X

À La Une

La place Tahrir à Bagdad investie par des pro-Iran, une démonstration de force qui inquiète

Irak

Les partisans du Hachd al-Chaabi envisagent-ils dans les heures ou les jours qui viennent de démanteler le gigantesque campement qu'est devenu Tahrir ?

OLJ/AFP/Stéphane BARBIER
05/12/2019

Leur venue a surpris, personne ne les attendait. La place Tahrir à Bagdad, épicentre d'une révolte qui dénonce le pouvoir et son parrain iranien, a vu débarquer jeudi des milliers de partisans des paramilitaires pro-Iran, une démonstration de force qui inquiète.

Dans l'après-midi, la place était pourtant calme, aucun incident n'ayant opposé les deux camps, a constaté un journaliste de l'AFP, en dépit de la présence encore visible de dizaines de ces hommes l'ayant investie plus tôt. Juchés sur un camion équipé d'une sono toute puissante, plusieurs d'entre eux circulent lentement et pacifiquement au milieu des tentes des manifestants antigouvernementaux, brandissant des drapeaux irakiens et haranguant la foule. A un moment, ils s'arrêtent devant un espace où sont disposés des bougies et les effets personnels de victimes de la répression, chaussures, vêtements, casques légers.

Aucune réaction ni colère apparente des protestataires présents juste à côté.
Assaad Al-Saadi, un Irakien qui vit habituellement en Allemagne, tête couverte d'un keffieh, semble vouloir ignorer la présence des ces hommes. "Nous voulons tous une vie normale ici, comme en Allemagne ou en France."

Mais parmi les protestataires de Tahrir, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la venue, les intentions et les motivations de ces partisans du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires dominée par les pro-Iran aujourd'hui intégrée à l'Etat irakien.

Tamim, âgé d'une trentaine d'années et portant un gilet pare-balles sur lequel est cousu un petit drapeau irakien, est présent depuis le début du mouvement en octobre et il en est persuadé: "ils sont venus ici pour en finir avec la protestation". "On verra ce qui va se passer demain", vendredi, dit-il. 



(Lire aussi : Quand l’Iran se fait aider par le Hezbollah dans les tractations à Bagdad)



Checkpoints renforcés 
En attendant, il affirme que les checkpoints installés par les manifestants autour de la place pour filtrer les arrivées seront renforcés dans la soirée et la nuit pour éviter la venue d'hommes armés qui voudraient en découdre avec les contestataires.

Les partisans du Hachd n'étaient apparemment pas armés, mais nombreux sont ceux qui agitaient des bâtons. Envisagent-ils dans les heures ou les jours qui viennent de démanteler le gigantesque campement qu'est devenu Tahrir ?

Depuis deux mois, cette place est devenue le cœur de la contestation à Bagdad, occupée jour et nuit par des milliers d'Irakiens, jeunes pour la plupart, qui manifestent leur ras-le-bol de politiciens jugés corrompus, du chômage, de la vie chère et de l'ingérence des puissances étrangères dans leur pays, tout particulièrement l'Iran voisin. La vie s'y est organisée, des centaines de tentes y ont été installées, des petits vendeurs de rue y ont pris racine. On y dort, on y chante, on y mange et on y soigne aussi, malades et blessés.

La contestation s'est étendue aux villes du sud de l'Irak, tribal et pétrolier, et a été violemment réprimée. Au total, près de 430 personnes ont été tuées -des manifestants pour l'essentiel- et environ 20.000 blessées, selon un bilan de l'AFP compilé à partir de sources médicales et policières.


Lire aussi
Pourquoi les Arabes sunnites ne rejoignent pas massivement la contestation irakienne

En Irak, les politiciens négocient sous la pression persistante de la rue

Le Premier ministre annonce sa démission, et après ?

Dénoncé par la rue irakienne, l'Iran "bétonne" son influence au sein du pouvoir


À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES INTIMIDATIONS IRANIENNES DE SOULEIMANI NE VONT PAS MARCHER EN IRAQ. LE PEUPLE CHIITE IRAQUIEN VA S,IMPOSER.

SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Il se trouve que les irakiens SONT CHEZ EUX ET FERONT CE QUI LEUR SEMBLERA BON DE FAIRE, EN NE TENANT AUCUNEMENT COMPTE DE CE QUE VEUT L'AMÉRIQUE DUN CLOWN ET DE SON ACOLYTE.

SECUNDO, C'EST PAS L'AMÉRIQUE DU CLOWN ET DE SON ACOLYTE QUI DONNERONT DES LEÇONS DE VIE AUX IRAKIENS, EUX QUI ONT DÉTRUIT CE PAYS PARMI TANT D'AUTRES DANS LA RÉGION .

AVEC UN SOUVENIR TERRIBLE, LA PRISON D' ABU GHREIB À BAGHDAD.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Avec le début de la prospection, le Liban face à de nouvelles perspectives

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Le magazine économique du groupe

À table

Quatre mouloukhyés à goûter

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants