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Des toiles et des histoires

« L’église Saint-Jean-Baptiste à Amioun » de Saliba Douaihy

Saliba Douaihy, « L’église Saint-Jean Baptiste à Amioun », circa 1970, huile, collection Farouk Abillama. Photo Anne Ilcinkas

La dernière acquisition est toujours la toile favorite de Farouk Abillama. En l’occurrence, c’est un Saliba Douaihy de la période intermédiaire représentant l’église Saint-Jean-Baptiste bâtie sur une grotte troglodyte à Amioun. En emportant sous son bras cette petite pièce, le collectionneur avait ce jour-là comme une espèce de fièvre. « Cela faisait dix ans que je la convoitais. Mais son propriétaire tergiversait en permanence car son épouse voulait la garder. D’ailleurs, la transaction a déclenché une dispute conjugale. »




Selon les termes de Farouk Abillama, « Saliba Douaihy a eu la clairvoyance de se diriger vers le nouveau monde, alors que tous les autres artistes libanais et arabes allaient vers la France et, dans une moindre mesure, l’Italie, pour se former aux nouveaux courants naissants. Non seulement Saliba Douaihy a pris le bon cap, mais il a eu aussi la force de saisir que l’art du XXe siècle, ce n’était plus les natures mortes et autres nus gracieux, mais l’art de Jackson Pollock, Mark Rothko et Barnett Newman. Un art tout juste né dans les années 40, qu’il a vite adopté dès son arrivée à New York en 1950. Alors qu’il évolue vers une peinture non figurative, l’artiste a continué à peindre ses sujets classiques qui traitent du Liban, mais avec une touche moderne, épurée, dépouillée de détails ». Telle la toile représentant l’église Saint-Jean-Baptiste à Amioun, dans le caza de Koura. « Saliba Douaihy est non seulement un peintre hors pair (lui qui a été étudiant à l’atelier de Habib Srour), mais sa foi profonde et sa maîtrise du mélange des couleurs font de lui un alchimiste (…) Tout n’est pas une question de taille ; ainsi, en regardant cette toile de 60x50 cm, on est saisi par l’audace de ce ciel orangé, qui est assez représentatif du coucher du Soleil au Nord, ces troncs d’arbre bleus et verts, et ce rocher aux nuances de pourpre. Une intensité de couleurs qu’il a probablement voulu contenir dans ces dimensions pour mieux en faire ressortir la force ! »


La dernière acquisition est toujours la toile favorite de Farouk Abillama. En l’occurrence, c’est un Saliba Douaihy de la période intermédiaire représentant l’église Saint-Jean-Baptiste bâtie sur une grotte troglodyte à Amioun. En emportant sous son bras cette petite pièce, le collectionneur avait ce jour-là comme une espèce de fièvre. « Cela faisait dix ans que je la...

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