Si les hommes ne devaient parler qu’en connaissance de cause, un silence de mort tomberait sur la terre
Anne O’Nym
Comme beaucoup de gens, j’ai vu ou entendu parler des incidents à Mazraat Yachouh. Je me prends à imaginer quelle aurait été ma réaction si ma petite fille de 7 ans avait été battue par un étranger qui n’est pas d’accord avec mes idées.
Je sens la colère monter en moi, et d’un seul coup je me demande quel serait mon sentiment si par hasard j’apprenais que cette brute se réclame de mes idées. Je me demande quel doit être le tourment moral des parents qui ont vu au nom de leurs idées une bête s’acharner sur un enfant.
Aujourd’hui, comme tous les pères du Liban et du monde entier, je viens demander des comptes. Le CPL va-t-il remettre à la justice cet homme pour qu’il soit jugé, ou bien les pères et parents qui soutiennent ce parti vont-ils se taire et accepter que rentre dans nos mœurs politiques l’impunité de la violence envers les enfants ?
Si c’est le cas, si les dirigeants de ce parti ne prennent pas ouvertement et fortement position contre de tels débordements, à mon sens ils ne méritent pas le titre de Libanais parce que, par leur silence, ils déshonorent tous les parents libanais et les décrédibilisent face à leurs enfants.
Quelle petite fille peut encore regarder son père avec admiration quand elle sait qu’au nom de ses idées politiques, il a laissé battre nos enfants ? Elle se demandera toujours : à quand mon tour ?
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