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À La Une - Yémen

Le gouvernement yéménite veut un dialogue direct avec les Emirats

Selon le ministre de l'Intérieur, "les Emirats sont l'acteur principal et originel du conflit".

Des combattants yéménites anti-houthis entraînés par les Emirats arabes unis, patrouillent près de Zinjibar, au Yémen, le 2 septembre 2019. AFP / Nabil HASAN

Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale s'est dit prêt mercredi à un dialogue direct avec les Emirats arabes unis, qu'il accuse de soutenir les séparatistes dans le sud du Yémen.

Face aux séparatistes, les troupes gouvernementales ont perdu ces dernières semaines le contrôle de la quasi-totalité du Yémen du Sud. L'Arabie saoudite a proposé, pour apaiser la tension dans le Sud, un dialogue inter-yéménite à Djeddah et le STC s'est dit prêt à y participer.

"Nous n'irons pas à la table des discussions avec ce qu'on appelle (le Conseil) de transition" du Sud (STC - séparatistes), a déclaré le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur Ahmed Maisari. "S'il doit y avoir un dialogue ce sera avec nos frères des Emirats arabes unis et sous la houlette de nos frères d'Arabie saoudite", a-t-il ajouté dans un message diffusé sur la chaîne YouTube du ministère. Selon lui, "les Emirats sont l'acteur principal et originel du conflit".

Mais plus tard dans la journée de mercredi, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a réitéré l'engagement de son pays aux pourparlers proposés par l'Arabie saoudite. "Nous attendons avec confiance et optimisme la réunion de Djeddah entre le gouvernement yéménite frère et le STC", a tweeté M. Gargash. "L'unité contre le coup d'Etat des houthis et un effort redoublé pour l'affronter est la priorité", a-t-il ajouté.



(Pour mémoire : Frappe de la coalition au Yémen : la Croix-Rouge évoque un bilan supérieur à 100 morts)



Depuis 2015, une coalition menée par l'Arabie saoudite intervient au Yémen en soutien au gouvernement et contre les rebelles houthis, accusés par Riyad d'être appuyés par son grand rival régional, l'Iran. Mais depuis août, un nouveau front s'est ouvert à Aden (sud), entre les forces du gouvernement et les séparatistes voulant l'indépendance du sud du Yémen.

Aden, déclarée capitale provisoire du Yémen après la prise de Sanaa par les rebelles houthis en 2014, est désormais sous le contrôle du STC. Les séparatistes accusent depuis des années le pouvoir central de discriminer les Yéménites du Sud et de répartir injustement les richesses du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique.

La semaine dernière, le gouvernement yéménite a accusé ouvertement les Emirats d'aider militairement ces séparatistes, notamment avec des raids aériens contre ses troupes.

"Nous ne voulons pas discuter avec les pions, nous voulons le faire avec ceux qui les détiennent", a fustigé M. Al-Maisari. "Nous retournerons à Aden avec leur consentement ou par la guerre. Et l'armée nationale y est prête", a-t-il prévenu.

Le conflit entre le gouvernement et les séparatistes a aggravé la crise humanitaire au Yémen, considérée comme la plus grave au monde selon l'ONU. Des experts des Nations unies ont fait état mardi d'"une multitude de crimes de guerre" qui auraient été commises par les diverses parties en conflit. La crise dans le sud du Yémen a également soulevé des questions concernant l'alliance entre Riyad et son principal allié Abou Dhabi.


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Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale s'est dit prêt mercredi à un dialogue direct avec les Emirats arabes unis, qu'il accuse de soutenir les séparatistes dans le sud du Yémen. Face aux séparatistes, les troupes gouvernementales ont perdu ces dernières semaines le contrôle de la quasi-totalité du Yémen du Sud. L'Arabie saoudite a proposé, pour ...

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