservant la sécurité publique)


La MEA critiquée

Le vol ME212 partira aujourd’hui de Paris à 12h10, heure locale, pour atterrir à Beyrouth à 17h25. Le vol ME242 décollera de Madrid à 14h45 pour rallier l’AIB à 20h25. Le vol ME268 est prévu au départ d’Istanbul à 17h15, pour arriver à Beyrouth à 19h. Tout comme les voyageurs qui les avaient précédés dimanche, les nouveaux arrivants ont dû débourser de grosses sommes d’argent afin d’effectuer un aller simple vers Beyrouth, à bord de la Middle East Airlines (MEA). Le prix du billet à partir de la Turquie s’est élevé à 500 dollars en classe économique et à 1 000 dollars en classe affaires. Pour les vols en provenance d’Europe, le billet d’avion en classe économique a été fixé à 1 100 euros, contre 2 200 euros pour la classe affaires. Pour le vol au départ de Kinshasa, les expatriés libanais ont dû débourser 1 800 dollars pour un billet en classe économique et 3 900 dollars pour un billet en classe affaires.

Dimanche, le prix des billets des quatre premiers vols à avoir atterri au Liban avait déjà été jugé par certains exorbitant, poussant de nombreuses familles à finalement choisir de rester dans leur pays d’expatriation. Depuis, la MEA est sous le feu des critiques. La compagnie s’est défendue hier, par le biais de son président, Mohammad el-Hout, qui a assuré que la MEA ne faisait pas de bénéfices sur ces vols. « La MEA est une société commerciale qui n’appartient pas à l’État (…). Nous ne sommes pas en mesure d’aider les Libanais de l’étranger qui souhaitent revenir car notre priorité est la viabilité de la société et de ses employés », a déclaré le PDG lors d’une conférence de presse. « Nous ne gagnons pas d’argent sur ces vols », a-t-il assuré, tout en indiquant que le plan de rapatriement allait coûter 20 millions de dollars à la compagnie, qui a cependant annoncé qu’elle faisait une réduction de 50 % pour les étudiants désirant être rapatriés. Pour sa part, la vice-présidente de la Fondation humanitaire al-Walid ben Talal, Leila Solh-Hamadé, a informé le ministre des Affaires étrangères Nassif Hitti que la fondation prendrait en charge trois vols de rapatriement pour les étudiants libanais se trouvant en France, en Italie et en Espagne.


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Après le rapatriement dimanche d’environ 400 personnes en provenance d’Afrique et du Golfe, quatre avions sont attendus aujourd’hui à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), en provenance de Paris, Madrid, Kinshasa et Istanbul, dans le cadre de la deuxième phase du processus. Le gouvernement avait averti que les premiers vols de rapatriement organisés dimanche feraient office de...

commentaires (4)

On est content et on souhaite que tous les rapatriés soient indemnes de ce mal. Mais, d'un autre côté , on n'est pas content que le confinement du pays perdure jusqu'à la fin des rapatriements qui dureront des mois si l'on se fie aux chiffres des demandeurs de rapatriements dépassant les vingt mille. D'ailleurs, le refus et l'agitation se font sentir parmi ceux qui ne peuvent subvenir à leurs besoins matériels sans travailler. La logique de prolonger le confinement jusqu'à terminer les rapatriements est dangereuse et ne pourra pas persister.

Esber

10 h 03, le 07 avril 2020

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Commentaires (4)

  • On est content et on souhaite que tous les rapatriés soient indemnes de ce mal. Mais, d'un autre côté , on n'est pas content que le confinement du pays perdure jusqu'à la fin des rapatriements qui dureront des mois si l'on se fie aux chiffres des demandeurs de rapatriements dépassant les vingt mille. D'ailleurs, le refus et l'agitation se font sentir parmi ceux qui ne peuvent subvenir à leurs besoins matériels sans travailler. La logique de prolonger le confinement jusqu'à terminer les rapatriements est dangereuse et ne pourra pas persister.

    Esber

    10 h 03, le 07 avril 2020

  • C,EST CA LE LIBAN. POUR CERTAINS ABRUTIS ON DEPECHE DES VOLS SPECIAUX. POUR LE COMMUN DES LIBANAIS, MEME EN PERIODE DE CRISE DU FLEAU, ILS ONT OU A PAYER DES SOMMES EXORBITANTES OU A RESTER SUR PLACE DANS LES PAYS D,ACCUEIL. L,ABERRATION EST DE TAILLE !

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    09 h 37, le 07 avril 2020

  • Je pense en effet que la MEA ne doit pas faire de bénéf là-dessus sans compter les pertes dues à l'arrêt des vols commerciaux depuis l'AIB. Un avion qui part vide et revient à moitié plein, avec un siège inoccupé sur deux, ça coûte bézéf. Stop les polémiques, pas le moment, gardons-les au chaud pour quand nous serons sortis de ce merdier.

    Marionet

    09 h 34, le 07 avril 2020

  • Quand même, et après les remerciements qui se doivent à tous ceux qui ont contribués à ce rapatriement, une bonne, mais du coup, triste nouvelle : Les frères syriens réfugiés au Liban voient un gouvernement et un peuple tout faire pour ramener des concitoyens au pays, alors que eux ne peuvent même pas traverser cette ligne virtuelle qui les séparent de leurs villages, villes et terrains car ceux là même qui doivent les ramener les rejettent. Malgré tout, qu'il est bon d'être libanais...bien sûr on pourrait être beaucoup mieux...bof on en parlera une autre fois autour d'un masque et des gants!

    Wlek Sanferlou

    01 h 22, le 07 avril 2020

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