Processus imparable. Chaque quelque temps, il y a comme une espèce de gros testicule dans le consommé local qui fait que le pays se retrouve un pied au-dessus du gouffre et l’autre sur une peau de banane.
Un jour, ce sont deux barbons qui se crêpent la touffe pour de stupides questions d’orgueil et d’ego surdimensionné, un autre, on mobilise le landerneau pour les réconcilier… avant que les deux guignols suivants ne ruent dans les brancards, ne serait-ce que pour exister auprès de leurs ouailles.
Un coup on tend une main minable en bêlant devant les investisseurs, un coup on dresse un poing vengeur pour réclamer trois fermes et quatre buissons dont on a laissé la gestion aux Syriens pendant 40 ans sans piper mot.
La piétaille se serre la ceinture et la canaille étale sa panse et lui tend sa pointure. Tu votes pour un baltringue qui te promet la couronne d’Angleterre, il te fait aussitôt un enfant dans le dos en pactisant avec un fanatique ou un tordu du camp opposé. Commissions mirobolantes sur les marchés publics, délits d’initié, abus de biens sociaux sont synonymes d’intelligence et de savoir-faire. Mais écrire des âneries sur Twitter ou partager une photo sur un réseau social déclenchent illico une curée policière et un concert de savoir-braire.
Bref, chaque pays savoure les problèmes qu’il peut ! Aux grandes nations les grands tracas, aux petits bleds les petites mesquineries. En revanche, quelle chance inouïe que d’être libanais en 2019 ! Pas de chicane comme en Europe entre démocrates et populistes. Ici, sur chaque caillou, y a un petit chefaillon qui aboie. Pas de syndrome d’armes à feu comme aux États-Unis. Chez nous, chaque clampin a un canon de mortier, parfois même un missile, dans son frigo. Pas de joutes verbales non plus autour de l’environnement : nos peaux de banane se jettent par les portières des autos, nos villes sniffent bon les ordures ménagères et le clapotis des vagues fait frémir nos décharges à ciel ouvert.
Sauf qu’il y a la crise financière qui guette… Chaque quelque temps, nos gougnafiers s’en rappellent et ameutent toute la bananeraie locale pour faire croire qu’ils cuisinent des solutions intelligentes. Alors, ils moulinent les mêmes idées, adoptant cet air grave et compassé qu’ont la plupart des dirigeants dès lors qu’il y a une caméra à lécher ou un micro à téter. Mais dès qu’il s’agit de donner un vrai coup de balai, la femme de ménage s’affiche aux abonnés absents.
Le problème, c’est que chez nous, suffit pas de faire le ménage. Faut aussi dégager les poubelles.
gabynasr@lorientlejour.com


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Cher Gaby, Tant que les libanais ne se seront pas soumis (puisque de toute façon l'histoire du Liban n'est faite que de soumission et de corruption depuis lindependance ) aux puissances "exemplaires" souhaitées par la niaiserie locale , le Liban ne pourra jamais être considéré comme fort et indépendant. Et gnein gnein gnein..... bon week-end Gaby. De la part d'une alouette .
16 h 57, le 06 septembre 2019