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Culture

Il était une fois un « pays rêvé »

7e art
31/10/2019

« Il était une fois Beyrouth », il était une fois le Liban. L’histoire commence par un bus, un bus tout simple qui traversait la ville. Cette belle ville qui respirait à pleins poumons la douceur de vivre et que tout le monde enviait car elle était une mosaïque de communautés qui vivaient ensemble en toute fraternité. Cette ville, qui ressemblait à un

Caramel qui fond sur la langue ou juste à une Maison Rose, sombre tout à coup dans le chaos. Très vite, et de round en round et d’année en année, la vie au Liban devenait un véritable Capharnaüm. Le voisin craignait son voisin et le frère tout comme Caïn tuait son autre frère Abel. Aussitôt, la population s’est partagée Dans les Champs de batailles, donnant naissance à West Beirut, et d’autres entités dont on n’avait jamais entendu le nom. Avec les conflits successifs, la ville devenait exsangue, décharnée. Un Beyrouth Fantôme qui craignait son ombre, que les jeunes gens ont déserté. Plus de quarante ans sont passés et les visages blêmes de Libanais, l’œil hagard, erraient, se demandant Et maintenant on va où ?. Tout n’était que grisaille. Une vie suspendue entre la vie et la mort. Même les temps de répit que connut le Liban se faisaient rares. Tout se transformait dans cette terre de lait et de miel en une Terra Incognita méconnaissable de tous. Plus personne n’écoutait l’autre et le Libanais tel un automate vivait ses Petites guerres, et sa brève paix. Les problèmes s’accumulaient tout comme ces détritus qu’on voyait jetés sur le bitume et qu’on respirait à pleins poumons. Et puis un jour, après une longue léthargie, fatiguée de lutter comme don Quichotte… Listen. Écoutez. N’entendez-vous pas le peuple grogner? Êtes-vous trop occupés à compter vos gros sous ? Ce jour, le 17 octobre de l’an 2019, tout a explosé. Le peuple n’avait plus Peur de rien. Tel un fleuve qui grossit et sort de son lit. Des cris scandant famine, corruption, exil. Main dans la main, les Libanais ont traversé les trois grandes capitales, tout d’abord Beyrouth jusqu’à la capitale du nord, Tripoli, et celle du Sud, Saïda. Ils n’avaient jamais connu cette liesse, cette foule qui balaye tout sur son passage : le confessionnalisme, le clientélisme, les abus de pouvoir. Rien ne les a arrêtés car le cri est unique. Un cri d’amour pour leur pays. Sourds à leurs demandes, les dirigeants n’ont même pas réalisé qu’après l’Insulte faite à leur intelligence, leur rage et leur amour de la vie, les Libanais se relèveraient et se tiendraient debout, formant avec le voisin, les frères de tous bords, une tour imprenable, un rempart contre la bêtise et l’incompréhension. Pour la première fois, l’espoir a pu renaître, les jeunes reprenant la revanche de leurs parents, s’agrippant de toutes leurs forces à ce pays que ces derniers leur ont laissé en Héritages. Pour le reconstruire à leur manière. Le bus qui avait un jour ouvert les portes de l’enfer au Liban s’est transformé en une véritable Bosta de joie, d’espoir, d’entraide et de réelle citoyenneté. Je ne peux y croire. Je veux voir, disent encore les sceptiques. Soyez donc les bienvenus et entrez dans la danse. La danse de la vie, de la Dunia.

Pays rêvé, de Jihane Chouaib

Il était une fois Beyrouth, de Jocelyne Saab.

La Maison Rose de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.

Caramel, de Nadine Labaki.

Capharnaüm, de Nadine Labaki

Dans les Champs de bataille, de Danielle Arbid

West Beirut, de Ziad Doueiri.

Beyrouth Fantôme, de Ghassan Salhab

Et maintenant on va où ? , de Nadine Labaki.

Une Vie suspendue de Jocelyne Saab.

Terra Incognita, de Ghassan Salhab

Petites guerres, de Maroun Baghdadi

Listen, de Philippe Aractingi

Peur de rien, de Danielle Arbid

L’Insulte, de Ziad Doueiri

Héritages, de Philippe Aractingi.

Bosta, de Philippe Aractingi.

Je veux voir, de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas

Dunia, de Jocelyne Saab.


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