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À La Une - Liban

Risques sécuritaires et corruption : Aoun appelle les forces de l'ordre à "la vigilance"

Saad Hariri signe le décret de promotion des officiers en dessous du grade de colonel après une nouvelle polémique concernant la répartition confessionnelle au sein des forces de l'ordre.

Le président libanais, Michel Aoun (au centre sur la photo), et le chef de l'armée, le général Joseph Aoun (6e en partant de la gauche), entourés d'une délégation militaire, le 17 décembre 2019 à Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le président libanais, Michel Aoun, a reçu vendredi à Baabda des délégations de tous les appareils sécuritaires libanais, qu'il a appelés à "la vigilance" face à toutes les "failles sécuritaires" éventuelles, alors que le pays connait depuis plus de deux mois un mouvement de contestation inédit contre le pouvoir, qui a parfois débordé en violences avec les forces de l'ordre. 

"Restez vigilants dans votre lutte contre toutes les failles sécuritaires qui pourraient survenir et gardez l’œil ouvert pour lutter contre la corruption, conformément à vos prérogatives", a souligné Michel Aoun, selon un message posté sur le compte Twitter de la présidence. 

Reçu dans la matinée, le ministre sortant de la Défense, Elias Bou Saab, a souligné que "ce qu'il s'est passé dernièrement prouve que l'armée doit rester sur le qui-vive", en référence aux émeutes qui ont éclaté en fin de semaine dernière après la désignation de Hassane Diab au poste de Premier ministre.
Ces émeutes avaient notamment éclaté dans des quartiers majoritairement sunnites, où des partisans du Premier ministre sortant, Saad Hariri, rejettent la désignation de M. Diab, estimant qu'il ne bénéficie pas d'une couverture sunnite suffisante. Plusieurs militaires et agents de la brigade anti-émeute avaient été blessés lors de ces incidents. 

Pour sa part, le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, a souligné que la troupe "continuera à assumer ses responsabilités et à veiller à maintenir la paix civile et empêcher les dissensions, quels que soient les sacrifices" qui doivent être consentis. 



(Pour mémoire : Répression violente des manifestants à Beyrouth : Amnesty appelle à "une enquête indépendante")



La fin "du clientélisme et des privilèges"
Le chef des Forces de sécurité intérieure, Imad Osmane, a, quant à lui, assuré que l'institution sécuritaire qu'il dirige "oeuvre à faire appliquer la loi et à ne permettre aucune infraction, tout en protégeant les droits des citoyens". Il a souligné que 295 agents de police avaient été blessés "lors d'affrontements avec les protestataires" au cours des derniers mois. 

Le directeur de la Sécurité de l'Etat, Tony Saliba, a pour sa part indiqué que "les efforts déployés pour lutter contre la corruption commencent à porter leurs fruits". "Nous poursuivrons nos efforts pour éliminer la logique du clientélisme, des privilèges et des immunités", a-t-il indiqué.
La poursuite en justice de tous les dirigeants corrompus fait partie des revendications phares du mouvement de contestation que connait le Liban depuis le 17 octobre. Depuis, plusieurs actions en justice ont été lancées contre des responsables et hauts-fonctionnaires à tous les niveaux du pouvoir. 

Le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a de son côté salué le fait que le président Aoun "a toujours été parmi les premiers à écouter les cris du peuple demandant un Etat démocratique". 

Le président Aoun a également reçu le directeur général des Douanes, Badri Daher. 



(Lire aussi : Qui a ordonné la répression dans le centre-ville de Beyrouth ?)



Polémique sur les promotions
Par ailleurs, en matinée, à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat, le ministre sortant de la Défense a soulevé un nouveau problème concernant la promotion au grade de général d'officiers des forces de l'ordre ayant le grade de colonel. Ces promotions sont actuellement "en suspens, de nombreuses personnes ayant relevé un déséquilibre confessionnel" parmi les militaires qui doivent être promus.

"Les promotions des généraux sont légitimes et ne devraient pas poser de problème, mais il existe un problème au niveau de la promotion des colonels au grade de général", a annoncé le ministre à sa sortie du Palais de Baabda. "Malheureusement, certaines parties estiment qu'il existe un déséquilibre confessionnel pour la promotion des colonels et j'ai donc suggéré que l'on limite le nombre de promotions attribuées pour cette année", a-t-il ajouté, soulignant que les personnes qui auraient dû être promues le seront "dans les prochaines années". Ces promotions en suspens concernent l'armée, la Sûreté générale, les Forces de sécurité intérieure et la Sécurité de l'Etat, a précisé M. Bou Saab. "Jusqu'à présent, la décision qui a été prise est de ne pas signer le décret de promotion des colonels et je n'ai d'autre choix que de le transmettre au Conseil des ministres", afin qu'une décision soit prise, avait affirmé le ministre de la Défense. 

En soirée, le Premier ministre sortant, Saad Hariri, a signé le décret de promotion des officiers en dessous du grade de colonel, selon notre correspondante Hoda Chedid, mais pas ceux concernant la promotion des colonels au grade de général d'officiers.

