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Liban

Le Conseil des ministres complète la formation du Conseil constitutionnel

Exécutif

Les FL accusent le CPL de les avoir « trahies » en faisant échec à leur candidat.

Fady NOUN | OLJ
23/08/2019

Le gouvernement réuni hier sous la présidence du chef de l’État Michel Aoun, au palais de Beiteddine, a complété l’élection du nouveau Conseil constitutionnel, avec la nomination des cinq membres qu’il lui appartient de désigner, en complément des cinq membres déjà élus par la Chambre. Les cinq membres élus hier sont Élias Bou Eid (maronite), Élias Machraqani (grec-catholique), Fawzat Farhat (chiite), Omar Hamzé (sunnite) et Abdallah Chami (grec-orthodoxe).

Le 27 juin dernier, la Chambre des députés avait élu Tannous Mechleb (maronite, proche du Courant patriotique libre), Aouni Ramadan (chiite, appuyé par le mouvement Amal), Akram Baassiri (sunnite, bénéficiant de l’aval du courant du Futur), Antoine Breidi (grec-orthodoxe, soutenu par le CPL) et Riad Abou Ghida (druze, soutenu par le Parti socialiste progressiste).

L’élection d’hier, qui n’était pas inscrite à l’ordre du jour de la réunion, a suscité une vive opposition des Forces libanaises et, presque dans une égale mesure, du PSP et des Marada. En cause, la nomination du candidat maronite, Élias Bou Eid, contre lequel ont voté les ministres FL et PSP, les membres restants du CC proposés n’ayant suscité aucune opposition.

« Nous sommes contre ce qui s’est passé » concernant les nominations au sein du CC, a affirmé le ministre FL des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian. Indigné par la « disparition de toute éthique politique », M. Kouyoumjian a indiqué que les noms des nouveaux membres du CC « n’ont pas été soumis au préalable à l’examen des membres du gouvernement ». Selon les indications disponibles, il semble que les FL avaient l’accord de Nabih Berry et Saad Hariri à la nomination de leur candidat au CC, le constitutionnaliste Saïd Malek, un maronite. C’est même à cette condition que les FL avaient voté à la Chambre en faveur de la liste avancée pour les cinq premiers membres.



(Lire aussi : Le Conseil des ministres donne gain de cause à Abousleiman)



Les FL crient à « la trahison »
Dans les milieux proches du CPL, on avance pour cette dérobade le simple fait que le candidat maronite qui a finalement été élu, à savoir Élias Bou Eid, « était plus qualifié pour la fonction » et que les FL n’avaient pas avancé d’autre nom pour que l’on puisse tenir compte de leur poids politique dans la composition du Conseil. Sachant par ailleurs que le chef de l’État avait, dès le départ, exigé que le président du Conseil constitutionnel, qui doit appartenir à la communauté maronite, soit proche de la présidence.

Le vice-président des FL, Antoine Zahra, n’a pas hésité à crier, au micro de la MTV, à la « trahison » et a mis en cause à ce sujet le chef du CPL, Gebran Bassil. « L’expérience nous a appris que Gebran Bassil pose des conditions et bloque tout pour qu’en fin de compte, il obtienne satisfaction », a dit M. Zahra.

Mercredi soir, le chef du CPL s’était entretenu, loin des médias, avec le Premier ministre Saad Hariri. Selon des sources proches de M. Bassil, il s’agissait d’un entretien de « coordination », au cours duquel l’atmosphère était « excellente comme d’habitude ». Selon des sources concordantes, les deux hommes ont évoqué le dossier des nominations au sein du CC.

L’OTV, télévision du CPL, n’a pas manqué de railler, après le Conseil des ministres, l’ambition affichée par les FL de se rapprocher du Premier ministre, affirmant que sur les sujets d’importance nationale, le partenariat entre le CPL et le courant du Futur reprend ses droits.



Les frères Fattouche
Sur un autre plan, le gouvernement a décidé de demander au cabinet d’avocats américain Lewis Kauffman Middlemiss de défendre les intérêts du Liban dans le procès intenté aux États-Unis contre l’État libanais par les frères Pierre et Moussa Fattouche qui réclament plus de 219 millions de dollars de dommages et intérêts après la décision du Conseil d’État de fermer les carrières à Aïn Dara, dans le Chouf, en 2005.

Inutile de dire que l’examen de ce point de l’ordre du jour a tout à la fois révolté les défenseurs des intérêts du Trésor et réveillé la polémique entre le PSP et le Hezbollah sur le projet de construction par les hommes d’affaires d’une mégacimenterie sur les hauteurs de Aïn Dara.

Le chef du CPL, Gebran Bassil, a proposé de contre-attaquer et demandé d’engager un procès aux frères Fattouche qui tiendrait compte de l’impact sur l’environnement de leurs carrières, ainsi qu’une vérification rigoureuse de leurs comptes fiscaux.


Participation à la Finul
Par ailleurs, sur proposition du ministre de la Défense, le gouvernement a approuvé la participation de l’armée libanaise à un contingent de la Finul, à charge que sa mission soit placée sous la clause du maintien de la paix, dans un climat de neutralité, et non sous celle du chapitre 7 de la Charte de l’ONU, comme force d’intervention.

Sur un autre plan, Gebran Bassil a proposé un projet d’amendement de la loi concernant les personnes à besoins spéciaux et l’adhésion du Liban aux traités internationaux concernés. Ce projet a été transmis au Parlement.


Pour mémoire
Les nominations, prochain épisode du bras de fer dans la montagne


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Honneur et Patrie

De quel droit, un ministre de surcroît candidat du Hezbollah à l'élection présidentielle, se mêle-t-il de l'élection au Conseil Constitutionnel ? Qui l'a chargé de choisir entre deux candidats sur le degré de leur compétence dans les matières constitutionnelles ? Est-ce le rôle d'un ministre controversé de juger que l'un des candidats est plus compétent qu'un autre ? Y a-t-il une limite à la dictature de cette carpette d'une formation qui porte allégeance à un Etat étranger ?

Bambino

Dans les pays civilisés le Conseil Constitutionnel est composé de membres nommés pour leur haute compétence juridique et leur intégrité unanimement reconnue. Ils ne doivent être proches d'aucun parti et être au-dessus de toute appartenance confessionnelle, partisane ou autre. Seul au Liban un Conseil des Ministres représentant tous les partis et toutes les communautés nomme un Conseil constitutionnel à son image. Quand donc ce pauvre Liban va-t-il dépasser ces pratiques moyenâgeuses et obscurantistes?

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