X

À La Une

L'Iran jette un froid sur la perspective d'une rencontre Trump-Rohani

tensions

"Vous devez retirer toutes les sanctions illégales, injustes et erronées contre la nation iranienne (...) Faites le premier pas. Sans (la levée des sanctions), le verrou ne sera pas débloqué", déclare le président iranien.

OLJ/AFP
27/08/2019
Le président iranien Hassan Rohani a appelé mardi les Etats-Unis à "faire le premier pas", en levant toutes les sanctions contre son pays, jetant un froid sur la possibilité à court-terme d'une rencontre avec son homologue américain Donald Trump.


Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a, lui, souligné le même jour avoir décrit lors de sa visite surprise au G7 de Biarritz, une telle rencontre comme "inimaginable" même si Washington décidait de réintégrer l'accord international visant à limiter le programme nucléaire iranien.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, des ennemis jurés, se sont exacerbées depuis le retrait de Washington en 2018 de ce pacte, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran. Une légère décrispation était toutefois apparue à l'occasion du sommet du G7 en France ces derniers jours, Donald Trump -qui ne cesse de fustiger l'Iran- n'écartant pas le principe d'une rencontre avec M. Rohani.

"Vous devez retirer toutes les sanctions illégales, injustes et erronées contre la nation iranienne", a réagi M. Rohani dans un discours retransmis sur la TV d'Etat. "La clé d'un changement positif est entre les mains de Washington", car l'Iran a déjà exclu de faire ce qui inquiète le plus les Etats-Unis : la fabrication d'une bombe atomique, a-t-il argué. "Si, honnêtement, c'est votre seule préoccupation, celle-ci a déjà été exclue" par une fatwa du guide suprême Ali Khamenei en 2003. "Alors faites le premier pas. Sans (la levée des sanctions), le verrou ne sera pas débloqué", a lancé M. Rohani.



(Lire aussi : USA-Iran : Macron pose les jalons de la détente)




"Espoir"
La montée des tensions irano-américaines avec des attaques mystérieuses contre des navires dans la région du Golfe en mai et juin, un drone abattu et des pétroliers saisis, a fait craindre une escalade incontrôlable.

Mais à la question "est-il réaliste que vous rencontriez M. Rohani dans les prochaines semaines?", posée lundi par la presse en France, Donald Trump a répondu par l'affirmative.
Le même jour, le président français Emmanuel Macron, qui défend l'accord nucléaire, a indiqué que les discussions au G7 avaient créé "les conditions d'une rencontre et donc d'un accord" entre MM. Trump et Rohani.

La possibilité d'une telle rencontre a été néanmoins bien accueillie par les marchés financiers, inquiets des tensions dans le Golfe, une région cruciale pour les échanges mondiaux de pétrole.
"L'espoir grandit que les tensions puissent être tempérées après l'initiative de M. Macron pour faciliter une rencontre entre Donald Trump et son homologue iranien", a estimé James Hugues, analyste pour la firme de courtage AxiTrader.

A Téhéran, la monnaie nationale, le rial, s'est redressée. Sur le marché noir, il fallait 112.000 rials pour un dollar mardi contre 117.500 il y a une semaine, selon le site Bonbast qui suit les fluctuations des taux de change.

Disant espérer que cette rencontre puisse s'organiser "dans les prochaines semaines", M. Macron a toutefois prévenu que "rien n'est fait" et que "les choses sont éminemment fragiles".

Les propos tenus en Asie par M. Zarif illustrent cette fragilité: "A Biarritz, j'ai dit que les perspectives d'une rencontre entre le président iranien et Trump étaient inimaginables" tant que Washington ne revenait pas dans l'accord nucléaire. "Et même dans ce cas, nous n'aurons pas de négociations bilatérales".



(Lire aussi : Nucléaire : Rohani défend la carte diplomatique face aux critiques de l'aile dure du régime)



Simple photo ?
Dès lundi, M. Rohani s'était dit ouvert au dialogue, ce qui lui a valu les critiques de l'aile dure du régime. Mais le lendemain, il a insisté sur le fait que les Etats-Unis devaient "revenir sur leurs erreurs" et se conformer aux engagements pris dans l'accord nucléaire de 2015 qui reposait sur une levée des sanctions en échange de l'engagement iranien de ne pas se doter de l'arme nucléaire. Mais, après le rétablissement de sanctions américaines étouffant son économie, Téhéran a riposté en rompant avec des engagements pris aux termes du pacte. Il menace de continuer à le détricoter s'il n'obtient pas de contreparties.

"Nous cherchons à résoudre les problèmes d'une manière rationnelle, mais nous ne cherchons pas des occasions de poser pour des photos", a averti M. Rohani.

La possible rencontre Rohani-Trump a été dénoncée comme "une occasion de poser pour une photo" pas plus, à la Une du journal iranien Javan, proche des gardiens de la révolution, alors que les deux présidents doivent être à New York pour l'Assemblée générale fin septembre.

Un sentiment partagé par une partie des Iraniens. Pour Valiollah Tavakoli, auto-entrepreneur à Téhéran, "la situation des gens empire chaque jour. Comme le dit le guide suprême, les négociations avec l'Amérique sont inutiles".




Pour mémoire
Le Drian répond à Trump : La France "n'a besoin d'aucune autorisation" pour s'exprimer sur l'Iran

Nucléaire iranien : un émissaire français à Téhéran pour "éviter l'accident"

Nucléaire : Téhéran accroît l'enrichissement d'uranium et met l'Europe en garde

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Bery tus

L’iran Après le coup de marketing vas rabaisser son claquer et venir parlementer avec les USA cela sans qu’aucune condition ne soit sur la table !!

Ces coups de pubs sont destiner au peuple iranien ni plus ni moins

BOSS QUI BOSSE

"Nous cherchons à résoudre les problèmes d'une manière rationnelle, mais nous ne cherchons pas des +pauses photos+", a-t-il dit.

ET DES TAPES DANS LE DOS………………………. HAHAHAHAHAHAHAHAHA....

VOILA A QUOI SONT REDUITS LES OCCIDENTAUX PROCHE DU CLOWN ET DE SA CLIQUE ...

BOSS QUI BOSSE

IL NE TEMPERE RIEN DU TOUT , IL POSE SES CONDITIONS C'EST TOUT .

SVP L'OLJ D'URGENCE UNE RUBRIQUE "LEXIQUE ET VOCABULAIRE" SVP .

CA URGE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE FERA PAS LE PREMIER PAS SINON IL PERD TOUT CREDIT. C,EST A ROHANI D,ACCEPTER DE DISCUTER SANS CONDITIONS PREALABLES, ET C,EST CE QUI SE FERA.

Bustros Mitri

Une fatwa pour garantir que l’Iran ne fabriquera pas une bombe atomique...
Macron devra vendre ça à Trump..hahahaha..

BOSS QUI BOSSE

hahahahaha … scénario Nord Coréen hahahaha…

Allez les yanky , faites le ce 1er pas , hahahaha… demandez des excuses à l'Iran NPR , on le sent vous n'en pouvez plus de souffrir de leur obstination sans pouvoir y faire quelque chose ...

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Gouvernement : divergences minimes dans un grand dialogue de sourds

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants