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À La Une - Syrie

Un journaliste citoyen parmi dix-huit civils tués à Idleb

"Je ne quitterai Khan Cheikhoun qu'en martyr", avait un jour promis Anas Dyab, photographe et vidéaste de 22 ans.


Des membres de la Défense civile syrienne (des "Casques blancs") et amis du journaliste Anas al-Dyab, décédé lors de frappes sur la localité de Khan Cheikhoun, lors de son cortège funéraire, à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 21 juillet 2019. Photo AFP / Omar HAJ KADOUR

Un journaliste citoyen a été tué dimanche ainsi que 17 autres civils, dont sept enfants, dans des frappes sur la région d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits humains (OSDH) et une organisation de secouristes opérant en zone rebelle.

Anas Dyab, photographe et vidéaste de 22 ans ayant collaboré avec l'AFP, a péri dans des raids russes sur la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb, a indiqué l'OSDH.

"La Défense civile syrienne pleure la chute du héros Anas al-Dyab", ont annoncé sur Twitter les Casques blancs, dont il était un des bénévoles. Il est décédé "alors qu'il documentait le bombardement aérien de sa ville, Khan Cheikhoun, ce matin", a précisé cette organisation de secouristes qui a fait état de "trois frappes aériennes russes."
"C'est une grande perte pour nous", a déploré auprès de l'AFP le directeur des Casques blancs, Raëd Saleh.

D'après l'Observatoire, le journaliste citoyen a été tué alors qu'il s'était réfugié dans le sous-sol d'un immeuble de trois étages, en compagnie de deux membres du groupe rebelle Jaich al-Ezza.

Des funérailles ont été célébrées dans une mosquée avant que la dépouille ne soit transportée dans une ambulance de la défense civile puis inhumée dans un cimetière de la ville d'Idleb, à défaut d'un enterrement à Khan Cheikhoun en raison des bombardements, a indiqué un journaliste de l'AFP sur place. Les parents d'Anas al-Dyab ainsi que des membres des Casques blancs et d'anciens collègues du défunt étaient présents.

Né en 1997, ce journaliste citoyen fait partie d'une fratrie de quatre enfants. "L'un de ses trois frères est détenu par le régime syrien", selon M. Saleh.

Cible de frappes intenses depuis fin avril, Khan Cheikhoun était devenue une ville fantôme, plusieurs milliers d'habitants ayant fui les bombardements.



(Lire aussi : De Berlin à Idleb, un rebelle syrien décide de reprendre les armes)



Plus de 630 morts
Mais Anas "a choisi de rester avec ses collègues", selon les Casques blancs. Il a été tué alors qu'il "essayait de montrer au monde ce qui se passe en Syrie", a déploré M. Saleh.

"Je ne quitterai Khan Cheikhoun qu'en martyr", avait-il un jour promis, selon sa famille.

Le régime de Bachar el-Assad et son allié russe ont intensifié depuis fin avril leurs bombardements sur la région d'Idleb, qui échappe toujours au contrôle de Damas.

Depuis, plus de 630 civils ont péri dans les bombardements, selon l'OSDH, tandis que plus de 330.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. Le regain de violence intervient malgré un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie - alliée de M. Assad - et la Turquie, parrain de certains groupes rebelles, visant à éviter une offensive d'envergure des forces loyales à Damas.

Dimanche, dix autres civils, dont trois enfants ont été tués ailleurs dans la région d'Idleb.

Depuis le début de l'escalade militaire dans la région d'Idleb, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d'el-Qaëda), cinq secouristes des Casques blancs ont péri, portant à 266 le nombre de bénévoles tués depuis la création de l'organisation en 2013, selon Raëd Saleh.

Les Casques blancs, soutenus par l'Occident, ont été nominés pour le prix Nobel de la paix en 2016. Mais Moscou et Damas accusent le groupe de complicité avec les rebelles et les jihadistes.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a déjà tué plus de 370.000 personnes.



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