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Liban - Réfugiés

Mireille Girard salue « les bonnes pratiques » du Liban, preuve de son « engagement exceptionnel »

« Aucun pays hôte ne doit être confronté tout seul à la gestion d’une crise de réfugiés », assure à « L’OLJ » la représentante du HCR.

Mireille Girard, représentante du HCR au Liban, lors de son point de presse, hier. Photo A.-M.H.

Un an jour pour jour après l’adoption du Pacte mondial sur les réfugiés, le premier Forum mondial pour les réfugiés entame ses travaux aujourd’hui à Genève. Cette réunion ministérielle, qui regroupe 2 000 participants environ, se veut la plus grande réunion de ce siècle sur les réfugiés. Elle entend accroître la réponse de la communauté internationale aux crises de réfugiés dans le monde, sachant que le nombre de réfugiés et de déplacés augmente de façon exponentielle. On compte à l’heure actuelle à travers la planète 26 millions de réfugiés, dont 70 % viennent de cinq pays : Syrie, Afghanistan, Sud-Soudan, Somalie et Myanmar. « Et rien qu’au Liban, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) comptabilisait fin novembre 917 000 réfugiés syriens enregistrés (contre 1 200 000 en 2015), sans compter les réfugiés syriens non enregistrés, mais aussi les Irakiens et les Palestiniens », comme l’indique à L’Orient-Le Jour la représentante du HCR au Liban, Mireille Girard. Des chiffres d’une ampleur telle qu’ils font du Liban « le pays qui reçoit le nombre le plus important de réfugiés par habitant ».


(Lire aussi : Plus d’un millier de Syriens regagnent leur pays)


Faire participer le secteur privé

C’est dire l’importance pour le pays du Cèdre de ce forum mondial qui encourage le partage des responsabilités et les nations à davantage de solidarité envers les pays hôtes. Lors d’un point de presse hier, Mme Girard a expliqué les enjeux de ce forum qui voit la participation du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et d’une importante délégation libanaise officielle, universitaire et de la société civile. Hébergé par la Suisse et par le HCR, l’événement doit également voir la participation de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

« Aucun pays hôte ne doit être confronté tout seul à la gestion d’une crise de réfugiés. » Mireille Girard répète le leitmotiv du Pacte mondial pour les réfugiés, inspiré en partie par la crise libanaise découlant du conflit syrien. Elle en rappelle aussi les quatre principes fondamentaux, qui observent la situation des réfugiés depuis le début jusqu’à la fin du cycle. Ils reposent sur la nécessité d’alléger la pression sur les pays d’accueil, d’aider les réfugiés à renforcer leur autonomie et vivre dans la dignité, d’élargir l’accès aux solutions dans des pays tiers et d’augmenter les quotas de réinstallation, et enfin d’améliorer les conditions dans les pays d’origine pour rendre possible le retour dans la sécurité et la dignité.

Première réalisation du Pacte mondial pour les réfugiés, « le forum de Genève, qui doit clôturer ses travaux demain, veut faire les choses différemment et renverser la tendance », affirme Mme Girard. Il ambitionne donc d’envisager « des réponses plus globales » au problème des réfugiés, depuis la prévention et la recherche de solutions politiques aux conflits jusqu’à l’optimisation et la diversification des assistances humanitaires. Si la communauté internationale et le HCR accordent actuellement aux services publics libanais « entre 1,2 et 1,5 milliard de dollars par an pour aider les réfugiés syriens et les communautés hôtes les plus défavorisées, tout en aidant à améliorer certains services publics », cette somme reste bien en-deçà des besoins, au vu de la crise économique actuelle.

C’est dans cet objectif que de nouveaux acteurs ont été invités à participer à la conférence. Outre les gouvernements, les pays donateurs et les organisations humanitaires, « le secteur privé est désormais considéré comme un acteur primordial, pour ses capacités d’investissement et son caractère innovant », explique encore la représentante du HCR. « Il est donc important de pousser ses acteurs à s’engager, par des actions concrètes ou des promesses de contribution, comme l’octroi de bourses d’études scolaires ou universitaires, de stages d’apprentissage professionnel, de chantiers de développement... susceptibles de donner des perspectives d’avenir aux réfugiés », précise-t-elle.

L’éducation des enfants syriens saluée par le HCR

Mettre en évidence « les bonnes pratiques menées par certains pays » est l’autre objectif du Forum mondial pour les réfugiés. Mêmes ponctuelles, « ces initiatives sont susceptibles de faciliter le retour dans le pays d’origine », note Mireille Girard. La diplomate salue, dans ce cadre, « les bonnes pratiques du Liban », preuve de son « engagement exceptionnel ». D’abord, dans l’éducation des petits Syriens. Se basant sur les conclusions de la Banque mondiale, elle affirme qu’« un réfugié qui a bénéficié d’une éducation a davantage de chances de rentrer chez lui, car il est plus confiant et se dit plus capable de contrôler son avenir ». « Par contre, les réfugiés les plus vulnérables sont les derniers à partir », note-t-elle. Autre bonne pratique menée par le Liban, la simplification par le gouvernement du processus d’enregistrement des nouvelles naissances au sein de la communauté réfugiée. « Même si seulement 30 % des nouvelles naissances sont aujourd’hui enregistrées, les autorités libanaises ont simplifié les procédures, les réfugiés n’ayant souvent pas accès à leurs papiers officiels, souligne Mme Girard. Ce qui facilitera leur retour, car il n’est pas question pour une famille de retourner avec un enfant sans identité. » La représentante du HCR salue enfin le rôle non négligeable du pays du Cèdre dans « la prévention des conflits », rappelant la création sur proposition du président Aoun et par une résolution onusienne de « l’Académie de l’homme pour la rencontre et le dialogue ».



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Un an jour pour jour après l’adoption du Pacte mondial sur les réfugiés, le premier Forum mondial pour les réfugiés entame ses travaux aujourd’hui à Genève. Cette réunion ministérielle, qui regroupe 2 000 participants environ, se veut la plus grande réunion de ce siècle sur les réfugiés. Elle entend accroître la réponse de la communauté internationale aux crises de...

commentaires (1)

Nous bonifier de bonnes paroles c'est bien, mais si vous nous bonifiez de quelques dollars en même temps ça serait mieux. Les riches pays arabes, qui ont joué un rôle destructeur dans le désastre syrien, doivent être appelés par la conférence de Genève de prendre en charge 100% des frais des réfugiés syriens au Liban. Eux aussi nos frères s'en sortent bien avec de bonnes paroles et des promesses de nous lâcher 2 ou 3 avions de touristes par an en guise de solidarité. Ya 3yeb 3l choum.

Shou fi

12 h 07, le 17 décembre 2019

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Commentaires (1)

  • Nous bonifier de bonnes paroles c'est bien, mais si vous nous bonifiez de quelques dollars en même temps ça serait mieux. Les riches pays arabes, qui ont joué un rôle destructeur dans le désastre syrien, doivent être appelés par la conférence de Genève de prendre en charge 100% des frais des réfugiés syriens au Liban. Eux aussi nos frères s'en sortent bien avec de bonnes paroles et des promesses de nous lâcher 2 ou 3 avions de touristes par an en guise de solidarité. Ya 3yeb 3l choum.

    Shou fi

    12 h 07, le 17 décembre 2019

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