Des toiles et des histoires

« Portrait de Mme Marjorie Morten », par Gibran Khalil Gibran

Gibran Khalil Gibran, « Portrait de Mme Marjorie Morten”, 1914, huile sur toile, 66 x 63 cm. Collection Basel Dalloul. Photo Anne Ilcinkas

Des toiles et des histoires
01/07/2019

Demander à un collectionneur quels sont sa toile ou son oeuvre d’art préférée est dérangeant. Presque un sacrilège. Peut-on demander à un père ou une mère quel est son enfant préféré ? C’est donc avec une délicate attention que Basel Dalloul souscrit au jeu et, pour éviter tout piège, déclare qu’il choisit le Portrait de Mrs. Marjorie Morten, une oeuvre singulière, d’une importance capitale car unique dans le parcours et la production picturale de Gibran Khalil Gibran.

Son père Ramzi Dalloul avait acquis cette huile sur toile de 66cm x 63cm en 2016 car il croyait ferme à la nécessité de rapatrier le patrimoine libanais à son pays d’origine et de le rendre accessible au public local et international.

Une oeuvre rare, même dans l’ensemble de la peinture et des dessins de l’auteur du Prophète. Le portrait, peint en 1914 et présenté à la première exposition de l’artiste à Montross Gallery à la Fifth Avenue de New York, a pour titre La beauté est éternité se contemplant dans un miroir. Mais tu es l’éternité et tu es le miroir. » Phrase flatteuse et sibylline pour la femme d’Alexandre Morton, proéminente figure sociale new-yorkaise, auteure, artiste et éditrice en chef du New Order Magazine et néanmoins une amie de Gibran. Car tous les deux ont été pour un voyage spirituel à travers le bahaïsme, un concept qui répondait à l’idéologie de l’auteur des Ailes brisées pour l’amour universel, la tolérance et la liberté spirituelle.





La figure humaine est éminemment centrale pour Gibran, et on la trouve généralement dans les scènes représentant l’érotisme, la mort, la maternité, la débauche, etc. Les thèmes évoqués par le romancier et philosophe de Bécharré sont soit entièrement humains, soit empruntent aux créatures mythologiques tels les centaures… Une période où le symbolisme et l’esthétisme avaient le vent en poupe et répondaient parfaitement à l’appel des pinceaux et de l’inspiration poétique de l’auteur de Larmes et sourires.

La toile donne le premier rôle au romantisme plutôt qu’au réalisme. Gibran utilise des couleurs sombres tandis que le visage est le seul élément qui baigne dans un halo lumineux pour un arrière-plan teinté de mystère et d’une atmosphère éthérée. Le peintre rehausse la sensibilité de Marjorie en accentuant une pose rêveuse avec un regard perdu au lointain.


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