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A Bethléem, Banksy expose une crèche de Noël emmurée

Reportage

Pour le directeur de l'hôtel "Walled-Off", Wissam Salsaa, "La cicatrice de Bethléem" symbolise une "cicatrice de la honte". "Le mur symbolise la honte pour tous ceux qui soutiennent ce qu'il se passe sur notre terre, tous ceux qui soutiennent l'occupation illégale" par Israël de la Cisjordanie, depuis 1967.

OLJ/Claire GOUNON/AFP
22/12/2019

Une petite crèche disposée devant des pans de mur transpercés par un obus: à quelques jours de Noël, la dernière oeuvre de l'artiste Banksy a été dévoilée dans la symbolique ville de Bethléem, en Cisjordanie occupée.

L'artiste de rue britannique, qui entretient le plus grand mystère sur son identité, n'était pas présent vendredi lors de la présentation de cette oeuvre, intitulée "La cicatrice de Bethléem". Celle-ci est exposée dans l'entrée de l'hôtel "Walled-Off" que Banksy a ouvert en 2017 dans la ville palestinienne et dont les chambres donnent sur le mur érigé par Israël et qui empiète en Cisjordanie.
Des mini pans de mur, sur lesquels des tags appellent à la paix et à l'amour, servent d'arrière plan à une crèche posée sur une petite table, avec à son pied des cadeaux. L'impact de l'obus sur le mur fait penser à une étoile au dessus de Marie, Joseph et Jésus, entourés d'une vache et d'un âne.


"La cicatrice de Bethléem" de Banksy, exposée dans l'entrée de l'hôtel "Walled-Off", à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le 20 décembre 2019 Photo AFP / AHMAD GHARABLI


Pour le directeur de l'hôtel Wissam Salsaa, "La cicatrice de Bethléem" symbolise une "cicatrice de la honte". "Le mur symbolise la honte pour tous ceux qui soutiennent ce qu'il se passe sur notre terre, tous ceux qui soutiennent l'occupation illégale" par Israël de la Cisjordanie, depuis 1967.

L'Etat hébreu a commencé en 2002 la construction d'une barrière, composée par endroits de blocs de béton de plusieurs mètres de haut, pour se protéger des incursions de Cisjordanie en pleine vague d'attentats palestiniens au cours de la deuxième Intifada (2000-2005). La Cour internationale de justice a déclaré illégale sa construction en 2004. Israël affirme que la barrière continue de le protéger d'attaques d'assaillants venant de Cisjordanie. Pour les Palestiniens, la barrière est l'un des symboles les plus honnis de l'occupation israélienne.


(Lire aussi : Le Parlement des singes de Banksy adjugé 11,1 M EUR, un record pour l'artiste)



Graffitis subversifs
Les conflits, le mur et les Territoires palestiniens sont depuis longtemps une source d'inspiration pour Banksy, rendu célèbre par ses peintures au pochoir dans l'espace public. Avec celle-ci, il contribue "à sa manière" aux festivités de Noël qui auront lieu la semaine prochaine à Bethléem, ville où est né Jésus selon la tradition chrétienne. "C'est une façon formidable et différente de parler de Bethléem, pour pousser les gens à réfléchir davantage à la manière dont nous vivons ici", a déclaré M. Salsaa, qui n'était pas en mesure d'indiquer si l'oeuvre était vouée à rester dans son établissement. Banksy "essaye de diffuser la voix des Palestiniens dans le monde à travers l'art et crée un nouveau modèle de résistance grâce à cet art", s'est félicité M. Salsaa.


(Lire aussi : Un pochoir de Banksy volé en plein centre de Paris)




L'artiste a commencé à se faire connaître en 2003 en Angleterre par ses graffitis subversifs --gardes royaux en train d'uriner sur un mur, policiers échangeant un baiser passionné. Il s'était déjà rendu à Bethléem en 2007, laissant derrière lui un certain nombre de graffitis sur le mur de sécurité, dont une fillette fouillant au corps un soldat israélien les bras en l'air, son fusil posé à côté de lui.

En 2005, il avait peint neuf pochoirs --dont une échelle posée sur le mur ou une petite fille emportée par des ballons-- voulant mettre en évidence l'impact du mur sur la vie des Palestiniens. Le mur de sécurité est devenu à la fois un lieu de protestation et un terrain d'expression politico-artistique. Les fresques qui le recouvrent par endroits en font une attraction pour les touristes.



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Eleni Caridopoulou

C'est déjà quelque chose de faire de graffitis

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