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Moyen Orient et Monde

Trêve prolongée en Libye malgré le refus de Haftar de signer le cessez-le-feu

Conflit

Conférence internationale à Berlin dimanche prochain.

OLJ
15/01/2020

Les efforts de la communauté internationale pour trouver une issue au conflit libyen se sont intensifiés hier, Moscou parlant d’une trêve prolongée de manière « indéfinie » entre les belligérants et Berlin annonçant la tenue dimanche d’une conférence internationale.

Ces négociations ont été menées à Moscou entre les deux chefs rivaux libyens même si l’un d’eux, le maréchal Haftar, a refusé de signer l’accord dans l’immédiat. Selon Moscou, l’homme fort de l’Est libyen, qui tente sans succès depuis neuf mois de prendre la capitale Tripoli par les armes, a besoin de « deux jours » supplémentaires pour étudier le document et en discuter avec les tribus qui lui sont alliées. Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement reconnu par l’ONU (GNA), l’a, lui, signé lundi soir.

« Le principal résultat de la réunion a été la conclusion d’un accord de principe entre les belligérants pour maintenir et prolonger indéfiniment la cessation des hostilités », a affirmé le ministère russe de la Défense. Et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré poursuivre les « efforts » avec Ankara en vue d’un accord formel.

Erdogan menace

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est fait plus menaçant, prévenant qu’il n’hésiterait pas à « infliger une leçon » au maréchal Haftar si ce dernier reprenait son offensive contre le GNA.

Les rivaux libyens ne se sont pas rencontrés lundi lors des pourparlers à Moscou, mais ont négocié via les ministres russes et turcs de la Défense et des Affaires étrangères.

Une trêve est en vigueur depuis dimanche à la suite d’une initiative, le 8 janvier, du président russe Vladimir Poutine et de M. Erdogan, mais ses modalités devaient être signées formellement à Moscou.

Outre un cessez-le-feu, le projet d’accord prône « la normalisation de la vie quotidienne à Tripoli et dans les autres villes » et l’accès et la distribution « en toute sécurité » de l’aide humanitaire.

Ankara soutient M. Sarraj et déploie même pour ce faire des militaires tandis que Moscou, malgré ses dénégations, est soupçonné d’appuyer le maréchal Haftar avec des armes, de l’argent et des mercenaires.

Sur le terrain, la tension restait vive. Peu après minuit dimanche, des tirs d’artillerie lourde ont été entendus dans la banlieue sud de la capitale avant qu’un calme relatif revienne. Les forces du GNA ont indiqué lundi soir avoir repéré des « mouvements de troupes et un déploiement » de forces supplémentaires pro-Haftar au sud de la capitale, selon leur porte-parole Mohammad Gnounou. Sur une de leurs pages Facebook, les pro-Haftar ont affirmé hier qu’ils étaient « prêts et déterminés à obtenir la victoire », sans autre détail.

Conférence internationale

Pour poursuivre les efforts diplomatiques visant à parvenir à une résolution du conflit, une conférence internationale sur la Libye sera organisée dimanche à Berlin sous l’égide de l’ONU, a confirmé le gouvernement allemand hier.

Plusieurs pays y seront représentés, dont la Russie, la Turquie, les États-Unis, la Chine ou encore l’Italie et la France, mais un doute plane encore sur la participation du maréchal Haftar et de Fayez el-Sarraj, tous deux invités, mais dont la présence n’est pas à ce stade confirmée. Cette rencontre, qui se déroulera à la chancellerie allemande, entre dans le cadre du processus engagé par l’ONU pour parvenir à une « Libye souveraine » et pour soutenir « les efforts de réconciliation à l’intérieur de la Libye » même, a indiqué le gouvernement allemand dans un communiqué. Elle aura notamment pour objectif d’aider la Libye à « régler ses problèmes sans influences étrangères » et à « réduire les interventions extérieures », décrypte une source proche des discussions. Car entre l’arrivée sur le terrain libyen de la Turquie, la présence suspectée de mercenaires russes, l’existence d’une multitude de groupes armés – notamment des milices jihadistes – et celle de trafiquants d’armes et de passeurs de migrants, la communauté internationale craint de voir le conflit libyen dégénérer. L’UE redoute en particulier que la Libye ne devienne une « seconde Syrie » et veut réduire la pression migratoire à ses frontières. Pour Moscou, les Occidentaux sont responsables du conflit en Libye car ils ont soutenu militairement les rebelles qui ont renversé et tué le colonel Mouammar Kadhafi en 2011. La Russie comme la Turquie ont des visées économiques en Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole.

Source : AFP

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