Des manifestants bloquant à l'aide de pneus en feu plusieurs routes à Tripoli, au Liban-Nord, le 10 décembre 2019. Photo AniPhoto Ani
Des dizaines de personnes ont crié leur colère mardi à Mina, à Tripoli, après la mort de deux personnes dans l'effondrement d'un pan de plafond d'un vieux bâtiment dans le quartier al-Andalous. Les manifestants en colère coupé plusieurs routes dans la capitale du Liban-Nord, et plusieurs d'entre eux ont été blessés lors d'échauffourées avec l'armée. Les protestataires ont également saccagé les bureaux de la municipalité de Mina et exigé la démission de son président. Face à ces revendications, six membres du conseil municipal ont présenté leur démission.
Les deux personnes décédées dans l'effondrement du toit du bâtiment sont Rima Kakhiyé, 19 ans, et son frère Abdel Rahmane, âgé d'une vingtaine d'années. Leurs dépouilles ont été extraites des décombres après plusieurs heures d'excavation, pendant lesquelles des citoyens ont aidé la défense civile, l'armée et les Forces de sécurité intérieure déployées sur les lieux.
Après leur enterrement, de nombreux jeunes, proches des deux victimes, se sont rassemblés devant le siège de la police municipale de Mina afin d'exprimer leur colère contre les autorités locales qu'ils ont jugées responsables de l'effondrement du bâtiment. Ils se sont ensuite rendus devant la municipalité, où ils ont renversé des conteneurs de déchets et ont tenté de forcer l'accès à l'institution. Les manifestants, qui accusent les responsables municipaux de négligence, ont lancé des pierres vers le bâtiment et ont saccagé plusieurs bureaux et en ont incendié un autre. L'armée s'est déployée en force sur les lieux afin d'éviter que la situation ne dégénère.
Plus tard dans la journée, les protestataires ont fermé plusieurs routes de la localité. Ainsi, le rond-point Mina ainsi que les routes menant au rond-point al-Marej ont été bloqués à l'aide de pneus en feu. Des échauffourées ont eu lieu entre les manifestants et l'armée qui tentait de rouvrir les routes et qui a dû faire usage de gaz lacrymogène faisant une dizaine de blessés dans les rangs des protestataires. L'autoroute reliant Mina à Bohsas-Tripoli a également été bloquée ainsi que l'autoroute côtière au niveau de l'hôtel Palma à Tripoli et l'autoroute de Beddaoui. En soirée, la route au niveau du tunnel de Chekka en direction de Tripoli a également été coupée, ainsi que la route Taalabaya-Chtaura, dans la Békaa.

Le bâtiment dont le plafond s'est effondré, dans la nuit du 9 au 10 décembre 2019, à Mina, au Liban-Nord. Photo Ani
Selon l'Ani, les manifestants ont déclaré qu'ils ne quitteraient pas les lieux tant que le président de la municipalité n'aurait pas démissionné. Face à cette revendication, six membres du conseil municipal ont présenté leur démission. Dans un communiqué, ils ont souligné avoir porté plainte à plusieurs reprises contre le président de la municipalité, qu'ils accusent de négligence et de corruption. "Nous réclamons la démission immédiate du président de la municipalité, Abdel Kader Alameddine. Qu'il cède sa place à un membre du conseil municipal, afin d'éviter toute vacance, et que la municipalité se retrouve sous la tutelle du mohafez du Liban-Nord", ont-ils encore appelé.
Selon des informations rapportées par la chaîne d'informations locale LBC, les habitants de Mina avaient appelé à plusieurs reprises la municipalité à rénover la bâtisse qui s'est effondrée.
De nombreux responsables tripolitains ont par ailleurs réagi à cet incident. L'ancien Premier ministre et député actuel Nagib Mikati a présenté ses condoléances à la famille, soulignant que l'accident "oblige à réfléchir sur les responsabilités qu'ont les institutions de l'Etat en ce qui concerne la protection des gens". Le député Fayçal Karamé a pour sa part évoqué "une catastrophe" et réclamé "une enquête rapide et transparente sur les circonstances" de cet accident afin que les responsables soient traduits en justice".
Lire aussi
Après l'incident devant son domicile, Karamé dénonce une volonté de "provoquer une sédition"


L'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur les baleines au large de l'Afrique du Sud
QUE LEURS AMES REPOSENT EN PAIX. ET SI TOUS LES ACCUSES DE CORRUPTION SE TAISAIENT AU LIEU D,ESSAYER DE BLANCHIR LEURS SALES BLASONS ?
14 h 30, le 10 décembre 2019