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Le ministre sortant de la Santé, Jamil Jabak (Hezbollah), a annoncé jeudi une prochaine baisse des prix des médicaments "de 25 à 30%", alors que le milieu médical subit de plein fouet les conséquences des limitations de la circulation du dollar américain sur le marché libanais.
"Nous avons travaillé pendant les cinq derniers mois sur un mécanisme de tarification des médicaments", a affirmé M. Jabak lors d'un entretien télévisé, soulignant que ce "grand projet" est inédit au Liban. Il a critiqué ses prédécesseurs qui n'ont jamais cherché à revoir le prix des médicaments. "Mais nous, nous avons annulé le monopole des médicaments et mis en place un mécanisme de tarification moderne", a-t-il déclaré. Le ministre sortant a dans ce cadre souligné qu'une annonce sera bientôt faite au peuple libanais concernant une "baisse de 25 à 30% du prix des médicaments", se basant sur les prix dans les pays d'origine et sur une moyenne du prix de chaque produit dans quatorze pays voisins du Liban.
Le ministre Jabak a par ailleurs déploré le fait que le pays du Cèdre importe tout son matériel médical "jusqu'au fil utilisé pour les sutures", insistant sur l'importance de soutenir l'industrie médicale locale et la consommation de produits fabriqués au Liban. Il a toutefois concédé que pour développer ces industries, il était essentiel d'établir au Liban "un environnement stable et sûr" pour les investisseurs.
(Lire aussi : Importations médicales : le ministre de la Santé tire à son tour la sonnette d'alarme)
Au cours des dernières semaines, le ministre sortant avait plusieurs fois mis en garde contre une "catastrophe sanitaire" de grande ampleur au Liban, alors que les importateurs de matériel médical ne parviennent plus à payer leurs fournisseurs étrangers en raison des restrictions de la circulation du billet vert.
Début novembre, les importateurs de médicaments du Liban avaient annoncé que les marchandises stockées ne seraient pas suffisantes pour répondre à la demande libanaise pendant plus d’un mois, ne permettant pas aux hôpitaux de soigner leurs patients après cette période.
Il est devenu impossible depuis septembre de retirer des dollars dans les banques ou de convertir d'importantes sommes au taux officiel par le biais des banques. La question est d'autant plus cruciale que le dollar est utilisé au quotidien pour tout type de transaction. Le pays a imposé un taux de change fixe de 1.507 livres libanaises pour un dollar. Mais dans les bureaux de change, le dollar s'achète à environ 2.000 livres. La Banque centrale avait adopté début octobre de nouvelles régulations pour faciliter l'obtention de dollars aux importateurs de carburants, de blé et de médicaments, mais le mécanisme prévu a été fortement critiqué dans ces différents secteurs.
En juin, le ministre Jabak avait annoncé qu'un accord avec les importateurs de médicaments pour les maladies chroniques avait été trouvé pour baisser la "facture" de ces traitements. C'est en effet le ministère de la Santé qui paie les médicaments des personnes souffrant de maladies chroniques.
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Oui , oui il a annoncé cette crise, il a mis en garde ET patati et patata. Mais Monsieur votre rôle n'était pas contrôleur des travaux finis non, c'est sur vous que la responsabilité tombe inexorablement vous étiez ministre de la santé. Vous ne réaliseZ toujours pas qu'un ministre doit travailler d'arrache-pied pour éviter toutes les catastrophes et non pas les prédire et attendre qu'elle nous tombent dessus. Oubliez ceux d'avant et ceux d'après, les ministres du moment ont fait quoi? Rien alors dégagez. DÉGAGEZ.
14 h 46, le 05 décembre 2019