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France : l'ex-ministre Ségolène Royal dans le viseur de la justice


AFP
15/01/2020

L'ex-ministre française Ségolène Royal, qui devrait être démise prochainement de son poste d'ambassadrice des Pôles après ses critiques de l'exécutif, est aussi dans le viseur de la justice avec une enquête préliminaire ouverte sur l'usage fait des moyens mis à sa disposition.

Le parquet national financier a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire concernant l'usage qu'elle aurait fait des moyens mis à sa disposition en tant qu'ambassadrice des pôles (une enveloppe de 100.000 euros et trois collaborateurs), depuis sa nomination à ce poste par le président français Emmanuel Macron en 2017. Cette enquête a été ouverte en novembre 2019, a précisé mercredi soir le parquet national financier.

"Cette enquête est parfaitement légitime dans une démocratie où la transparence sur l'utilisation des fonds publics est de rigueur", a réagi Mme Royal sur sa page Facebook. Elle publie également sur Facebook une lettre dans laquelle sa maison d'édition, Fayard, affirme avoir pris en charge tous les frais afférant à la promotion de l'ouvrage, notamment les déplacements de collaborateurs dont les noms sont effacés. "Pas un seul euro du ministère n'a été utilisé pour ces dédicaces", assure-t-elle. "Je n'ai pas d'enveloppe de 100.000 EUR à ma disposition que je pourrai utiliser à ma guise comme le répètent certains médias depuis deux mois pour choquer", affirme également Mme Royal. "Toute dépense de la mission (...) fait l'objet d'un double contrôle au sein du ministère : le Service des missions d'une part et le contrôle financier d'autre part", assure-t-elle. Selon elle, le montant de ses dépenses de fonctionnement en 2018, "prises en charge directement par le ministère pour les 4 personnes de la mission, est de 41.576 EUR", et de "50.207 EUR" pour 2019.

Fin 2019, une enquête du média Franceinfo l'avait mise en cause, en affirmant qu'elle utilisait ces moyens à des fins personnelles, notamment la promotion d'un de ses livres.

Depuis plusieurs semaines, cette figure du socialisme en France ne mâche pas ses mots contre la politique du gouvernement, notamment l'actuel projet controversé de réforme des retraites, fustigeant à ce sujet "l'ego machiste de l'exécutif".

Son ministère de tutelle a fini par lui envoyer une lettre le 7 janvier (qu'elle-même a publiée sur Facebook mardi), la rappelant à son "devoir de réserve" et la sommant de mettre un terme à ses critiques, faute de quoi elle perdrait sa fonction d'ambassadrice des pôles.
Réaction de l'intéressée : puisqu'elle n'a aucune intention de se taire, c'est donc que le gouvernement a déjà décidé de son "licenciement".


"Acharnement" 
"Je comprends par cette lettre que le Président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain conseil des ministres puisque je n'ai pas l'intention de renoncer à ma liberté d'opinion et d'expression garantis par la Constitution", a-elle prévenu mardi sur Facebook. Elle sera "vraisemblablement" démise de ses fonctions lors du Conseil des ministres du vendredi 24 janvier, a appris l'AFP de source proche de l'exécutif.

"Nous avons demandé à Mme Royal quelle était sa position sur (sa) nécessaire obligation de réserve et le respect qu'elle doit à cette obligation de réserve. Elle fera sans doute valoir ses observations et nous aurons l'occasion de prendre une décision, après avoir lu et réfléchi à ses observations", a affirmé le Premier ministre français Edouard Philippe mercredi, à la sortie d'un séminaire gouvernemental. "Un ambassadeur, c'est fait pour faire de la diplomatie. En la matière, je pense que la clarté sera utile. La diplomatie, c'est une mission, la politique c'en est une autre", a insisté le chef du gouvernement.

"Il n'y a du point de vue judiciaire, aucun règlement de compte politique", a assuré la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Mais selon Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime (socialistes et apparentés), proche de Mme Royal, "ça ressemble à une forme d'acharnement du gouvernement qui a peur de sa liberté de parole". Il estime que "le gouvernement a inventé un devoir de réserve XXL" pour l'ancienne ministre.

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