Festival

Le BAFF poursuit sa balade dans les universités

Le Festival du film d’art de Beyrouth n’a pas baissé les bras cette saison et n’a pas annulé ses activités. En dépit de tout, il a lancé un premier programme à l’AUB et il a redémarré le 7 janvier – avec « Io Leonardo », de Jesus Garces Lambert – une seconde programmation qui dure jusqu’au 17 janvier à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA).

Dans l’intimité de Hitchcock. Photo DR

Depuis sa création, il y a cinq ans, c’est la première fois que le Beirut Art Film Festival (BAFF) quitte les salles de cinéma d’Achrafieh pour investir les auditoriums des universités. « Placée sous le signe du changement, cette 5e édition a décidé de privilégier ses activités exclusivement dans les universités et les centres culturels pour aller au plus près de son public, la jeunesse », avait souligné la fondatrice du Festival du film d’art de Beyrouth, Alice Mogabgab Karam, lors d’une conférence de presse tenue en octobre. « En partenariat avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, elle va auprès du jeune public dans toutes les écoles au Liban, publiques et privées. » De même, de nombreuses projections sont programmées dans les 16 centres culturels des régions, jetant ainsi un grand pont culturel entre les Libanais, du Nord au Sud, d’Est en Ouest.

Le BAFF, fondé par Alice Mogabgab et une équipe de passionnés, est demeuré fidèle, dès le début, à des spectateurs devenus avec le temps des aficionados qui attendent la programmation avec une grande curiosité. Cette année donc, et malgré les circonstances difficiles, le festival était au rendez-vous, mais sous une autre forme. C’est aujourd’hui, à l’auditorium de l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), que douze nouveaux films sont programmés, auxquels se surajoutent six anciens projetés déjà il y a un mois à l’Université américaine de Beyrouth. Le tout sera donc à l’affiche jusqu’au 17 janvier, et l’entrée est libre.

De plus, le BAFF se déplace comme convenu dans tout le Liban et une programmation est prévue durant cette période au Azm Cultural Center, Beit el-Fan (Tripoli) ; au Montada (dans le Hermel) ; à la Maison des jeunes et de la culture (Zouk Mikaël) ; au Centre culturel de Tebnine (Liban-Sud) et à l’hôtel Palmyra (Baalbeck). Au programme donc, des films comme Coming Back to Life (un film sur la tour Murr), suivi de Maguy Marin, L’urgence d’agir, un regard sur la danse, projetés ce jeudi 9 janvier au soir. À l’affiche demain vendredi 10 : Red !Art in Soviet Lands (l’art en période stalinienne) ainsi que Yan Pei-Ming Superstar (parcours de l’artiste contemporain Ming) Le jeudi 16, sont prévus : Saving Egypt’s Temples, suivi de Mario Botta, the Space Beyond et le vendredi 17, Rembrandt the Late Works et Le Dernier Monet, les nymphéas et l’Amérique. L’OLJ fait l’éclairage sur trois soirées spéciales.


(Lire aussi : Pourquoi faut-il aller au cinéma, encore (et toujours), en 2020 ?)



Lundi 13 janvier

19h : Vertigine de Nathalie Rosseti (7min, français, italien, anglais, 2019) Le poème Vertigine de Giovanni Pascoli inspire une correspondance avec les films d’Alfred Hitchcock. Travail poétique basé sur des archives, qui remet en question la perte de l’équilibre humain.

19h10 : Hitchcock Confidential de Laurent Herbiet (52min, anglais, 2019)

Un portrait d’Alfred Hitchcock à travers le regard intime, doux et critique de sa femme et collaboratrice, Alma Reville, mais aussi à travers celui de son biographe Patrick McGilligan, ainsi que les souvenirs de Pat O’Connell Hitchcock, la fille d’Alma et d’Alfred.


Mardi 14 janvier

19h :The Great Buster, a Celebration, de Peter Bogdanovich (102min, anglais, 2018)

Le film de Peter Bogdanovich célèbre la vie et la carrière de l’un des cinéastes et comédiens les plus influents et les plus célèbres d’Amérique, Buster Keaton, dont le style singulier et la production fertile durant l’ère silencieuse ont créé l’héritage de ce véritable artiste visionnaire. Le film du cinéaste et historien du cinéma américaine est rempli de films d’archives incroyablement restaurés, de la collection Keaton de la bibliothèque Cohen Film Classics. 20h50 : The Man Who Invented America, de Jean Christophe Klotz (52min, anglais, 2019) John Ford, le réalisateur qui a remporté le plus grand nombre d’oscars (il en a glané 4), a contribué à créer la légende de l’Ouest américain au cours d’une carrière qui a duré plus de cinquante ans et près de 150 films – Stagecoach (1939), The Grapes of Wrath (1940), The Battle of Midway (1942), The Man Who Shot Liberty Valance (1962), Cheyenne Autumn (1964) – pour n’en nommer que quelques-uns. Donnant vie aux mythes et héros fondateurs de l’Amérique, aux rêves et aux désillusions, il a contribué à forger la légende de la nation, capturant l’âme américaine comme personne ne l’a jamais fait ou ne le fera jamais. Ce film dresse un portrait du cinéaste et explore les nombreux échos entre ses œuvres et les turbulences que l’Amérique traverse actuellement.


Mercredi 15 janvier 19h 

Dora Maar de Marie-Eve De Grave, (52min, français, 2019). Plongez au cœur de l’œuvre photographique et picturale de Dora Maar avec ce film qui retrace le parcours fulgurant d’une personnalité hors norme, redonnant à « la femme qui pleure » ses contours et son identité. Libérée, l’œuvre s’impose à nous, incontournable et singulière, dévoilant une artiste totale, complètement immergée dans son époque, ainsi qu’une femme aux multiples facettes, en quête de vérité et d’absolu. Car Dora Maar était plus que la muse de Picasso. À découvrir. 20h : Munch in Hell, de Stig Andersen (74min, anglais, 2018). Le film se penche sur la vie d’Edvard Munch et enquête sur les mauvais traitements auxquels il a été exposé. Considéré comme l’un des peintres les plus importants de l’histoire de l’art, Munch est encore aujourd’hui très peu salué dans son propre pays. L’artiste a laissé de nombreuses notes, lettres, œuvres littéraires et même des ébauches pour une autobiographie. Cela nous permet d’avoir un aperçu de ses pensées privées et de ses propres réactions aux scandales publics et aux harcèlements bureaucratiques qu’il a subis. Munch in Hell permettra au peintre de raconter l’histoire avec ses propres mots tout en révélant également un autre aspect de sa vie et de son caractère. Munch était également un homme plein d’esprit, pratique et déterminé, qui était même dans l’agriculture écologique.Stig Andersen est titulaire d’un master en histoire de l’art de l’Université d’Oslo.

Il a travaillé au musée Munch à Oslo, enregistrant l’art graphique d’Edvard Munch. Depuis 1979, il est réalisateur de documentaires. Une partie substantielle de ses films se concentre sur des sujets liés à l’art, comme Scream et Madonna (2008) sur le vol de certaines peintures mondialement connues du musée Munch à Oslo.


Pour mémoire

Le Beirut Art Film Festival, un regard porté sur des lendemains meilleurs


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