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Moyen Orient et Monde

USA-Iran : Macron pose les jalons de la détente

Commentaire
27/08/2019

Emmanuel Macron a réussi son coup de poker diplomatique. Le président français a annoncé hier que les discussions du G7 ont créé les « conditions d’une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani ». Autrement dit : le volontarisme d’Emmanuel Macron a permis de ramener Iraniens et Américains à la table des négociations et à la France de se placer comme un médiateur de la crise. Cette avancée a été rendue possible par la visite surprise du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à Biarritz, invité par le président français en coordination avec son homologue américain. Paris cherche à convaincre Washington de donner un peu d’air à Téhéran, en lui permettant de vendre à nouveau son pétrole à certains pays, en contrepartie de quoi Téhéran s’engagerait à respecter à nouveau les limitations prévues par l’accord nucléaire (JCPOA).

Donald Trump a confirmé hier qu’une rencontre avec le président Rohani était possible dans les prochaines semaines « si les circonstances sont convenables ». Convaincu que la France doit jouer un rôle de médiateur capable de parler à toutes les parties au Moyen-Orient, Emmanuel Macron cherchait depuis 2017 à promouvoir une troisième voie sur le dossier iranien susceptible de permettre aux deux parties de négocier. Paris insistait sur la nécessité de respecter le JCPOA tout en partageant les critiques américaines sur la politique balistique de l’Iran et sur son ingérence au Moyen-Orient. La France optait pour un accord complémentaire qui viserait à régler ces deux questions ainsi qu’à pérenniser le JCPOA.


(Lire aussi : Nucléaire : Rohani défend la carte diplomatique face aux critiques de l'aile dure du régime)


Cette approche avait toutefois fait l’objet d’une fin de non-recevoir tant de la part des Iraniens – notamment lors de la visite de Jean-Yves Le Drian à Téhéran en mars 2018 – que des Américains. Donald Trump répondait récemment sèchement à la tentative de médiation française en rappelant que « personne ne parle au nom des États-Unis ».

Le succès de l’initiative française ne doit cependant pas faire perdre de vue l’essentiel : le plus dur reste largement à faire. La rencontre Trump-Rohani peut ne jamais avoir lieu tant en raison du caractère imprévisible du locataire de la Maison-Blanche que des faucons des deux camps opposés à toutes formes de négociations.

Hassan Rohani, adepte d’une approche diplomatique, n’a rien à gagner à s’afficher aux côtés de son homologue américain sauf si cela peut permettre d’alléger les sanctions américaines qui pèsent lourdement sur l’économie iranienne. Donald Trump, qui a dit à plusieurs reprises vouloir rencontrer un dirigeant iranien, semble persuader de pouvoir conclure un « deal » en position de force, ce qui impliquerait que l’Iran s’engage au niveau de l’encadrement de ses missiles balistiques et renonce à une grande partie de son influence au Moyen-Orient. Cela paraît aujourd’hui totalement irréaliste tant ces deux dossiers sont perçus comme des lignes rouges par la République islamique.


(Lire aussi : Le Drian répond à Trump : La France "n'a besoin d'aucune autorisation" pour s'exprimer sur l'Iran)

Un allègement des sanctions est-il possible sans un geste important de la part des Iraniens ? Ce geste peut-il être le retour de l’Iran dans le cadre du JCPOA alors même que cet accord a été largement critiqué par la Maison-Blanche ? Hassan Rohani peut-il se contenter d’un allègement des sanctions alors qu’une rencontre avec le président américain susciterait de vives critiques de la part du camp des durs et pourrait être perçu comme un signe de faiblesse de la part de l’Iran ?

Il faudra faire preuve d’une grande créativité diplomatique pour parvenir à concilier ces deux positions maximalistes. Mais même si les négociations ne donnent aucun résultat concret, leur simple existence pourrait permettre de calmer, pour un temps, les tensions liées au bras de fer américano-iranien dans la région. À moins que toute cette initiative soit rendue impossible par une nouvelle escalade irano-israélienne : à l’instar des durs iraniens, Benjamin Netanyahu doit voir d’un très mauvais œil une possible rencontre Trump-Rohani.


Lire aussi
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Quelle naïveté de votre part Mr Samrani !

Rien que cette phrase que vous avez vous même écrite

"Benjamin Netanyahu doit voir d’un très mauvais œil une possible rencontre Trump-Rohani" résume à elle seule toute la charge de cette naïveté puérile .

Comment macron pourrait il réussir à faire des miracles si le clown à qui il s'adresse attend lui même des "feu vert" de ceux qui les ont mis là à tous les deux ?

Toute la série de points d'interrogation que vous mentionnez n'ont aucun sens si les " décideurs " de guerre et de paix ne sentaient pas menacé chez eux en usurpie .

Tout ce qu'on vient de vivre au G7 n'est qu'une partie de poker menteur , où le dernier qui aura retiré son fer du fer aura perdu .

Tant que les "décideurs" de guerre et de paix n'auront pas senti sur leur tête la menace croissante des progrès fulgurants des missiles balistiques iraniens ils continueront à louvoyer , et même à signer ce que vous voulez et à y revenir .

REGARDEZ SEULEMENT OU SE TROUVE LE CAS COREEN DU NORD EN CE MOMENT ET AJUSTEZ VOS ANALYSES .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS TRUMP RESTE IMPREVISIBLE ! ON S,ATTEND A DE MEGA DECULOTTAGES AYATOLLAHIENS.

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