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Droits humains : une avocate yéménite remporte le prix Martin Ennals

AFP
19/02/2020

Le prix Martin Ennals 2020, qualifié par certains de Prix Nobel des droits humains, a été décerné mercredi à l'avocate yéménite Huda Al-Sarari, qui dénonce l'existence de prisons secrètes dans son pays.

Ce prix, créé en 1993, est attribué conjointement par dix des plus importantes organisations internationales des droits de l'Homme, dont Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Commission internationale des juristes.

"Recevoir le Prix Martin Ennals 2020 pour les défenseurs des droits humains signifie tout pour moi. Cela me donne une grande force et m'encourage à poursuivre ce combat pour la justice", a déclaré Huda Al-Sarari, citée dans un communiqué. "Je suis persuadée que le Prix jouera un rôle extrêmement important en permettant d'attirer l'attention sur le sort des victimes de détentions arbitraires, d'abus et de torture au Yémen", a-t-elle ajouté.

Au Yémen, où le conflit fait rage depuis 2015 entre rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et une coalition dirigée par l'Arabie Saoudite, Huda Al-Sarari a enquêté et dénoncé "les disparitions survenues dans des prisons secrètes gérées par des gouvernements étrangers au Yémen, où des milliers d'hommes et de garçons ont souffert de détention arbitraire", ont indiqué les organisateurs du prix, doté de 50.000 francs suisses (47.000 euros). Selon le communiqué, elle a recueilli des preuves sur plus de 250 cas d'abus commis dans ces prisons. "Malgré les menaces, les campagnes de diffamation et les sacrifices qu'elle et sa famille ont subis, elle continue à se battre aux côtés des familles des disparus", ont relevé les organisateurs.

Pour la première fois dans l'histoire du Prix, qui porte le nom du premier secrétaire général d'Amnesty International, les trois finalistes étaient des femmes, les deux autres étant Sizani Ngubane, une militante sud-africaine pour les droits des femmes, et Norma Librada Ledezma, une Mexicaine qui lutte contre les féminicides.

"Il est extrêmement difficile d'être un défenseur des droits humains au Yémen, et cela est encore plus difficile pour une femme. Dans une société dominée par les hommes, je dois faire mes preuves peut-être dix fois plus qu'un homme", a expliqué Huda Al-Sarari.

Le président du jury, Hans Thoolen, a quant à lui déclaré dans le communiqué: "Nous félicitons Huda pour le travail qu'elle a mené, non seulement dans le contexte de la guerre civile actuelle au Yémen, mais aussi dans un pays où les femmes luttent encore pour jouir de leurs droits civils et politiques".

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