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Éclairage

Diab va-t-il réussir à faire prévaloir son autonomie ?

Le Premier ministre Hassane Diab a-t-il commis un faux pas en se déchaînant contre le courant du Futur et son chef, Saad Hariri, alors qu’il se gardait depuis sa désignation de réagir aux nombreuses critiques qui lui étaient adressées ? Dans les milieux de l’opposition, on tend à répondre par l’affirmative à cette question. Et pour cause : non seulement le chef du gouvernement ne peut pas attribuer seulement à son prédécesseur la responsabilité de ce qu’il considère être une campagne contre lui, mais en ce faisant, il a montré qu’il appartient au camp des détracteurs de Saad Hariri, lorsqu’il a accusé ce dernier de « monter les pays amis et frères contre le Liban pour les empêcher de lui venir en aide et de mener campagne contre lui auprès des pays arabes pour compromettre la tournée qu’il envisage d’effectuer », estime-t-on dans ces milieux.

Ce faux pas, s’il s’agit bien de cela, va dans le sens de ceux qui considèrent que le gouvernement est soumis au Hezbollah, à partir du moment où le Premier ministre a employé une terminologie propre aux adversaires politiques de Saad Hariri. Le courant du Futur s’était d’ailleurs empressé de relever que M. Diab « a rejoint l’orchestre de ceux qui font assumer à son chef ainsi qu’à son fondateur, Rafic Hariri, soit au “haririsme politique” la responsabilité de l’effondrement économique et financier du Liban ».

Pour sa malchance, Hassane Diab s’est lancé dans sa diatribe contre Hariri le jour même où le numéro 2 de la formation chiite, Naïm Kassem, a choisi de faire part de l’opposition de celle-ci à un plan de sauvetage qui serait inspiré des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), lequel vient d’achever une mission d’assistance technique au Liban. Naïm Kassem avait annoncé sans détours qu’il appartient au seul gouvernement d’établir ce plan, en fonction des besoins et des exigences du pays, ce qui a été immédiatement traduit, dans les milieux de l’opposition, comme un avertissement à peine voilé au gouvernement.



(Lire aussi : Face au Hezbollah et à l’Iran, Washington n’exclut pas de passer à la vitesse supérieure)



Depuis qu’il a annoncé la composition de son équipe, Hassane Diab n’a pas réussi à convaincre de nombreux Libanais, mais aussi l’étranger, que le centre de décision de son gouvernement se trouve au Sérail et non pas dans la banlieue sud de Beyrouth. La gestion de l’affaire du coronavirus, avec les trois cas de maladie confirmés de voyageurs venant d’Iran, a donné à ses détracteurs du grain à moudre pour soutenir leur raisonnement. Alors que tous les États frontaliers de l’Iran ont décidé de fermer à titre provisoire leurs frontières avec ce pays, le temps que la pandémie s’estompe, les autorités libanaises se sont contentées de « limiter » les vols vers les pays affectés par le virus, dont l’Iran, exposant ainsi le Liban qui n’est pas vraiment bien préparé pour gérer une pandémie aussi grave.

Pour certains observateurs, le Hezbollah, même s’il se défend de contrôler le gouvernement, joue aujourd’hui sa survie face à l’exacerbation des pressions exercées sur lui et l’Iran, à travers les sanctions américaines qui continuent d’aller crescendo. Alors que dans les coulisses de la diplomatie, on répète qu’un nouvel ensemble de sanctions est prévu le mois prochain contre des compagnies, institutions et individus soupçonnés de financer le parti chiite, celui-ci prépare sa défense en resserrant son emprise sur le Liban, indifférent aux conséquences d’une telle épreuve de force avec Washington, au moment où le pays traverse la crise économique et financière la plus grave de son histoire. C’est dans ce cadre qu’il faut situer son opposition à une intervention du FMI, dans lequel il voit un instrument des États-Unis, au moment où de sources diplomatiques occidentales, on indique que la France a conseillé au Liban, via les canaux diplomatiques, de coopérer avec le FMI pour l’élaboration d’un plan de redressement.

Un durcissement du Hezbollah à ce niveau est cependant de nature à barrer la voie aux aides que le gouvernement souhaite obtenir de la communauté internationale pour empêcher un effondrement du pays, en confortant la conviction des bailleurs de fonds arabes et occidentaux selon laquelle le Liban est soumis à l’influence iranienne via ce parti.

Selon des sources diplomatiques occidentales, la clé d’un déblocage de l’assistance internationale reste à Washington. Les bailleurs de fonds, dont les États-Unis, attendent donc que le gouvernement montre une volonté réelle d’opérer des réformes radicales et une autonomie véritable par rapport aux forces politiques qui essaient de lui dicter sa politique en fonction de leurs propres intérêts. C’est à ce moment-là que le « la », pour le déblocage de l’aide, devrait être donné par Washington.



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commentaires (2)

LAISSEZ-MOI RIRE ! AUTONOMIE EN QUOI ET DANS QUOI ? IL A LES POINGS ET LES PIEDS LIES HEZBIQUEMENT, AMALEMENT ET GENDRISSIMALEMENT D,AVANCE. LE PAUVRE. JE LE PLAINS. IL VA FINIR MAL.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

13 h 11, le 28 février 2020

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Commentaires (2)

  • LAISSEZ-MOI RIRE ! AUTONOMIE EN QUOI ET DANS QUOI ? IL A LES POINGS ET LES PIEDS LIES HEZBIQUEMENT, AMALEMENT ET GENDRISSIMALEMENT D,AVANCE. LE PAUVRE. JE LE PLAINS. IL VA FINIR MAL.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 11, le 28 février 2020

  • Qui donc a "monté les pays amis et frères contre le Liban pour les empêcher de lui venir en aide", sinon Hassan Diab lui-même en faisant cadeau d'un gouvernement clefs en main au Hezbollah, honni par ces mêmes "pays amis et frères", sans exception?

    Yves Prevost

    06 h 49, le 28 février 2020