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Diaspora

Sarah Khawand, productrice de vidéoclips ambitieuse et audacieuse à Los Angeles

Portrait

La jeune femme d’origine libanaise vient de produire le clip d’un célèbre acteur et rappeur américain.


29/07/2019

Vivre à Hollywood signifie parfois vivre à cent à l’heure. Et Sarah Khawand ne perd pas son temps. En quatre ans, depuis son départ du Liban, la jeune Libanaise et productrice de vidéoclips a déjà fait du chemin. À son actif, la production d’un clip récent du rappeur et acteur américain Xzibit, et des collaborations avec des artistes comme Kali Uchis, Tyler the Creator, Dita Von Teese, Bebe Huxley, Love Bailey, Candy Ken et Madison Beer.

Celle qui a grandi à Dhour el-Choueir, d’où est originaire sa maman, a toujours eu une passion pour le monde de la musique. « Depuis que je suis jeune, je chante de l’opéra, je joue du piano et je suis également danseuse professionnelle, confie Sarah Khawand à L’Orient-Le Jour. Ayant grandi en regardant les vidéoclips, ceux de Beyoncé ou encore de Shakira, qui est libanaise comme moi, j’ai toujours senti que je pouvais vivre ma passion dans ce milieu. »

Diplômée de l’ALBA en audiovisuel, c’est au California Institute of the Arts à Los Angeles que Sarah poursuit ses études dans ce domaine, avant d’ouvrir sa boîte de production After Hours Studio avec son collègue Xavier Hamel. Elle collaborait déjà avec des réalisateurs comme James Franco, Nadia Lee Cohen, Luke Gilford et Renata Raksha, avant que le réalisateur Matthew Barnes ne lui propose de produire le clip War du rappeur Xzibit, où se mélangent femmes, alcool, poker et contrebande.


« Dans mes films, les femmes sont libres »
La jeune réalisatrice de 26 ans ne craint en tout cas pas les sujets épineux. Son film de diplôme, à l’ALBA, Porn this Way, donnait déjà le ton, puisqu’il raconte l’aventure d’une jeune fille voulant perdre sa virginité. Son court métrage musical LA Girl, produit au California Institute of the Arts, relate l’histoire d’une Libanaise venue à Hollywood pour devenir une star. « C’est un cliché que j’ai voulu rendre plus personnel, en montrant les réalités, les déceptions et les échecs dans cette industrie, dit-elle. Je voulais être devant et derrière la caméra. J’ai donc coécrit les chansons, joué le rôle principal de Molly Pop et réalisé le film. Il a été sélectionné pour être diffusé au théâtre Redcat et à Moebius, le showcase de l’agence CAA qui sélectionne chaque année 12 films d’étudiants en master. »

Elle ajoute : « Le thème du film pourrait être qualifié de scandaleux pour le public libanais, mais pour les États-Unis je dirais qu’il est plutôt courageux. J’aime dire la vérité telle qu’elle est, sans l’embellir. Je veux parler des femmes, de leurs combats et de leur sexualité sans restrictions. Dans mes films, les femmes sont libres. Car c’est mon devoir, en tant que réalisatrice d’être authentique ; je ne suis pas là pour suivre les codes. Cela m’effraie parfois mais j’ai confiance en moi… »


Un chemin tout tracé
Pour Sarah Khawand, l’aboutissement, c’est quand elle a la chance de travailler avec des personnes qu’elle admirait étant enfant. « Cela m’aide à progresser, dit-elle. Vivre à Los Angeles est un véritable challenge. Il faut toujours avoir les choses bien en main, saisir les opportunités. C’est un milieu très compétitif que j’apprécie, quand cela me pousse à toujours aller de l’avant. Mais il n’y a pas de zone de confort et je me remets toujours en question. Ici, le travail dur paie, mais il faut être le meilleur. »

Et le Liban dans tout ça ? Sarah ne compte pas y retourner de sitôt! « Maintenant, je produis de nouveaux vidéoclips et je travaille dur car j’aimerais devenir productrice exécutive, explique-t-elle. C’est l’étape suivante à laquelle je devrais naturellement aboutir, étant donné que j’ai déjà exercé le métier de producteur qui est extrêmement important. Plus tard, cela pourrait m’aider à réaliser moi-même des vidéoclips. »

« Au Liban, le nombre de clips produits est beaucoup moins important, ajoute Sarah, comme pour s’en excuser. Je sens qu’il y a davantage d’espace pour créer ce que l’on veut aux États-Unis. Les gens ne sont pas en compétition directe les uns avec les autres et tout le monde est ouvert au talent. Certains réalisateurs de vidéoclips sont aussi célèbres que des réalisateurs de films ! Alors qu’au Liban, il y a beaucoup d’imitation dans les vidéoclips. On sent qu’il y a une sorte de formule suivie par tous les réalisateurs. Aux États-Unis, il n’y a pas de normes. »

À la question de savoir pour quelle star elle aimerait réaliser un clip au Liban, elle n’hésite pas une seconde : « J’aimerais réaliser un clip pour Haïfa Wehbé. C’est une femme libre qui a décidé qu’elle ferait de sa vie ce qu’elle a envie d’en faire. Elle essaie toujours de présenter quelque chose de nouveau et de créer les tendances. She’s fun ! »

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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