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Culture - Berlinale

Marie-Rose Osta, un Ours d'or pour rappeler que « les enfants du Liban et de Gaza ne sont pas négociables »

Récompensée du prix du meilleur court métrage pour « Yawman ma Walad/Someday a Child », la réalisatrice libanaise a prononcé un discours engagé et très applaudi en recevant son prix, lors de la cérémonie de clôture de la Berlinale.

Marie-Rose Osta, un Ours d'or pour rappeler que « les enfants du Liban et de Gaza ne sont pas négociables »

Marie-Rose Osta fière d'avoir décroché l'Ours d'or du meilleur court-métrage de la Berlinale 2026. Photo Richard Hübner/Berlinale 2026

On l’espérait, Marie-Rose Osta l’a fait ! En décrochant l’Ours d’or du meilleur court métrage pour Yawman ma Walad/Someday a Child, la jeune cinéaste a porté au palmarès de cette 76ᵉ édition de la Berlinale, particulièrement traversée par les tensions politiques liées au conflit israélo-palestinien, non seulement le cinéma du Liban mais aussi son actualité brûlante.

« Merci à la Berlinale, ce haut lieu de visibilité du cinéma auquel je tenais à participer, par refus que soient soustraites nos voix indépendantes. Merci pour cette reconnaissance qui compte pour moi. Merci pour ce prix qui signifie à mes yeux que les enfants du Liban et de Gaza ne sont pas négociables », a déclaré Marie-Rose Osta depuis la tribune en recevant son Ours d’or.

Remuée par des sentiments contradictoires, la jeune femme a exprimé à la fois son bonheur de recevoir cette prestigieuse récompense, « cet ours super mignon qui va changer mon parcours », dira-t-elle, et son ressenti d’« être humain, de Libanaise qui veut témoigner et partager son histoire ».


« J’ai fait un film sur un enfant doté de superpouvoirs qui provoque le crash de deux avions de guerre israéliens dont le bruit assourdissant l’empêchait de dormir. Mais ça c'est du cinéma. Dans la réalité, les enfants de Gaza et du Liban n’ont pas de superpouvoirs pour les protéger des bombardements israéliens qui pleuvent sur eux depuis deux ans », lance-t-elle à un auditoire qui accueille ses propos par des applaudissements à tout rompre.


« Rien qu’hier, quatre enfants sont morts au Liban des suites des bombardements israéliens, qui se poursuivent en dépit des cessez-le-feu. Aucun enfant ne devrait avoir besoin de superpouvoirs pour survivre à un génocide engendré par le droit de veto et l’effondrement du droit international », a-t-elle conclu son discours d’une voix bouleversée par l’émotion.

Une fable magique aux accents néo-réalistes

Au lendemain de la cérémonie de clôture de la Berlinale, c’est encore sous l’emprise de l’émotion que la réalisatrice primée a confié à L’Orient-Le Jour son ressenti.

« C’est une phase qui vient de se clôturer d’une très belle façon. J’allais à la cérémonie sans m’attendre à remporter un prix. Je voulais juste porter ma voix, faire entendre ma version à une audience pas nécessairement acquise. La façon dont l’auditoire du festival de Berlin a reçu mon œuvre et mon discours m’a confirmé dans ma conviction qu’il est nécessaire de dire les choses », rapporte Marie-Rose Osta.

La scénariste et réalisatrice libanaise Marie-Rose Osta prononçant sont discours lors de la cérémonie de remise des prix de la 76e Berlinale, Photo AFP
La scénariste et réalisatrice libanaise Marie-Rose Osta prononçant sont discours lors de la cérémonie de remise des prix de la 76e Berlinale, Photo AFP


En lui remettant son prix, le cinéaste syrien Amir Fakhreddine lui a révélé que le jury de la Berlinale Short avait été sensible à la profondeur de son film qui, sous la forme brève d’une fable magique, de cet univers de l’enfance propulsé dans le monde adulte, parvient à aborder des sujets durs et complexes d’une manière prenante et fluide proche du néo-réalisme.

« Cela me confirme que mon message est passé. Certes, je suis consciente que le cinéma ne peut pas changer le monde. Mais je persiste à vouloir dire les choses. En espérant, malgré tout, que nos voix puissent toucher les cœurs et éveiller la solidarité (…) Pour ma part, je suis en paix avec ma conscience et heureuse que le monde vibre encore avec le genre de cinéma que j’aime. »

L’Ours d’or du meilleur film pour « Yellow Letters » d’Ilker Catak

L’Ours d’or du meilleur film de la Berlinale 2026 a été décerné samedi à Yellow Letters du réalisateur allemand Ilker Catak, qui raconte le destin d’un metteur en scène turc et de sa femme actrice soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.

