Rechercher
Rechercher

Comiques troupiers

Alors que la révolte populaire entame son deuxième mois, les margoulins de la politique poursuivent non sans plaisir leurs chuchotis honteux et futiles, avec le secret espoir que la phosphorescence de leur neurone orphelin pourra déboucher sur autre chose qu’un gouvernement de comiques troupiers.

Aussi, avec une belle régularité, les Libanais voient pointer devant eux chaque quelque temps un Premier ministrable bidon, une espèce de cobaye qui connaît son quart d’heure de gloire, avant de s’évaporer dans le clafoutis des polémiques de poulailler. Dans le jargon du métier, on appelle cela « griller un nom », sans préjudice du prénom qui peut tout aussi bien être associé à la grillade.

Sur le terrain pendant ce temps, l’animation n’a pas perdu ses droits et une fois de plus les Irano-collabos ont assuré le spectacle : bastons, mobylettes et incantations communautaires façon rap, rien que pour plomber l’ambiance. Comment s’en étonner, quand on sait que chez ces disjonctés du rasoir, la joie de vivre palpite au rythme des barbes qui poussent…

Le patron du Parti pileux, qui goûte depuis une douzaine d’années maintenant aux délices de la vie souterraine, et Istiz Nabeuh, son faire-valoir imberbe, ont beau pousser des cris d’orfraie et jurer que les gais lurons ne sont pas de la maison, on a peine à croire qu’il s’agissait d’une génération spontanée venue s’entraîner à une chorégraphie pour Danse avec les Stars.

À leur côté, le Basileus, en rond-point incontournable de la béchamel au cyanure qui se prépare, enfile des perles politiques qu’il est seul à croire, accusant sans rire les ambassades étrangères de financer la jacquerie. Lui continue de tirer la gueule depuis que le Mollasson du Futur s’est récusé. Pas qu’il le trouve particulièrement appétissant, mais il aimait bien sa malléabilité élastique qui lui permettait de le manipuler à sa guise, tout en ménageant sa propre assurance-vie politique. Chef libanais, c’est un métier !

À Baabda entre-temps, le pensionnaire du Château reporte sans cesse la date des consultations parlementaires, censées mettre bas un Premier ministre. C’est ce qui s’appelle transformer l’usure du pouvoir en pouvoir de l’usure. Mais un peu de patience, que diable ! Et ayons la décence d’attendre que les barons politiques se répartissent la tarte avant qu’ils ne commencent à s’envoyer la crème à la figure. Quand ils auront fini, il nous restera toujours les taches à lécher.

[email protected]


Alors que la révolte populaire entame son deuxième mois, les margoulins de la politique poursuivent non sans plaisir leurs chuchotis honteux et futiles, avec le secret espoir que la phosphorescence de leur neurone orphelin pourra déboucher sur autre chose qu’un gouvernement de comiques troupiers.Aussi, avec une belle régularité, les Libanais voient pointer devant eux chaque quelque temps...

commentaires (5)

MERCI L'ARTISTE

Gebran Eid

13 h 10, le 29 novembre 2019

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • MERCI L'ARTISTE

    Gebran Eid

    13 h 10, le 29 novembre 2019

  • Avec tout ça, ça ne fera pas de vous un révolutionnaire non plus , mon Che !

    FRIK-A-FRAK

    13 h 09, le 29 novembre 2019

  • FANTASTIQUE GABY NASR ! VOUS LIRE C,EST RIRE MAIS AMEREMENT...

    LA LIBRE EXPRESSION.

    10 h 50, le 29 novembre 2019

  • Ah je pense pas que ce peuple se satisfasse de lecher les taches. Not anymore.

    Lebinlon

    10 h 21, le 29 novembre 2019

  • Hélas! mais ce n'est surtout pas une raison pour renoncer à l'espoir! J.P

    Petmezakis Jacqueline

    10 h 07, le 29 novembre 2019

Retour en haut