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Lifestyle - Mode

Un bijou pour les aubes nouvelles

Oliver Aoun : bijoux en argent, collection « Aurora ».

Quand il lance, en juillet 2018, sa première collection de bijoux intitulée Planète, le succès est tel que même Randa Tabbah, bijoutière chevronnée qui a débusqué son talent, n’en revient pas. Oliver Aoun, plus connu sous le nom d’Oliver de Gemmayzé, hobereau de son quartier de naissance et phalène des nuits beyrouthines, a commencé sa carrière d’artiste polyvalent dans le maquillage de scène. Mais choisir, c’est toujours sacrifier, et pour le jeune homme armé d’un diplôme en tourisme, amoureux de la danse et de l’opéra, se diriger vers une carrière tracée est un crève-cœur. Hasard et nécessité le parachutent dans un grand magasin de meubles et objets en qualité d’acheteur, de vendeur et d’ensemblier. Lui qui a grandi dans l’authentique atmosphère Art déco de la maison familiale jetée dans le patricien quartier de Gemmayzé comme une planète oubliée, sait reconnaître d’instinct l’objet qui a une âme. Il s’attache une clientèle de puristes qui le suivra dans toutes ses affectations, la dernière étant une enseigne traditionnelle d’Achrafieh dont il développe les collections de design scandinave. Et comme il tombe amoureux de tout ce qu’il fait, ne sachant rien faire sans amour, il se passionne pour cet art nordique de l’objet tout en sobriété, qui paraît lourd avec ses lignes généreuses, mais qui se révèle d’une légèreté aérienne tant les volumes en sont équilibrés.

Fort du succès de sa Planète, ligne de bijoux unisexe déclinant dans sa puissante géométrie une petite sphère dorée en équilibre au bord d’un trapèze d’argent, telle une étoile suspendue dans l’univers, Oliver Aoun s’est lancé il y a six mois dans la création d’une nouvelle collection de la même veine, baptisée Aurora. Les mêmes trapèzes s’ornent de billes multiples comme si l’univers s’était tout-à-coup emballé en une ébullition incontrôlable. Comme si la planète unique du créateur, ce « chez-moi, c’est tout petit », si petit qu’un baobab pourrait l’absorber, était devenue l’incubateur de dizaines d’autres mondes. En colliers coulissants et bagues sensuelles, les bijoux en argent, ce matériau fragile, sensible aux changements de température, si difficile à maîtriser, se font poèmes.

Était-ce bien le moment de lancer ces créations, la crise étant aujourd’hui ce qu’elle est ? Comme nous tous, Oliver, dit de Gemmayzé, a été pris de court. Les bijoux sont là, autant les présenter au monde ! Et ce nom, Aurora, est venu avec, d’instinct, comme tout ce que fait le créateur. Il annonce un nouveau jour, un nouveau monde et, pourquoi pas, un nouveau Liban. À ce seul titre, ces bijoux méritent qu’on les célèbre.


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