"On se réveille dans un monde plus dangereux" : Après la mort du général iranien Kassem Soleimani, tué par les États-Unis à Bagdad, de multiples voix, à travers la communauté internationale, ont plaidé pour la stabilité, exprimant leur profonde préoccupation quant aux conséquences de ce nouveau développement.
"Quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade", a estimé la France, par la voix d'Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, qui a ajouté que "l'escalade militaire (était) toujours dangereuse". "On se réveille dans un monde plus dangereux", a-t-elle également déclaré au micro de RTL.
Le général Soleimani, homme-clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient et chef de la Force al-Qods des gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique, a été tué, ainsi qu'un dirigeant irakien pro-iranien dans un raid américain à Bagdad, suscitant les appels à la "vengeance" de l'Iran et attisant les craintes d'un conflit ouvert entre Washington et Téhéran. Le président américain Donald Trump a lui-même donné l'ordre de "tuer" Soleimani, selon le Pentagone. La frappe américaine, qui intervient trois jours après une attaque inédite contre l'ambassade des États-Unis en Irak, a visé un convoi près de l'aéroport de Bagdad. Au moins neuf personnes ont été tuées.
"Tous les efforts que la France mène (...) dans toutes les régions du monde, c'est nous assurer que nous créons les conditions d'une paix en tout cas d'une stabilité", a poursuivi Amélie de Montchalin.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé l'Iran à éviter "une grave crise de prolifération nucléaire".
Lors d'un entretien téléphonique, le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine sont convenus de rester en "contact étroit" pour "éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions", selon l'Elysée. M. Poutine a estimé que l'assassinat de Kassem Soleimani risque de "sérieusement aggraver la situation" au Proche-Orient.
(Portrait : Soleimani, l’ombre iranienne qui planait sur le Moyen-Orient)
La Chine, l'Iran et la Russie ont tenu la semaine dernière des exercices navals conjoints dans l'océan Indien et le golfe d'Oman et le ministre iranien des Affaires étrangères s'est rendu à Pékin en début de semaine.
"L'assassinat de Soleimani (...) est un palier hasardeux qui va mener à l'accroissement des tensions dans la région", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences RIA Novosti et TASS. "Soleimani servait fidèlement les intérêts de l'Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien", a-t-il ajouté.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a appelé pour sa part "toutes les parties à la désescalade".
L'Allemagne a exprimé, elle, sa "grande inquiétude". "Nous sommes à un niveau dangereux d'escalade, et il est désormais important de contribuer à une désescalade avec prudence et retenue", a déclaré lors d'une conférence de presse une porte-parole de la chancellerie, Ulrike Demmer, appelant à la recherche de solutions "par la voie diplomatique".
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L'ambassade américaine à Bagdad a, dans ce contexte, appelé vendredi ses ressortissants à quitter l'Irak "immédiatement". L'ambassade de France en Iran a recommandé à ses ressortissants en Iran de se tenir l'écart de tout rassemblement. L'assassinat ciblé représente "une escalade dangereuse dans la violence", a, de son côté, déclaré la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi. "L'Amérique - et le monde - ne peuvent pas se permettre une escalade des tensions qui atteigne un point de non-retour", a ajouté Mme Pelosi dans un communiqué.
Le président iranien, Hassan Rohani a rapidement averti qu'"il n'y a aucun doute sur le fait que la grande nation d'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle pour cet horrible meurtre", dans un communiqué publié sur le site du gouvernement. "Tous les ennemis doivent savoir que le djihad de la résistance se poursuivra avec une motivation redoublée, et que la victoire finale attend les combattants de cette guerre sainte", a déclaré, de son côté, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a évoqué un "acte de terrorisme international des Etats-Unis".
Le président irakien Barham Saleh a, lui, appelé "tout le monde à la retenue". "Il faut désormais que "la voix de la raison et de la sagesse l'emporte dans l'intérêt national suprême", a-t-il plaidé.
Le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne, a pour sa part qualifié dans son sermon du vendredi d'"attaque injustifiée" l'assassinat de Kassem Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l'État irakien.
Le président libanais, Michel Aoun, a "condamné et présenté ses condoléances au président Rohani pour l"assassinat du général Soleimani".
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, leader du mouvement Amal qui forme avec le Hezbollah le "tandem chiite", a également présenté ses condoléances au guide suprême iranien, Ali Khamenei, au président iranien Hassan Rohani ainsi qu'au président du Parlement iranien, Ali Larijani. "Nous perdons un commandant de la résistance à l'occupation", a déclaré M. Berry dans son message de condoléances.
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a, lui, déclaré que venger le général Soleimani était la "responsabilité" de la résistance dans le monde entier.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a interrompu un voyage en Grèce pour revenir d'urgence dans son pays, a estimé que les Etats-Unis avaient le "droit" de "se défendre"."Kassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d'autres innocents et planifiait de nouvelles attaques", a-t-il assuré.
Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a condamné la frappe américaine contre "le martyr" Kassem Soleimani, "l'un des plus éminents chefs de guerre iraniens", la qualifiant de "crime américain qui accroît les tensions dans la région".
Le pouvoir syrien a, quant à lui, dénoncé la "lâche agression américaine", y voyant une "grave escalade" pour le Moyen-Orient, a rapporté l'agence officielle Sana. Dans une lettre adressée au guide suprême iranien Ali Khamenei, le président Bachar el-Assad a assuré que le soutien du général Soleimani à l'armée syrienne "ne sera pas oublié".
Les rebelles yéménites houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé par la voix de Mohammed Ali al-Houthi, un haut responsable de la direction politique des rebelles, à des "représailles rapides et directes".
"Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe", a estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a appelé "les dirigeants à faire preuve du maximum de retenue".
"L'OTAN surveille la situation dans la région de très près", a réagi de son côté un porte-parole de l'Alliance atlantique.
L'exacerbation des tensions entre les États-Unis et l'Iran en Irak s'inscrit dans le cadre du contentieux grandissant entre les deux ennemis sur le programme nucléaire iranien depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international conclu trois ans plus tôt entre Téhéran et cinq grandes puissances.
Je trouve le titre un peu exagéré. Dangereux pour qui mais surtout pourquoi? Un faiseur de paix vient de mourir? Pourquoi accorder tant d'importance à un homme qui n'a eu que des actes répréhensibles et condamnables par toute l'humanité. Ne donnez pas une excuse à HN de se sentir libre de ses actes au Liban à cause de la mort d'un iranien qui complotait avec lui pour la destruction de notre pays. Restons vigilants et concentrons-nous sur la suite des événements dramatiques qui terrassent notre pays. Si HN veut profiter de l'occasion pour imposer ses conditions sous pretexte de son deuil, il sera déçu. Aucun pretexte ne peut prévaloir sur la cause libanaise qui est défendue par les citoyens dans la rue. Les conditions resteront les mêmes quoiqu'il advienne. Qu'il nous épargne ses futurs projets et son avis concernant le chamboulement du travail engagé pour former ce gouvernement. Ceci n'est pas de son ressort. Il est beaucoup plus utile auprès de Khamenei et ses alliés.
16 h 09, le 04 janvier 2020