Tourné en Allemagne dans une coproduction avec la Turquie et la France, le film a remporté la récompense ultime au bout d’une cérémonie marquée, comme le festival, par le conflit au Proche-Orient et le rôle politique du cinéma.

L’atmosphère s’est tendue quand le réalisateur syro-palestinien Abdallah al-Khatib, lauréat du meilleur premier film avec Chronicles From the Siege, a accusé le gouvernement allemand d’être « complice du génocide commis à Gaza par Israël ».

Aux cris de « Free Palestine » (Libérez la Palestine), un spectateur a répondu « Free Palestine from Hamas » (Libérez la Palestine du Hamas).

Lauréat de l’Ours d’argent - Grand prix du jury, qui récompense le deuxième meilleur film, avec Salvation, le réalisateur turc Emin Alper a évoqué trois conflits majeurs du Moyen-Orient, ainsi que la situation politique dans son pays.

« Les Palestiniens à Gaza, qui vivez et mourez dans les pires conditions, vous n’êtes pas seuls. Le peuple d’Iran, qui souffre sous la tyrannie, tu n’es pas seul. Et les Kurdes au Rojava (zone autonome kurde de Syrie, NDLR), qui luttent pour leurs droits depuis presque un siècle, vous n’êtes pas seuls. Et enfin, mon peuple, tu n’es pas seul », a-t-il déclaré sur scène.

Il a notamment rendu hommage au maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, opposant du président turc Recep Tayyip Erdogan, emprisonné depuis près d’un an et qui risque la prison à vie.

L’Allemande Sandra Hüller a remporté le prix de la meilleure performance d’acteur, hommes et femmes confondus, pour son rôle dans Rose : une femme dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle tentant d’échapper aux contraintes du patriarcat en se faisant passer pour un homme.

Le film Queen at Sea de l’Américain Lance Hammer repart avec deux récompenses, celle de l’Ours d’argent - Prix du jury (équivalent de la 3e place), et de meilleurs seconds rôles pour le duo formé par Anna Calder-Marshall et Tom Courtenay.

Le festival a connu une édition tourmentée après la réponse à une question du président du jury Wim Wenders lors de l’ouverture. « Nous devons rester en dehors de la politique », avait-il dit, interrogé sur le soutien de l’Allemagne à Israël malgré ses actions dans la bande de Gaza.

On l’espérait, Marie-Rose Osta l’a fait ! En décrochant l’Ours d’or du meilleur court métrage pour Yawman ma Walad/Someday a Child, la jeune cinéaste a porté au palmarès de cette 76ᵉ édition de la Berlinale, particulièrement traversée par les tensions politiques liées au conflit israélo-palestinien, non seulement le cinéma du Liban mais aussi son actualité brûlante.« Merci à la Berlinale, ce haut lieu de visibilité du cinéma auquel je tenais à participer, par refus que soient soustraites nos voix indépendantes. Merci pour cette reconnaissance qui compte pour moi. Merci pour ce prix qui signifie à mes yeux que les enfants du Liban et de Gaza ne sont pas négociables », a déclaré Marie-Rose Osta depuis la tribune en recevant son Ours d’or.Remuée par des sentiments contradictoires, la jeune femme a...
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Félicitations pour ce prix prestigieux

Charbel Moussalem

15 h 55, le 23 février 2026

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Commentaires (5)

  • Félicitations pour ce prix prestigieux

    Charbel Moussalem

    15 h 55, le 23 février 2026

  • Je respecte la compassion envers tous les enfants, que ce soit au Liban ou à Gaza. Mais il est temps d’arrêter de toujours lier la cause libanaise à celle de la Palestine. Le Liban a payé un prix immense pendant des décennies, en sang et en instabilité. Aujourd’hui, beaucoup de Libanais ressentent une fatigue légitime et souhaitent que chaque peuple puisse prendre en main son propre destin. Séparer les causes, ce n’est pas manquer d’humanité — c’est reconnaître la réalité et vouloir protéger l’avenir du Liban.

    William SEMAAN

    13 h 33, le 23 février 2026

  • Et les 30.000 Iraniens morts depuis quelques semaines, personne n'en parle ???? Cette équation m'intrigue vraiment. Mais vraiment.

    Oscar

    09 h 09, le 23 février 2026

  • Great!

    Marie Claude

    08 h 09, le 23 février 2026

  • Brillante, intelligente, talentueuse et un cœur en or. Tu iras loin mon amie

    Ashjian Andreas

    21 h 01, le 22 février 2026

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