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L'EI dit avoir "libéré" des femmes détenues en Syrie par les Kurdes

Daech ne précise pas, dans son communiqué publié sur Telegram, la nationalité des femmes ayant été libérées ni si elles lui sont affiliées.

Des agents de sécurité du camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, escortant des femmes, identifiées comme des épouses de jihadistes de l'Etat islamique, dans une allée du camp, le 23 juillet 2019. Photo d'archives AFP / DELIL SOULEIMAN

Le groupe Etat islamique (EI) a affirmé jeudi avoir "libéré" des femmes détenues dans le nord de la Syrie par les forces kurdes confrontées à une offensive du voisin turc.

Une unité "des soldats du califat" a attaqué mercredi un QG des forces kurdes près de la ville de Raqqa, "libérant un certain nombre de femmes musulmanes enlevées" par les combattants kurdes, selon un communiqué de l'EI diffusé sur les chaînes Telegram. Le communiqué ne précise pas la nationalité de ces femmes ni si elles sont affiliées à l'EI.

Par ailleurs, trois combattants palestiniens de l'EI, originaires de la bande de Gaza, ont fui un centre de détention des forces kurdes près de la ville de Tal Abyad, conquise par les forces turques dans le nord syrien, d'après une source proche du dossier à Gaza. Les trois hommes ont appelé leurs familles mercredi, leur assurant qu'ils n'avaient pas l'intention de rentrer, selon la même source. Avant de rallier l'EI, deux d'entre eux étaient membres de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, d'après la source.

Fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, les forces kurdes retiennent des milliers de jihadistes et leurs familles dans des prisons et des camps dans le nord du pays en guerre. Maintes fois, les autorités kurdes, mais aussi les pays européens, ont mis en garde contre une résurgence de l'EI à la faveur de l'opération d'Ankara.


(Lire aussi : Paris négocie à Bagdad le transfert de ses jihadistes de Syrie)



Dimanche, les autorités kurdes ont rapporté l'évasion de près de 800 femmes et enfants de jihadistes étrangers d'un camp de déplacés à Aïn Issa, situé à proximité de combats entre forces kurdes et supplétifs syriens proturcs. Au moins trois Françaises qui étaient retenues ont été "récupérées" par des jihadistes de l'EI, selon des informations de proches transmises à leur avocate. Quelques jours plus tôt, cinq jihadistes de l'EI se sont échappés d'une prison près de la ville de Qamichli (nord-est), selon les forces kurdes. La Belgique a ensuite annoncé la fuite de deux jihadistes belges, sans détailler les circonstances de leur évasion.

Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les combattants kurdes, Mazloum Abdi, a annoncé mercredi le "gel" des opérations contre l'EI. Les FDS se contenteront d'opérations "défensives".

Durant les longues années de lutte contre l'EI, les FDS avaient bénéficié du soutien de la coalition internationale emmenée par Washington. En mars, elles ont proclamé la fin du "califat" des jihadistes, avec la conquête de leur dernier bastion de Baghouz. Depuis, les FDS traquent les jihadistes qui ont renoué avec la clandestinité et formé des cellules dormantes, notamment dans la province de Deir ez-Zor (est).

Quelque 12.000 jihadistes de l'EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons des Kurdes en Syrie, selon les autorités locales kurdes. De plus, les camps de déplacés accueillent 12.000 étrangers, 4.000 femmes et 8.000 enfants de jihadistes parqués sous haute surveillance.


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