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Liban

Observer les oiseaux migrateurs, le temps d’une journée

Que faire ce week-end

Demain, samedi, on a le choix entre Denniyé et le Haut-Metn pour contempler des aigles pomarins, des buses féroces, ou des faucons crécerelles.

11/10/2019

Et si, samedi, vous joigniez l’utile à l’agréable ? S’évader dans une nature luxuriante, loin du boucan de la ville, en apprendre plus sur l’environnement en général et, en particulier, sur les oiseaux, objet de contemplation et de considération plutôt que de chasse : voici ce que proposent deux chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) spécialisés dans les questions environnementales, Carla Khater et Johnny Fenianos, dans le cadre d’une journée d’observation, samedi, des oiseaux migrateurs à Denniyé, au Liban-Nord, et à Hammana, dans le Haut-Metn.

La question des oiseaux, au Liban, est importante, sachant que 41 % des espèces répertoriées sur le territoire, ont une population décroissante, selon les rapports de l’association pour la conservation des oiseaux au Liban (ABCL), de la société pour la protection de la nature au Liban (SPNL) et d’autres ONG internationales. L’itinéraire de samedi a été choisi en fonction de celui qui est emprunté par les oiseaux lors de leur migration vers l’Afrique. Après avoir passé l’été en Europe, ils survolent le Liban, véritable « couloir de migration ». Le pays est en effet traversé par des courants d’air chaud qui leur permettent de planer et de minimiser leurs efforts. Le passage de ces oiseaux migrateurs sera d’autant plus impressionnant qu’en automne, les jeunes oiseaux nés au printemps font partie du voyage. Ainsi, les participants à cette journée d’observation auront peut-être la chance de contempler des aigles pomarins, des buses féroces ou encore des faucons crécerelles. Cependant, les activités ne se limiteront pas à l’observation. Des animations, de la photographie et des jeux de nature à susciter l’engouement des enfants sont au programme. Pour profiter à plein de ces activités, il est recommandé de s’équiper de chaussures de marche et de s’armer de patience.

L’initiative de Carla Khater et de Johnny Fenianos s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs et, plus largement, dans celui de la campagne du ministère de l’Environnement en faveur d’une chasse responsable. Le ministre Fady Jreissati doit ailleurs y prendre part, aux côtés de Claudine Aoun Roukoz, présidente de la Commission nationale de la femme, des présidents de municipalité et d’autres officiels des deux régions.



(Lire aussi : Chasse aux oiseaux migrateurs : un constat mitigé, mais les mauvaises pratiques ont la vie dure)



Un encadrement par l’ABCL et la SPNL
La journée sera encadrée par une ONG sur chacun des sites. Les plus téméraires pourront éventuellement se rendre aux deux, puisque l’une est prévue en matinée, l’autre l’après-midi. Ceux qui souhaitent prendre leur temps et profiter de toutes les activités proposées peuvent se rendre le matin à Behwayta (Denniyé), où l’encadrement des visiteurs est organisé par l’ABCL dont la mission est de « travailler pour la préservation des oiseaux dans leur habitat naturel ». Sinon, ils peuvent se rendre l’après-midi à Hammana (Haut-Metn), où ils seront pris en charge par la SPNL dont les efforts se concentrent, depuis sa création en 1984, sur la régulation de la chasse.

Au Liban, la chasse illégale a la vie dure, malgré l’adoption de lois réglementant cette pratique. Si les ONG déplorent un nombre excessif de chasseurs dotés d’une licence par rapport à la taille du Liban, le vrai problème se situe au niveau des braconniers qui abattent les oiseaux, comestibles ou pas, ou qui ont recours à du matériel interdit (colle, filet, appareils qui imitent les gazouillis et lumière éblouissante) pour en chasser le plus grand nombre. Régulièrement, ce sont de véritables massacres d’oiseaux qui sont dénoncés par les ONG. Et notamment d’oiseaux migrateurs et de rapaces, de surcroît non comestibles.

Prenant le contre-pied de ces pratiques de chasse illégale, le projet s’inscrit dans une volonté de répandre, à travers le Liban, la pratique du « birdwatching » (observation d’oiseaux) populaire en Europe depuis plus de vingt ans déjà. Une pratique qui, au-delà de son côté ludique et instructif, stimule l’économie locale.



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Honneur et Patrie

Ancien chasseur, mes deux premières grives datent de février 1941, repenti depuis 1973, converti à l'anti-chasse et radicalisé en faveur de l'interdiction totale et définitive de la chasse et son commerce au Liban comme en Israél. En Israél les perdrix et les rouges-gorges entrent dans les maisons.
Aigles, buses, faucons, tourterelles, grives, merles, cailles, alouettes migratrices et autres passereaux ont séjourné dans ma gibecière.
Mea-culpa et tous mes regrets.
Le Faucon-Pèlerin.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

OBSERVER LES OISEAUX MIGRATEURS PASSER AU LIBAN SANS LES TIRER SERAIT UN GRAND MIRACLE.

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