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Des toiles et des histoires

« Torch » d’Etel Adnan

Difficile de demander à un(e) collectionneur(euse) de choisir sa « plus belle » acquisition. Il (elle) vous dira qu’elles sont toutes « préférées » et qu’ « on s’y attache comme un parent à ses enfants ». Mais lorsqu’il s’agit de choisir et de raconter la plus belle histoire d’un chef-d’œuvre, les récits et les souvenirs se bousculent. En voici la preuve par dix !

Etel Adnan, « Torch », 1959, 40 x 50 com. Collection Abraham Karabajakian. Photo Anne Ilcinkas

Comme il le fait avec tous les artistes auxquels il s’intéresse dès qu’il en avait l’occasion, Abraham Karabajakian rendait visite à Etel Adnan dans son appartement parisien. Le collectionneur raconte qu’à chaque fois que son regard s’égarait sur les murs où des toiles se faisaient du coude-à-coude, l’une d’entre elles venait systématiquement lui cambrioler l’attention. Il s’agissait, pour reprendre ses mots, d’un « petit Etel de 40x50 cm, hyperpuissant, avec les couleurs que j’adore datant de 1959, bien avant qu’on ne découvre son génie », dont il apprendra pourtant bien plus tard qu’elle représente un flambeau. Quoique de petit format, le tableau en question rayonne par magie à la faveur d’une palette lumineuse aux couleurs du coucher, qui contrastent avec des tonalités plus sombres. Apposant formes géométriques avec texture charnue iconique d’Etel Adnan, que confère sa manière de talocher la surface à la spatule, Torch séduit ainsi Karabajakian de par « la force extraordinaire qui s’en dégage ». Ce n’est que quelques années plus tard qu’Etel Adnan et Simone Fattal décident de vendre le tableau au cofondateur de la collection KA qui n’en revient pas sur le moment. Voulant absolument conclure la transaction, de peur sans doute que l’artiste ne change d’avis, l’acheteur se souvient que Adnan avait inscrit son numéro de compte sur l’une des pages de son chéquier, comme il ne lui en restait plus de feuilles à la maison. Aussitôt, le flambeau est passé, au propre comme au figuré, à Abraham Karabajakian qui l’accroche dans sa chambre et continue de le contempler tous les jours avec autant de ferveur.





Comme il le fait avec tous les artistes auxquels il s’intéresse dès qu’il en avait l’occasion, Abraham Karabajakian rendait visite à Etel Adnan dans son appartement parisien. Le collectionneur raconte qu’à chaque fois que son regard s’égarait sur les murs où des toiles se faisaient du coude-à-coude, l’une d’entre elles venait systématiquement lui cambrioler...

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