AFP
Je me souviens avant-guerre d’un Liban que j’aimais et que le monde entier nous enviait. D’un peuple heureux, d’une joie de vivre et d’un tourisme florissant. C’est de ce dernier point que je voudrais parler et rappeler toute l’importance de ce secteur dans notre économie.
Le Liban, berceau de plusieurs civilisations, à la croisée de l’Orient et de l’Occident, est riche d’un patrimoine archéologique, culturel et historique qui fait notre fierté et que le monde entier connaît et reconnaît.
Or, ces dernières années, ce secteur économique est parti en perdition, d’autant que le tourisme de qualité a été dominé par un tourisme que je n’oserais nommer ici...
Notre ministère du Tourisme, perdu au centre de tant de malversations, s’est préoccupé depuis la fin de la guerre de problèmes politiques de bas étage au lieu de se concentrer sur l’essentiel qui est la promotion de notre héritage et d’un Liban qui, malheureusement, semble plus cher aux visiteurs étrangers qu’à nos dirigeants libanais.
Quelle honte j’ai éprouvée en emmenant des amis européens visiter les ruines de Anjar et de Baalbeck jonchées de poubelles et dont les mosaïques vieilles de plus de deux mille ans étaient piétinées par des visiteurs qui marchaient dessus en l’absence de toute mesure visant à les préserver. Cela pour ne citer qu’un exemple de la négligence des responsables...
Je dénonce plus particulièrement le ministère du Tourisme pour n’avoir pas été à même de servir de pivot à l’économie libanaise agonisante. Ce ministère a en effet été relégué au deuxième plan par nos chers politiciens qui concédaient sa prise en charge à coups de « mahsoubète siassiyyé » et de « jeyzit tardieh » (lot de consolation) au lieu de le confier à un professionnel du secteur compétent, qui aurait avec passion et honnêteté redoré son blason aux yeux de l’opinion internationale, sachant que ce ministère devrait être la pierre angulaire de l’économie libanaise.
Un tourisme de qualité, promu comme il devrait l’être, avec un afflux de touristes conséquent, aurait permis à beaucoup de secteurs de se développer et de prospérer, et nous n’en serions pas là aujourd’hui…
Il est grand temps que tel un phénix, le Liban renaisse de ses cendres et que soit confiée à des technocrates compétents et intègres, loin de toutes considérations politiques, religieuses ou affairistes, la dure mission de ressusciter le beau pays du Cèdre.
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