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Focus

Pourquoi faut-il aller au cinéma, encore (et toujours), en 2020 ?

Les salles obscures, qui fonctionnent depuis des mois en mode ralenti, proposent de belles affiches actuellement, mais elles demeurent malheureusement vides. Il serait bien dommage de continuer à bouder les plaisirs du grand écran...

« 1917 », de Sam Mendes, primé meilleur film dramatique aux Golden Globes. Photo @ Universal Pictures

Mouvements contestataires, crise économique, fêtes de fin d’année, intempéries... Autant de facteurs qui ont sans doute contribué à vider les salles obscures libanaises ces derniers temps. Les spectateurs et amateurs du 7e art devraient pourtant continuer à aller, et en grand nombre, au cinéma ; à s’assouvir de films et se tremper de nouveau dans la culture cinématographique. Les raisons sont multiples, en voici quelques-unes :

- La première serait tout simplement par amour du 7e art et des salles obscures. C’est devant le grand écran que l’effet émotion est magnifié, exacerbé et amplifié parce que partagé avec des étrangers.

- Parce que les salles obscures sont aussi des espaces d’union et de rassemblement où des gens venus de toutes parts partagent leurs émotions, leurs soucis mais aussi essayent de trouver dans un film (peu importe lequel) une plateforme de réflexion.

- Parce que c’est toujours la culture qui accuse le coup dans les conflits, manifestations ou révolutions, c’est toujours elle qu’on abandonne et qu’on met de côté en premier, arguant qu’elle n’est pas primordiale, c’est elle la première victime alors qu’elle pourrait être un des axes de résistance d’un peuple en crise. Se rappeler à cet égard, lorsque la guerre au Liban a commencé en 75, comment les Libanais et les Libanaises n’ont plus pensé qu’aux moyens de survie (ce qui est très légitime d’ailleurs) et ont été en retard de plus de trente ans sur le monde contemporain.


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- Parce que si on abandonne les salles, les films n’y resteront pas longtemps. À peine le film est à l’affiche que la semaine suivante il a disparu. On peut ainsi avoir raté un délicieux film français comme Donne-moi des ailes qui a duré une petite semaine au circuit de l’ABC. - Pour sauver les salles qui risquent de fermer leurs portes, du moins réduire leurs effectifs, si elles sont trop longtemps désertées.

- Au final, il faut savoir que les films primés aux Golden Globes sont déjà en salle comme le 1917 de Sam Mendes, qui porte un autre regard sur la Première Guerre mondiale et dont la particularité est qu’il est entièrement filmé en un plan séquence relatant le déroulement d’une journée. Ou encore Parasite, de Bong Joon-ho, Palme d’or 2019, dont la sortie est prévue le 16 janvier. Les Misérables de Ladj Ly et Damien Bonnard, prix du jury au Festival de Cannes et un des films français à avoir été nommé aux Golden Globes cette année, devrait être en salle le 30 janvier. Il y a également des films libanais dont on attend la sortie depuis des mois, mais qui sont certainement retardés à cause de la situation. À citer par exemple Jidar es-saout d’Ahmad Ghossein, 1982 de Oualid Mouannès. Ou encore Yirbo b3izkon, comédie interprétée par Chadi Haddad et dont la sortie est prévue pour le 6 février. En attendant, retenons notre souffle, mais continuons à aller au cinéma. Pour le sauver. Pour nous sauver.


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