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Lifestyle - Rencontre

On ne peut plus rompre cette chaîne humaine qui s’est formée avec « Zyara »

« Zyara », qui fête ses quatre printemps, est déjà en ligne. Pur produit de Cine-Jam, ce n’est pas un simple documentaire web-série. Ce n’est pas non plus une simple expérience filmique. Depuis sa naissance, « Zyara », qui reproduit un morceau du canevas libanais, est une immersion dans les leçons du vécu des autres (qui sont également nous-mêmes) ainsi que dans les émotions. Toutes confondues.


Denise Jabbour et Muriel Aboulrouss rêvent les yeux ouverts.

Rêver, avoir foi en son rêve et enfin trouver les outils nécessaires pour mettre en œuvre ce rêve, quoique souvent inaccessible, tel a toujours été le « motto » de la cinéaste et cinématographe Muriel Aboulrouss et de la productrice Denise Jabbour. Zyara, née il y a quatre ans de ce rêve qui a pris forme, est le fruit d’une expérience unique, concoctée dans le cadre de Cine-Jam, un laboratoire d’idées, créé par Muriel Aboulrouss. Pour Denise Jabbour, Muriel aime être une passeuse de pensées. « Elle aime transmettre sa vision à ses élèves en audiovisuel et c’est Cine-Jam qui leur donnera la possibilité d’une libre créativité et de trouver l’expérience filmique unique, propre à eux », dira-t-elle. « Tout comme Zyara qui a son propre langage, reprend Aboulrouss, chacun peut avoir dans le cadre de Cine-Jam un bébé particulier qui lui ressemble. Aujourd’hui, dit- elle encore, Home of Cine-Jam, association pour les arts humanitaires, enregistrée récemment, est cette maison où l’art est au service de l’humain. » Elle est devenue cette rassembleuse d’expériences créatives dans le processus de la narration d’histoires. Elle embrasse outre Cine-Jam et Zyara, le grand produit, certaines ramifications sur lesquelles l’équipe travaille.




Croire en son rêve

Ayant déjà remporté de nombreux prix, Zyara n’est plus à présenter. C’est une série documentaire qui peint des portraits poétiques d’individus. Mais pas que. À travers ces épisodes d’environ 5 minutes, elle a réussi le pari d’aller au-delà de la toile pour une plongée totale dans les émotions et pour casser les barrières. Aujourd’hui, elle s’introduit même dans les écoles et s’intègre librement dans le système éducatif.

Muriel Aboulrouss et Denise Jabbour qui se sont lancées il y a quatre ans dans cette aventure humaine étaient à mille lieues d’imaginer que cette expérience les mènerait aussi loin. En dépit des difficultés, du manque de soutien financier, elles ont persévéré avec une poignée de bénévoles passionnés. Elles sont sans aucun doute des rêveuses mais leur rêve ne signifie pas avoir la tête dans les étoiles mais bien les pieds sur terre.

Ces mini-séries sont-elles un éclairage sur des personnes jusque-là dans l’ombre ? Non, mais plutôt toutes celles, stars ou pas, dont la vie serait un exemple , une lumière pour les autres. « Les grands résilients de la société, confie la cinéaste. Il y a toujours une facette de la personne, aussi publique soit-elle, qu’on ne connaît pas. » Zyara peut fournir des clefs, ouvrir des portes et s’insérer délicatement et en douceur dans les expériences humaines. « Nous n’avons jamais été ni dans la provocation, ni dans l’exhibitionnisme, ni même dans le sensationnel et le spectaculaire, poursuit Aboulrouss. Nous ne sommes pas là pour faire des scoops, ni pour jouer avec la blessure des autres. Les personnes qui ont bien voulu s’associer avec nous à cette aventure évoquent plutôt leurs cicatrices. La caméra de Zyara s’introduit donc dans leur espace intime. Elle les sent, les caresse , les hume. » De plus à chaque Zyara, un(e) artiste jadis très célèbre et aujourd’hui oublié(e) est mis(e) à l’honneur. La première saison avait comme invitée d’honneur Renée Dick. Et si la seconde était consacrée aux handicapés, ce sont Omar Mikati et Abou Salim (Salah Tizani) qui se sont dévoilés respectivement dans la troisième et la quatrième saisons devant la caméra de Zyara. Une sorte d’hommage pour honorer ces talents en parlant de leurs parcours souvent tortueux. « D’ailleurs, en ce qui concerne Salah Tizani qui fait l’objet de la seconde Zyara de cette saison, dit Denise Jabbour, les gens de la rue l’honorent au quotidien même si le pays néglige ses devoirs. »


« Zyara » va à l’école

Au fil des années, Zyara est devenue une chaîne d’amour et d’amitié qui relie l’équipe de la série ainsi que toutes ces personnes qui se sont associées à ce travail fabuleux. Comme si tous les invités communiaient dans ce même élan d’amour pour abattre les murs de la solitude et du confinement. Elle est comme les battements d’un cœur avec ses pics et ses chutes où l’essence de l’histoire est traduite en cinq minutes. Et ce sont les surimpositions de plans, ces flous qui se déploient sur la toile qui donnent plus d’aspérités au récit. Plus qu’un acte thérapeutique, Zyara est un acte spirituel. Une invitation à s’intérioriser et à méditer afin d’extraire ce qu’il y a de plus profond, de plus enfoui en soi. Muriel Aboulrouss et Denise Jabbour n’ont jamais baissé les bras. « Zyara est un miracle », disent-elles en chœur. Chaque année apporte son lot de bonnes surprises pour ces deux téméraires. Nominées en tant que série « change maker through the web », elles sont invitées en septembre au Danemark pour cette nomination émérite hors du commun. Cette année Aboulrouss et Jabbour avaient écumé les écoles du Chouf et d’autres encore sont au programme pour l’an prochain. « Nous avons réalisé que Zyara est un des meilleurs outils éducationnels à l’école sur le volet émotionnel. Après la projection et la discussion avec les élèves, les petits cœurs renfermés s’ouvrent. « Bullying », viol, complexes d’adolescents, tout est mis sur la table. Et ce sont de nouvelles Zyara qui se forment pour une nouvelle connaissance de soi et un regard tourné vers l’avenir.


Pour mémoire

Et que jamais ne cessent ces « Zyara(s) »...

Fêter la première saison de « Zyara »

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