Le débat sur la parité islamo-chrétienne au sein de la fonction publique pose régulièrement problème au Liban. A l'issue du vote du budget 2019, une polémique a éclaté autour de l'un des alinéas de l’article 80, opposant le Courant patriotique libre de Gebran Bassil à ses contempteurs. Cet article prévoyait de préserver les droits des lauréats du concours du Conseil de la fonction publique qui, deux ans après l’annonce des résultats, n’avaient toujours pas été admis au sein de l’administration, en raison d'un déséquilibre confessionnel parmi les candidats. La parité confessionnelle s'applique également au sein de l'armée, dont le commandant en chef est toujours maronite alors que le chef d'état-major est de confession druze. 



Pour mémoire
Un mur de béton installé près de la Place Riad el-Solh dans le centre de Beyrouth

Le président libanais, Michel Aoun, a reçu vendredi à Baabda des délégations de tous les appareils sécuritaires libanais, qu'il a appelés à "la vigilance" face à toutes les "failles sécuritaires" éventuelles, alors que le pays connait depuis plus de deux mois un mouvement de contestation inédit contre le pouvoir, qui a parfois débordé en violences avec les forces de...
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Confessionaliser l’armee! Complete net idiot!

IMB a SPO

14 h 07, le 28 décembre 2019

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Commentaires (7)

  • Confessionaliser l’armee! Complete net idiot!

    IMB a SPO

    14 h 07, le 28 décembre 2019

  • L'armée n'a pas à garder l'oeil ouvert pour lutter contre la corruption. Cette mission est de la responsabilité du gouvernement, tout le gouvernement sans aucune exception... Un ministre corrompu est démis par son chef et non par le chef d'Etar Major qui a d'autres chiens à fouetter...

    Un Libanais

    21 h 19, le 27 décembre 2019

  • Foutez la paix aux sunnites ils ont prouvé et largement qu'ils n' existaient plus en tant que confession ! Les sunnites sont avant tout des Libanistes et les quelques corrompus du Futur ne représentent que les corrompus associés aux autres confessions ! Encore une fois les Sunnites au Liban sans le vouloir se sont retrouvés à plus de quatre millions et demi d'âmes et cela sans le vouloir . Ce n' est pas eux qui ont amené les Palestiniens et encore moins les Syriens qui sont venus constituer le gros des troupes ! Alors basta vive la révolution et vive le Liban !

    PROFIL BAS

    17 h 59, le 27 décembre 2019

  • CROIT-IL POUVOIR IMITER CE QUI SE PASSE EN IRAK ? CE SERAIT FOU RIEN QUE D,Y PENSER.

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 32, le 27 décembre 2019

  • Tant que la religion entrera en compte dans tout emploi ou toutes promotions dans n'importe quel domaine, le Liban restera une republique bananiere indigne QUEL EST LA FAUTE D'UN GAGNANT AU CONCOUR D'ENTREE DANS L'ADMINISTRATION SI SA RELIGION L'EMPECHE DE RECEVOIR LE POSTE CAR D'AUTRES D'UNE AUTRE RELIGION ONT ECHOUE AU CONCOURS QUAND VOUS COMPRENDREZ QUE SEULE LA COMPETENCE OUVRE LA ROUTE A L'EMPLOI , VOUS AUREZ COMPRIS POURQUOI LE LIBAN EST DANS CETTE NULLITE: LES MEILLEURS S'EXPATRIENT ET LES PLUS MAUVAIS OBTIENNENT LES PLACES GRACE A LA WASTA ET AU FAIT QUE LES MEILLEURS ONT DEJA QUITTE LE PAYS POUR LES PROMOTIONS, IL NE DEVRAIT RIEN Y AVOIR D'AUTOMATIQUE SEULS LES PLUS MERITANTS DOIVENT L'OBTENIR QUELQUE SOIT LEUR RELIGION CESSEZ CES BETISES ET CESSEZ DE VOULOIR SOIT DISANT RECUPERER LES PRIVILEGES DES CHRETIENS AU LIBAN LA REVOLUTION VOUS DIT NOUS SOMMES TOUS DES LIBANAIS UN POINT C'EST TOUT

    LA VERITE

    17 h 14, le 27 décembre 2019

  • Pour arrêter le clientélisme commençons par arrêter les promotions avec un quota de confession et appliquons les attributions des titres et des postes à des personnes méritantes point barre. La question chrétiens / musulmans est hors sujet actuellement puisque le parti majoritaire sous couvert de représentant des chrétiens et qui occupe l'espace gouvernemental en nommant des personnes de leurs bords dans des postes-clés ne représente que le HB et ses acolytes œuvrant dans l'intérêt de l'Iran au détriment du Liban et ses citoyens toutes confessions confondues. La comédie à assez durer et les masques sont tombés.

    Sissi zayyat

    15 h 37, le 27 décembre 2019

  • Il a mal choisi la taille des personnes autour de lui. Ou alors il avait triché sur la taille à l'époque.

    Citoyen

    15 h 34, le 27 décembre 2019

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